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La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Du risque à s’élever dans les airs
[dimanche 13 décembre 2009 - 19:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
Nouveau voyage au centre de la Terre
Vincent Courtillot
Éditeur : Odile Jacob
400 pages / 25.65 € sur
Résumé : Vincent Courtillot souhaitait montrer que « le géologue a plus à apprendre au climatologue que celui-ci n’en a conscience » - mais la partie "climat" de l'ouvrage est émaillée d'inexactitudes.  
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Vincent Courtillot est un orateur brillant et cultivé. Dans ce « Nouveau voyage au centre de la Terre », un ouvrage plutôt technique, l’auteur dresse avec éloquence un panorama des sciences de la Terre, de leur histoire, des grandes découvertes et controverses qui ont fait émerger, au cours des dernières décennies, une compréhension du fonctionnement de la Terre dite « interne ».
Ainsi, la deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à la « descente aux enfers – le paradis du géophysicien ». Vincent Courtillot dessine l’émergence d’une science de la « vie de la Terre », planète en mouvement permanent, décrivant la découverte de la tectonique des plaques, ses conséquences sur la formation des grands « traps » - ces empilements gigantesques de laves basaltiques- mais aussi ses causes. Au passage, il mentionne les relations entre la paléogéographie de la Terre et son climat, explorées grâce à la modélisation du climat. Ce voyage vers les profondeurs de la Terre décrit ainsi l’état des connaissances sur la structure en couches de la Terre, les mouvements des fluides et leur instabilité. L’ouvrage montre précisément ce qui a façonné la culture scientifique de Vincent Courtillot, ce patient travail de détective pour comprendre le fonctionnement de cette Terre interne si proche et si difficile à connaître précisément et donc à modéliser. Paléomagnéticien, il  s’intéresse à la position des continents, à ces fameux points chauds, et à la formation du champ magnétique terrestre au travers du fonctionnement du noyau de notre planète.
Dans la troisième partie de l’ouvrage, « Colères de la Terre et extinctions de masse », Vincent Courtillot revient sur les épisodes de formation des traps au cours des temps géologiques. Il illustre cela par une analyse, grâce à la modélisation de la circulation atmosphérique, du panache du Laki, cet épisode de volcanisme de trap islandais de 1783. Vincent Courtillot décrit les anomalies météorologiques complexes suivant cet impact (dont des épisodes de réchauffement qui ne peuvent pas s’expliquer simplement par l’effet « parasol » des aérosols volcaniques), mais également ses conséquences en termes de qualité de l’air et de mortalité en Europe. A partir de cet exemple historique bien documenté, l’auteur revient sur les impacts de ce super-volcanisme « géologique » sur le cycle du carbone et le climat aux longues échelles de temps (millions d’années) : émissions massives de dioxyde de carbone et réchauffement du climat au travers d’une augmentation massive de l’effet de serre, suivis de phases d’altération des laves entraînant à l’inverse une forte diminution de la concentration de gaz à effet de serre et donc un refroidissement du climat. Il décrit également l’impact que ces éruptions volcaniques massives, parfois très brutales, peuvent avoir sur l’environnement à travers la production de soufre, pouvant avoir un impact colossal sur l’atmosphère terrestre, les écosystèmes terrestres, l’acidification des océans et les écosystèmes marins. Il souligne la corrélation entre l’occurrence des grandes extinctions et les épisodes de « pulses » de formation de traps et suggère ainsi que ces extinctions d’espèces ont été provoquées par les conséquences globales d’épisodes de volcanisme massif. Il propose que ce soit la conjonction de la formation des traps du Deccan et de l’impact de la météorite de Chixculub qui ait agi de concert pour expliquer l’extinction des dinosaures lors de la limite Crétacé-Tertiaire.

Titre du livre : Nouveau voyage au centre de la Terre
Auteur : Vincent Courtillot
Éditeur : Odile Jacob
Date de publication : 01/09/09
N° ISBN : 2738119395
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19 commentaires

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St Thomas

11/01/10 01:13
@ Jerome,
Merci pour le calcul d'incertitude mais le but de mon intervention concernait la notion de température globale qui n'a pas de sens physique.
Exemple: ma cuisine comporte plusieurs sondes thermométriques qui indiquent
a: sur le mur à coté de la fenêtre 18,1°C
b: sur le mur en face 19,5°C
a': au sol 17,5°C
b': au plafond 20,9°C
c: dans mon réfrigérateur 5,4°C
d: dans la partie congélateur -18,8°C
e: dans le four 180°C
Quelle est la température globale de ma cuisine? Physiquement que représente cette température globale?
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Franois Roby

