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critique à nonfiction.fr

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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

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Un groupe libéral défenseur des valeurs entreprenariales
L’inconscient réel, un autre cinéma
[lundi 21 décembre 2009 - 15:00]
Psychanalyse
Couverture ouvrage
Lacan, l’inconscient réinventé.
Colette Soler
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
256 pages / 21;85 € sur
Résumé : La psychanalyste Colette Soler relit le dernier Lacan pour réinventer la pratique psychanalytique : un renouvellement politique et éthique.
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Le cinéma sur le divan, drôle de séance !
Le cinéma psychanalytique d’Hitchcock nous fait sourire depuis belle lurette. L’éclatante vérité du refoulement dévoilé, le foudroiement de la résolution de l’énigme et le surgissement de l’authentique visage derrière les rôles endossés, véritables protagonistes de la maison du Docteur Edwards ou de l’impossible printemps de Marnie, ressemblent aujourd’hui à de vieilles divas hollywoodiennes fatiguées. Que tout soit encore sexuel, certes. Mais de là à croire aux vieilles lunes de l’interprétation des rêves, des lapsus ou des actes manqués, au sens caché derrière le dit, … Depuis des années, Woody Allen reste le seul à les aligner pendant les hilarantes séances cinématographiques qu’il n’en finit pas d’enchaîner pour notre plaisir.
Quoi faire alors du divan, des analystes et de leurs patients ? Leur conseiller d’arrêter leur cinéma ? Colette Soler répondrait plutôt qu’il s’agit d’une affaire de montage : il faut couper ! En relisant le dernier Lacan, le plus complexe, le plus illisible, d’aucuns diraient même le moins sensé, elle rend hommage à la grandeur et à la cohérence de la pensée du psychanalyste : pensée en mouvement, comme au cinéma, évidemment. Soler montre comment l’analyse permet aux problèmes imaginaires de s’apaiser et laisse surgir sur l’écran de son texte une nouvelle image de la pensée lacanienne. Première certitude de cette clinique lacanienne réinventée, donc, pareils aux réalisateurs sur leur set : "coupez !" Mais à quoi ?    

Gare au réel !
Au sens justement. Le bon sens, le premier, le mieux partagé, que Freud lui-même fuyait déjà et dont on pourrait recouvrir l’inconscient (Hitchcock le premier). Car si l’on s’approche de l’inconscient par le biais des symptômes, ceux-ci s’imposent comme une barrière au sens, ils insistent et résistent envers et contre tout. On aura beau se raisonner ou faire preuve de bonne volonté, le symptôme pointe vers le hors sens : néologisme énigmatique d’une langue réelle qui n’appartient qu’au sujet en analyse. Car, nous apprend Soler avec Lacan, plus que signifiant, l’inconscient est réel.
Et le réel est justement ce qui fait énigme à l’homme, ce qui l’empêche de tout dire correctement, de tout articuler, ce qui résiste au regard de son esprit. Cet inconscient réel se refuse tellement au sens qu’il peut se condenser comme une formule mathématique : Soler écrit l’inconscient réel "ICSR". Cinéphiles, quittez des yeux Tippi Hedren et Ingrid Bergman pour vous plonger dans le regard vide de Monica Vitti dans le Désert Rouge d’Antonioni : vous comprendrez mieux le passage de l’inconscient du signifiant, interprétable, déchiffrable au point d’arrêt de l’ICSR. Ceux qui mastiquent le lexique lacanien comme du pop-corn devant les ombres des salles de cinéma liront le livre de Soler avec délice. Les autres peineront sans doute un peu. Il faut bien reconnaître que, s’il s’agit de tourner le dos à l’inconscient balisé des lapsus décortiqués et des rêves surréalistes, la prose de la psychanalyste ne relève pas du cadavre exquis. Débutants, passez votre chemin : Colette Soler va sur le sien, par saut et par bonds, sans poésie, elle suit le train de la locomotive lacanienne, les rails souples de la rigueur des nœuds borroméens. Reste que le style de Soler ressemble plus à un TGV psychanalytique qu’à une locomotive à vapeur : ça décoiffe et, avouons-le, on se sent parfois un peu vache à la regarder passer. Par ailleurs, rappellerons-nous que psychanalyse et cinéma sont nés ensemble ? Une interprétation des rêves contre une entrée en Gare de La Ciotat : de quoi prendre peur devant l’écran d’un écrit où disparaissent les fameux défilés du signifiant.

Titre du livre : Lacan, l’inconscient réinventé.
Auteur : Colette Soler
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
Date de publication : 09/09/09
N° ISBN : 2130576354
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