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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Police partout, justice nulle part ?
[mercredi 23 décembre 2009 - 05:00]
Histoire du Droit
Couverture ouvrage
Histoire de la justice en France. XVIe-XXIe siècles
Benoït Garnot
Éditeur : Gallimard
789 pages / 11,97 € sur
Résumé : Une passionante histoire de l’institution judiciaire, de ses pratiques, de ses acteurs, de ses failles, et des représentations ambiguës qu’elle continue de susciter.
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Aujourd’hui, en France...

La réforme de la justice en France est un serpent de mer, une rengaine, sempiternellement râbachée. De temps à autre, l’exécutif s’y risque. Mais à quel prix ? Nous n’avons que trop vu l’ex-garde des Sceaux, Rachida Dati, plastronner, se targuer d’avoir accompli ce que nul autre n’avait encore osé faire (certes...), et d’avoir mis en oeuvre une trentaine de réformes. Encore faut-il pouvoir juger de la pertinence et de la qualité de ces réformes. Les magistrats, eux, ont tranché : on se souvient de leur « fronde » d’octobre 2008. La Ministre n’avait pas reculé. Elle avait, au contraire, foncé tête baissée et mené à terme la politique répressive et carcérale dont le chef de l’Etat lui avait passé commande. Mais gardons-nous de lui accorder l’importance qu’elle se donne. Il n’y a pas que la rétention de sûreté dans la vie.

Depuis 2002, l’institution judiciaire a été particulièrement instrumentalisée, aux fins politiques d’une droite sécuritaire, obsédée par le pénal et par les chiffres, prônant le tout-punitif, inventant de nouvelles infractions, favorisant les comparutions immédiates, multipliant les gardes à vue, instaurant le « plaider coupable », poussant le système carcéral aux limites de l’implosion. Cette droite, qui vit en concubinage avec la police, ne fait pas bon ménage avec la justice. Elle nous fait oublier, depuis sept ans, que la justice est un service public, et non le bras armé de l’État, qu’elle ne soigne pas les victimes, mais aussi que les cours d’assise, et la politique émotionnelle qu’elles charrient, ne constituent qu’une infime parcelle du champ judiciaire.

L’histoire magistrale, sur le très long terme, Histoire de la justice en France. XVIe-XXIe siècles (Gallimard, coll. Folio Histoire) que propose Benoît Garnot invite à l’exploration de ce champ et détourne notre attention – il était temps – de ce petit bout de terrain qui obsède tant médias et politiques.

 

Portrait-robot du livre

Professeur d’histoire moderne à l’Université de Bourgogne depuis une vingtaine d’années, Garnot n’en est pas à son premier coup d’essai. Spécialiste de la justice d’Ancien Régime, il fait une histoire sociale centrée sur les justiciables, les tribunaux et les acteurs du système judiciaire. En témoignent les ouvrages collectifs qu’il a coordonnés, ainsi que ses nombreuses monographies ou études d’ensemble autour de la délinquance et de la criminalité aux XVIIe-XVIIIe siècles. La synthèse qu’il avait écrite en 2000  n’avait ni la même profondeur chronologique ni la même ampleur thématique que celle qu’il publie aujourd’hui. Il s’appuie sur les enquêtes que lui-même a menées, mais déborde largement son champ de compétences habituel lorsqu’il traite, avec clarté, de l’institution judiciaire aux XIXe-XXe siècle. Il ne cache pas s’être servi des quelques synthèses existant sur le sujet, celles de Jean-Claude Farcy et Frédéric Chauvaud en particulier . Mais nul n’avait tenté de souligner à ce point les continuités qui caractérisent la justice en France entre le XVIe et le XXIe siècle.

 

Titre du livre : Histoire de la justice en France. XVIe-XXIe siècles
Auteur : Benoït Garnot
Éditeur : Gallimard
Collection : Folio Histoire
Date de publication : 05/11/09
N° ISBN : 2070396681
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5 commentaires

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Anonyme

07/09/10 22:41
Et oui, Nicolas, il est très embêtant qu'un auteur ne maîtrise pas l'ensemble du vocabulaire juridique lorsqu'il entreprend d'écrire une histoire institutionnelle (et non sociale) de la Justice en France!!!
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Cadoudal

27/08/10 19:55
Qu'une synthèse soit émaillée de quelques erreurs et scories est bien souvent inévitable, de là à tirer à boulets rouges.... Peut-on reprocher à un historien de ne pas entièrement maîtriser le vocabulaire juridique, alors que dans le même temps nombre de travaux (et surtout de thèses) d'histoire du droit sont de plus en plus tentés par l'histoire sociale et possèdent les mêmes défauts de forme, pour ne pas dire de fond ? Là où "Nicolas" a raison, c'est que nous autres historiens du droit n'avons pas été capables de produire une synthèse vraiment globalisantes sur le sujet. On a bien quelques histoires des institutions judiciaires, quelques histoires du droit pénal et de la procédure criminelle, certaines de qualité n'en doutons pas, mais quid d'un essai global sur le sujet ? Le plus intéressant serait sans doute de rapprocher vraiment les deux disciplines pour vraiment communiquer, au lieu de s'arc-bouter, chacune, sur leur pré-carré...
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Nicolas

27/08/10 12:24
Pauvres historiens du droit, incapables depuis longtemps de se renouveler et de produire quoi que ce soit de nouveau, et réduits à une critique stérile... !
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Carlita

29/06/10 17:06
Et merci aussi bien sûr à l'auteur du compte-rendu pour sa gentille petite morale en début de première page. Heureusement qu'Arnaud Fossier est là pour nous expliquer la vie à nous autres humbles cafards incapables de nous faire un avis par nous mêmes sur les réformes actuelles de l'institution judiciaire. Merci, vraiment! Très éclairant! Pas du tout politiquement correct et compassé! Pas du tout un propos passé à la meule du conformisme ambiant...! Quel brio!
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Carlita

29/06/10 14:30
Très franchement, Non fiction montre ici ses limites et devrait mieux choisir ses collaborateurs. Comment l'auteur de ce compte-rendu, qui se pique d'histoire du droit, alors que seulement historien, peut oser faire l'éloge de l'ouvrage de Benoît Garnot???!!! Si celui-ci avait ambitionné d'écrire une histoire de la justice, le but n'est pas atteint. L'ouvrage est truffé d'erreurs graves, d'approximations, d'hérésies en terme de droit. Parler de droit "juridique" est un scandale, classer la doctrine parmi les actes de la pratique juridique est une blague.... La discipline juridique induit de la rigueur et une méthode propre aux juristes. Celle-ci n'est apparemment pas celle des historiens. Et Benoît Garnot écrit in fine beauoup de bêtises. S'il ne comprend pas les rudiments du vocabulaire juridique, qu'il laisse donc l'histoire de la justice aux historiens juriste!.. Quand à l'auteur du compte-rendu, derrière la façade d'un style brillant et d'une intelligence indéniable, quelle indigence de fond!!! Parce que normalien, on ne peut pas pour autant écrire sur tout, surtout lorsqu'on ne maîtrise pas les codes et les clés d'une discipline autonome telle que le droit...

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