Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Un livre à dévorer !
[lundi 21 décembre 2009 - 11:00]
Cinéma
Couverture ouvrage
Chabrol se met à table
Laurent Bourdon
Éditeur : Larousse
192 pages / 16,15 € sur
Résumé : Les amateurs de Chabrol vont se régaler, au sens propre comme au figuré, avec cet ouvrage qui dépasse de loin le simple catalogue d’anecdotes.
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Prenons Madame Bovary (1991), l’unique repas préparé par Emma est composé de “ bouilli ” et cette citation de Flaubert crève l’écran : “ c’était surtout aux heures des repas qu’elle n’en pouvait plus (…); toute l’amertume de l’existence lui semblait servie dans son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d’autres bouffées d'affadissement. ”. Chabrol explique lui même dans le cas de Poulet au vinaigre (1984), “ Pauline Lafont et Lucas Belvaux dînent au restaurant et commandent des plats un peu tape-à-l’oeil, un peu vulgaires, qui ne vont pas bien ensemble, médaillons de foie gras, feuilletés de ris de veau aux morilles, profiteroles, le tout arrosé de champagne ! C’est médiocre et ça ressemble aux personnages qu’ils jouent. ” .

Les cinéphiles amateurs d’érudition seront intéressés par le fait que l’auteur s’est amusé à indiquer, par un petit chronomètre, toutes les occurrences de Chabrol himself dans ses films (même s’il s’agit souvent uniquement de sa voix). Cette petite attention vis-à-vis des  lecteurs saura éveiller la passion des cinéphiles qui se souviennent avoir recensé, de la même façon compulsive, les apparitions d’Hitchcock dans ses propres films.   

La deuxième partie du livre est simplement composée de recettes, permettant à chacun de tenter de reproduire un des très nombreux plats qui sont ainsi ressuscités à travers le méticuleux passage en revue des 57 films tournés par Chabrol ces cinquante dernières années. Il n’est pas certain que la dégustation de galettes de blé noir (p. 180) suffise à évoquer Le Cheval d’orgueil (1980), ni que la recette de Tarte aux pommes (proposée p. 185), nous replonge vraiment dans l’univers flaubertien de Madame Bovary... mais l’idée d’un "menu Chabrol" pourra en séduire quelques uns. Quoi qu’il en soit, on tient là un livre qui saura en régaler plus d’un, même en délaissant les recettes de cuisine, et qui pourrait à cet égard se retrouver sous le sapin de certains cinéphiles..

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