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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
Dans un numéro spécial de janvier 2010, la revue 'Sciences Humaines' revient sur les '20 livres qui ont changé notre vision du monde' depuis 1989. Y sont décrits des ouvrages aussi importants pour les sciences sociales que Les Sources du Moi (1989) de Charles Taylor, Repenser l'inégalité (1992) d'Amartya Sen, Le Choc des Civilisations (1996) de Samuel Huntington ou encore Effondrement (2005) de Jared Diamond.
Catherine Halpern évoque également les thèses d'Axel Honneth et son livre majeur pour la sociologie et la philosophie politique de ces dernières années, La Lutte pour la reconnaissance . Le philosophe allemand, professeur à l'université J.W. Goethe et directeur de l'Institut pour la recherche sociale de Francfort, est un des représentants de la théorie critique allemande, inévitablement associée au nom de Jürgen Habermas. Il rappelait samedi dernier sur France Culture l'importance de la continuation de cette tradition dans les universités pour comprendre les évolutions de nos sociétés démocratiques modernes.
La théorie de la reconnaissance de Honneth emprunte à la Phénomonologie de l'Esprit de Hegel l'idée que nous luttons tous les uns contre les autres pour nous faire reconnaître les uns aux autres notre liberté. Plus cette lutte s'intensifie, plus la société doit étendre ses principes de justice. Les luttes sociales ne visent pas seulement à obtenir des progrès matériels mais aussi à faire émerger une reconnaissance. L'homme a donc besoin d'amour dans la sphère intime, d'égalité dans la sphère politique et du sentiment qu'il est utile dans la sphère collective. C'est ainsi que nos sociétés seraient mues par des attentes morales de reconnaissance. Il est toutefois problématique de limiter ce concept de reconnaissance à son sens symbolique ou de l'étendre à d'autres critères effectifs par lesquels les individus se mobilisent pour jusitifier leur existence sociale, tels que l'autonomie, le mérite ou le travail.
La difficulté consiste donc à definir précisément le contenu du terme de reconnaissance. C'est ainsi que la philosophe américaine Nancy Fraser distingue à partir du modèle américain les luttes pour la reconnaissance d'identités et de différences de celles pour la reconnaissance des inégalités économiques. La primauté des premières aurait nui au succès des secondes. Il faut alors manier le concept de reconnaissance avec précaution pour ne pas le réduire à un terme juridique abstrait quelque peu vidé de son sens, et pour l'inscrire dans un cadre social dynamique où progrès politique et culturel iraient de pair![]()
* Catherine Halpern, '1992- Axel Honneth, La Lutte pour la reconnaissance', Sciences Humaines, janvier 2010.
3 commentaires
Axel
Amélie
Il me semble plutôt que Nancy Fraser distingue les luttes pour la reconnaissance des luttes pour la redistribution. Néanmoins ces deux types de luttes sont analysables à partir du prisme commun de la question des remèdes, "correctifs" ou "transformateurs". Au niveau des luttes pour la reconnaissance, cela se traduit par l'alternative suivante : faut-il allouer des droits spécifiques aux groupes porteurs d'identités dans l'optique de développer une société multiculturaliste (remède correctif) ou bien faut-il déconstruire les identités hiérarchiquement établies en vue de déstabiliser la différenciation entre les groupes et repenser la reconnaissance en terme de statut individuel dans les interactions sociales (remède transformateur) ?
manjacostel
Vous avez raison complètement raison . Nous sommes tous des cannibales aveugles, avides de reconnaissance .
Mais au fond je ne suis pas d'accord . Avec mes mots je vais vous dire que je n'ai pas besoin d'affirmer une vérité. Je n'ai pas le souci de voir reconnaître mon besoin d'amour, de reconnaissance . Ce n'est pas ma necessité. Comme s'il s'agissait d'un besoin irrepressible.
Non, foin des interprétations , j'ai le besoin de croire à une forme de vérité, vraiment terre a terre .
Par exemple , en, ce moment je suis en train de me convaincre que la Mafia gouverne le monde.
Je suis convaincu que les profits enormes engrangés durant les années 70 expliquent tout ce que nous vivons aujourd'hui.
Je n'ai pas absolument besoin que l'on reconnaisse ma valeur , vu que je n'en pense rien. Et ce que je pense des elites ne m'incitent pas a écrire de long en large , à penser autrement vu que cela pourrait les desesperer, à supposer que le sujet les preoccupasse .
conclusion: Une fois passée le besoin de reconnaissance et d'amour , l'individu a véritablement besoin d'un salaire qui lui permette de vivre.
Cela dit sans la moindre méchanceté.