Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Bientôt de nouveaux résultats !

C’est en spécialiste reconnu du sujet, que sert par sa parfaite connaissance des archives, que Daniel Panzac nous propose une fresque couvrant 350 ans de présence ottomane sur les mers. De la défaite de Lépante à la chute de l'Empire au lendemain de la 1ere guerre mondiale, il nous montre que la puissance maritime de l'Empire dépend d’abord de la volonté politique du Sultan tout au long de cette période.
Si l'auteur s'excuse dans son prologue de la forme chronologique de son ouvrage, ce choix permet aux non spécialistes de suivre plus facilement à la fois le fil des événements et des évolutions techniques marquées par deux ruptures majeures : le remplacement des galères par les vaisseaux à voile au milieu du XVIIe siècle puis, à partir de 1860 l'apparition des navires à vapeur, auxquels succèdent les cuirassés.
Coups de rames en Méditerranée
Si la bataille de Lépante (7 octobre 1571) a eu un énorme retentissement en Europe, Daniel Penzac montre que ses conséquences militaires sont de courte durée. Dès l'année suivante, le Grand Vizir Mehmed Sokollu réussit non seulement à reconstituer une flotte mais aussi à la moderniser en y faisant construire des mavnas, adaptation des galéasses vénitiennes, galères de grande taille dotées d'une puissante artillerie.
La description de cette reconstruction rapide permet à l'auteur de nous présenter l'environnement politique et économique de la marine ottomane à la fin du 16e siècle. Daniel Panzac y décrit le rôle clef du Kapudan Pacha,commandant en chef de la marine, aussi de l'administration mais également le fonctionnement des arsenaux, dont le principal est à Istanbul le Tersâne-i-Amire, ainsi que le recrutement des combattants, des marins et des rameurs.
Après la reprise par les Ottomans de Tunis en 1574 et pendant près de 75 ans, les puissances méditerranéennes s’affrontent dans une guerre de course. Les pages consacrées aux corsaires et pirates chrétiens et musulmans qui écument la Méditerranée et la Mer Noire pendant cette période sont particulièrement bien documentées. L'auteur y décrit le rôle des flottes barbaresques de Tunis et d'Alger, très autonomes mais néanmoins alliées fidèles du Sultan. Il revient également sur les évaluations du nombre de voyageurs capturés. Tout en restant prudent sur ces chiffres, Daniel Panzac considère entre 45 et 50 000 le nombre des victimes des corsaires chrétiens au cours de la période 1568-1645. Inversement, environ 180 000 personnes auraient été conduites en captivité en Afrique du Nord entre 1574 et 1644.
1 commentaire
denis