On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Après l'album Wave, en 1979, Patti Smith annonce qu'elle arrête la musique, et part vivre à Detroit avec Fred Sonic Smith, qu’elle épouse le 1er mars 1980. Ils auront deux enfants et couleront des longs jours heureux et sereins, vite perturbés par une série de deuils. D'abord celui de Mapplethorpe, mort en 1989 du SIDA. En 1995, c'est au tour de Fred Smith de succomber brutalement à une crise cardiaque. Si le choc est traumatisant, Patti Smith se relève. Elle a encore la force de chanter "People Have The Power", et de publier, irrégulièrement certes, albums et recueils de poésie. La fin des années 90 voit un vrai retour de flamme pour l'artiste qui s'expose même à la Fondation Cartier.
Loin de se réduire à un simple hommage biographique, le livre de Jennifer Lesieur s'avère, au contraire, comme le décryptage d'une personnalité complexe et, surtout, une incitation à la connaître d'avantage encore. Il s'agit ici de suivre un parcours, un cheminent existentiel fait de joies, de douleurs et de surprises, surtout - bonnes ou mauvaises. L'existence de celle qui est encore surnommé la grande prêtresse du punk - et qui a du moins fortement influencé le genre - s'avère loin d'être un long fleuve tranquille... Sans être pour autant complètement soumise aux aléas du destin. Car l'artiste sait ce qu'elle veut, à défaut de savoir exactement où aller. "Patti Smith a encore des choses à dire", conclut l'auteur.
Lucide et très documentée sur son sujet, Jennifer Lesieur souligne le narcissisme de Patti Smith mais surtout son talent atypique. L'écriture est ici aussi vivace que le mythe dont il est question, et fait de Patti Smith une première biographie en langue française plutôt réussie![]()
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