Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Qui se plonge pour la première fois dans la lecture du Nouveau Testament est sans doute frappé, voire dérouté par l’extrême richesse d’un texte protéiforme difficilement classifiable puisqu’il revêt à la fois une dimension historique, sociale, littéraire et bien évidemment théologique. Ainsi, devant la diversité d’un corpus qui semble échapper à toute classification, le lecteur cherchera une voie d’accès aux textes susceptible de lui en assurer une meilleure compréhension.
C’est précisément ce que tente de faire le dernier ouvrage de James L. Resseguie, professeur de Nouveau Testament au Winebrenner Theological Seminary (Findlay, Ohio, USA). Auteur déjà de quelques ouvrages qui appliquent les méthodes de l’exégèse narrative aux évangiles de Luc et de Jean ainsi qu’au livre de l’Apocalypse, James L. Resseguie se propose dans L’Exégèse narrative du Nouveau Testament, traduit de l’anglais par Odile Flichy et Jacques Weisshaupt, de soumettre au lecteur une approche exclusivement narrative - et donc résolument littéraire - du texte biblique.
Une approche littéraire du texte biblique
Dans une préface très claire et très pédagogique, l’auteur décline le contenu de chacun de ses sept chapitres. Dans sa première partie introductive, il rappelle que " la critique narrative met l’accent sur la manière dont la littérature biblique fonctionne en tant que littérature » et précise que cette critique entend « appliquer les techniques de la critique littéraire moderne à un corpus de littérature qui, pour beaucoup, fonde au plan religieux, croyances, valeurs et normes. " Si cette critique dite narrative doit être distinguée de la nouvelle critique, notamment en ce qu’elle ne refuse pas la référence à l’auteur ou aux lecteurs, elle lui doit toutefois beaucoup en mettant l’accent sur " l’unité organique d’un texte. " Le texte néotestamentaire sera ainsi essentiellement étudié à travers les notions de personnages, de rhétorique, de syntaxe, d’intrigue, d’images, de cadre, de narrateur ou encore de point de vue. Soulignons que l’auteur insiste d’emblée sur l’aspect généraliste de cette approche en se proposant, via l’étude du Bon Samaritain de Van Gogh , de l’appliquer à l’univers pictural.
Dans les cinq chapitres suivants, l’auteur reprend en détail quelques-uns des principaux points susmentionnés : la rhétorique, le cadre, le personnage, le point de vue et l’intrigue. Resseguie, en s’intéressant d’abord dans son deuxième chapitre à la rhétorique, ou art de la persuasion, entend souligner l’aspect profondément littéraire et travaillé des textes néotestamentaires. Il étudie ainsi très précisément, en faisant constamment référence au texte biblique, toute une série de figures de style ou tropes, depuis l’anaphore en passant par le chiasme, la comparaison, la métaphore, le malentendu, l’ironie jusqu’au carnavalesque. Ce second chapitre se clôt, de manière très pédagogique, sur une mise en application de cette méthode narrative à partir d’une péricope extraite de Luc 24, 13-35.
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