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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
Communisme et totalitarisme rassemble 25 textes écrits par Stéphane Courtois ces douze dernières années. On connaît le spécialiste du PCF, collaborateur et ami de Annie Kriegel, le co-auteur et préfacier du Livre noir du communisme (1997), au centre de polémiques toujours vivaces, l’infatigable militant de la mémoire du communisme, hanté par la partialité de « l’antifascisme », c’est-à-dire la distorsion d’une conscience historique dans laquelle l’hypermnésie des crimes nazis va de pair avec l’amnésie de ceux du communisme. Ce profil, avec l’énergie généreuse et parfois provocante qu’y met l’intéressé, peut en cacher un autre, celui de l’historien dans son atelier, artisan de l’archive et voix dans la discussion des « grandes questions » sur le siècle de fer que la recherche historique permet de travailler.
En particulier, contre l’objection qui lui est régulièrement faite de réduire la trajectoire historique du communisme à ses crimes, Stéphane Courtois montre par ce livre que la mise au jour des crimes, dans toute l’ampleur et le détail de leur exécution, n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ. Établir, rappeler les crimes est essentiel, pour déjouer l’amnésie et le mensonge, pour la mémoire des victimes et l’intégrité morale des vivants, mais ce n’est pas tout. L’enquête de Stéphane Courtois ne vise pas seulement à établir un récit véridique, elle entend aussi à dégager ce que ce récit implique pour la compréhension du siècle dernier : sur les origines du totalitarisme, sur la comparaison et les relations entre nazisme et communisme, sur l’héritage du totalitarisme communiste en Europe. Je m’en tiens ici à trois des « grandes questions » historiques que le livre discute : le rôle de la Grande guerre dans la naissance des totalitarismes ; l’interprétation de la longue fin du communisme en Europe (1953-1991) ; le sens de la comparaison entre nazisme et communisme et l’unicité de la Shoah.
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