05/01/10 23:23
Il est intŽressant (du simple point de vue de la curiositŽ intellectuelle) et effarant (du point de vue de la dŽmocratie, donc de l'aptitude d'un peuple ˆ se gouverner lui-mme) de voir la nature de certaines rŽactions suscitŽes par cet article d'une rare rigueur intellectuelle. Le discours rationnel ne semble rien pouvoir contre ceux qui, n'ayant pas ou peu de compŽtence scientifique, ou Žventuellement la flemme (pour ceux qui auraient des compŽtences) de lire dans le dŽtail des articles scientifiques, ne veulent pas, ne peuvent pas admettre que l'humanitŽ a acquis un pouvoir de nuisance sur son environnement, donc sur elle-mme. Tout se passe pour ceux-ci comme si les hommes pouvaient vivre virtuellement, dŽconnectŽs d'un monde physique ; on se croirait revenus aux discours sur la sŽparation du corps et de l'esprit. Ils ne peuvent prŽsenter les climatologues que comme une secte malfaisante, un groupuscule de krypto-maltuso-Žcolo-rŽchauffistes ˆ la solde d'Al Gore, parce que la rŽalitŽ est trop dure ˆ supporter. Peu importe l'invraisemblable somme de travaux mobilisant des docteurs de toutes disciplines (physiciens, chimistes, biologistes, mathŽmaticiens, informaticiens, gŽologues, historiens, astronomes...) : s'ils touchent au climat, ce sont forcŽment des CLIMATOLOGUES. Vade retro satanas, crucifix et gousse d'ail.
On est mal barrŽs.
Merci beaucoup ValŽrie, quand mme.
Un collgue non climatologue mais qui a lu certaines publications de Courtillot (et ne comprend toujours pas quelle mouche le pique).
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Nyme

20/12/09 13:16
Encore un passage intéressant :

"We exclude two small boreal enclaves in the south-westernmost parts of West Greenland, with forest remnants and with isolated and aberrant occurrences of several species".

Traduction :

Nous excluons [de la zone Nord-Altantique qui comprend le Groenland et d'autres territoires voisins] deux petites enclaves boréales dans l'extrême sud-ouest de l'Ouest-Groenland, avec des RESTES DE FORET et des occurrence aberrantes et isolées de plusieurs espèces.

Elvebakk A, Elven R and Razzhivin VY. 1999. "Delimitation, zonal and sectorial subdivision of the Arctic for the Panarctic Flora Project". Pages 375-386 in I. Nordal and V. Y. Razzhivin, editors. "The Species Concept in the High North - A Panarctic Flora Initiative". The Norwegian Academy of Science and Letters, Oslo.

Cité par Toolkit Arctic Geobotanical Atlas, Alaska Geobotany Center
Institute of Arctic Biology University of Alaska Fairbanks à l'adresse :

http://www.arcticatlas.org/maps/themes/cp/cpfsnoratlantic
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Olivier MONTULET

19/12/09 23:20
J'invite instamment et urgemment à lire ses deux textes que tout démocrate devrait méditer et qui me semble réellement soulever les vrais enjeux de notre humanité.
Copenhague, la gouvernance mondiale de l’écologie entre ethnocentrisme et anthropocentrisme ?
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16621
R échauffement climatique, une thèse plus politique que scientifique
http://libertesinternets.wordpress.com/2009/12/19/rechauffement-climatique-une-these-plus-politique-que-scientifique/
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Anonyme

19/12/09 11:46
Madame, je ne suis peut-être pas climatologue (et bien que j’en ai eu des cours à l’université, j'en serais plutôt fier) mais je m'informe abondamment et votre commentaire ne m'a rien appris. Sachez qu’une discipline n'est pas scientifique quand elle est médiatique, politique et économique. L'instrumentation de la peur est par ailleurs révoltante et tout démocrate devrait s'y opposer avec virulence. Votre discipline sert les plus noirs desseins. Le problème de la climatologie qui s'apparente à l'astrologie c'est qu'elle discoure de problèmes complexes en utilisant des méthodes d’apparence scientifiques (à l'instar de l'économie) pour en faire un dogme sur base de données non corrélables et invérifiables mais extrapolées. Cela dis-je ne m'attendais pas à avoir votre approbation. Copernic (et je ne me compare pas à lui) n'avait pas besoins des tribunaux de l'inquisition pour avoir raison. Moi, et là je parle en citoyen, c’est la dérive intellectuelle et démocratique qui est fait par l’usage de la climatologie qui m’inquiète. Il est amusant (inquiétant) de constater que le climatologue s’est donné la capacité, illusoire, d’intégrer toutes les sciences. Quel pouvoir fantasmagorique docteur Jekyll.
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