La politique coloniale de Pierre Mendès France
[mardi 19 janvier 2010 - 05:00]
Histoire
Pierre Mendès France : héritage colonial et indépendances
Maria Romo-Navarrete
Éditeur : Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS)
Le conflit indochinois à peine achevé, les attentats de la Toussaint 1954 marquèrent le début de la guerre d’Algérie. Le premier réflexe du gouvernement Mendès France fut de ramener l’ordre et de renouer avec les réformes. Les discussions sur ces dernières contribuèrent à la chute du gouvernement que Pierre Mendès France présidait. Une nouvelle fois, la légende se cristallisa autour de l‘image de l’homme défait pour avoir voulu imposer une réforme à l’Algérie. Pourtant, ce conflit porte une ombre sur le mythe Mendès puisque, ministre d’État du gouvernement Mollet, il tarde à démissionner face au tournant de la politique menée au lendemain du 6 février 1956. La dernière partie permet également à l’auteur d’étudier la conception mendésienne de la puissance française. Celle-ci est essentiellement tributaire du relèvement de l’économie française. Dans le discours de Pierre Mendès France, le lien entre Empire et puissance est très présent, mais relève du lieu commun d’un homme éduqué sous la IIIe République. En revanche, Mendès France ne manque pas de souligner l’importance du facteur économique dans les questions coloniales, et donc d’insister, en creux, sur le fardeau que représente par l’Empire.
Le livre de Maria Romo-Navarrete n’est pas exempt de certains défauts. Même si la question peut paraître anecdotique, sa mise en forme surprend : le papier glacé rend l’ouvrage lourd, peu maniable et le lecteur y rencontre peu de notes infrapaginales. De plus, la diversité des aires géographiques et de leurs problématiques contraint l’auteur à de longs rappels contextuels. Ainsi, était-il nécessaire d’accorder autant de place – quasiment un chapitre – au constat du blocage de la situation politique en Tunisie à la veille de l’investiture de Mendès France ? Ces quelques critiques ne remettent cependant pas en cause la qualité d’un travail riche et bien documenté
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