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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

Au service de la guerre des idées !
Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 2006
Entretien avec Laurence Joseph
[vendredi 18 décembre 2009 - 23:00]
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Bonjour Laurence Joseph. Vous êtes psychologue et psychanalyste à Paris, mais aussi titulaire d'un DEA de philosophie et directrice de la collection psychanalyse chez Hermann. Au printemps dernier 2009, vous avez publié le dernier volume des résumés de l’œuvre de Freud. Le premier volume a paru en 2006. Il s’ouvre avec une lettre datée d’avril 1884, de Sigmund Freud à Martha Bernays, sa fiancée. Il se termine avec les Trois essais sur la théorie de la sexualité de 1905. Le second volume, publié en 2007, s’ouvre avec Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora) de 1905 et se conclut avec L’intérêt que présente la psychanalyse, un texte de 1913. Le troisième volume commence en 1914 avec la correspondance entre Freud et Ferenczi et se termine en 1920 avec Sur la psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine. Avec quels textes ouvrez-vous ce dernier volume des résumés des œuvres de Freud ?

Dans ce quatrième tome des Résumés des œuvres complètes de Freud, Céline Masson et moi-même avons volontairement débuté par un des textes les plus fondamentaux de Freud : Au-delà du principe de plaisir. Il marque comme Pour introduire le narcissisme en 1914 un tournant de la pensée freudienne et oblige une révision et une modification des acquis analytiques alors en pleine construction, il suffit de lire les titres des Nouvelles Conférences (1933) pour s’en apercevoir. L’œuvre de Freud entre 1920 et 1939 est d’une immense richesse, la réflexion clinique y est incessante et s’ouvre sur des domaines jusqu’ici laissés dans l’ombre comme la sexualité féminine mais elle se poursuit également dans le domaine des rêves que Freud ne laissera jamais, le rêve continue à être exploré comme le révélateur du jeu pulsionnel. En lisant les textes chronologiquement, on se rend compte de la mobilité créatrice de Freud qui passe de la refondation de l’appareil psychique avec Le moi et le ça par exemple, à l’analyse très précise de Dostoïevski (Dostoïevski et le parricide) tout en poursuivant avec une vision universelle dans le Malaise dans la civilisation.

Il faut réaliser l’ampleur et la radicalité de l’affirmation de l’existence d’une pulsion de mort qui travaille à l’intérieur du vivant, ce que cela implique dans la représentation de la nature humaine. La réponse de Freud à Einstein en 1932, texte édité sous le titre Pourquoi la guerre ? semble ici une des meilleures lectures à faire, elle marque l’acceptation nécessaire d’un jeu peut-être insoluble entre pulsion et civilisation et d’une tendance à la destruction que rien ne peut empêcher. Plus précisément cela a des impacts irréversibles sur l’appréhension de ce que peut être une analyse et comment érotisme et pulsion de mort peuvent faire bon ménage. Tous les textes qui s’engagent dans l’analyse de la perversion le montrent. En ce sens, un des textes qui me semble les plus importants à avoir en tête est Un enfant est battu où l’on peut lire Freud au travail de la décomposition, de l’analyse du fantasme.

De tous ces derniers textes de Freud, lequel préférez-vous ?
L’un des textes que je préfère dans cette dernière partie de l’œuvre de Freud est L’analyse avec fin et l’analyse sans fin, ce texte est pour moi un des meilleurs rappels de la condition d’analyste et de la représentation qu’il doit garder de la force des pulsions et du sexuel, la condition de temps de l’analyse est un enjeu de réflexion primordial, nous aimons souvent l’oublier. La question de l’analyse profane (1926) offre également beaucoup de points très précis dans le maniement du transfert et de l’interprétation. On voit comment Freud appréhende le lien entre temps et inconscient, le respect auquel il nous invite.
En lisant les résumés il m’est apparu combien la question du père devenait de plus en plus audible dans cette dernière partie du travail de Freud, une des références ici est son texte de 1936 : Un trouble de mémoire sur l’Acropole qui me touche beaucoup parce qu’il réunit le thème de l’inquiétante étrangeté et la pudeur vis-à-vis du père humilié.

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