Psychanalyse et déprise sociale
[dimanche 29 novembre 2009 - 11:00]
Psychanalyse
Situations subjectives de déprise sociale
Jacques-Alain Miller (sous la direction de)
Éditeur : Navarin
Des pistes à explorer ?
La bibliographie est limitée aux publications de l’Ecole de la Cause Freudienne et à Lacan, ce qui est curieux pour un livre qui mêle psychanalyse et social. Le texte fondateur de ce concept, de filiation lacanienne, est donc le "Séminaire sur La Lettre volée" de Jacques Lacan
. Jacques-Alain Miller précise que, dans ce texte, Lacan parle de la prise du symbolique sur l’organisme humain. De là, un pas est fait vers le social et donc la question de la prise ou de la
déprise sociale d’un sujet. C’est un petit ou un grand pas qui est fait, selon qu’on soit psychanalyste ou sociologue.
On peut aussi regretter que les cas choisis pour illustrer cette
déprise sociale soient aussi peu marqués alors que l’Ecole de la Cause Freudienne a un passé plus proche que cela avec des personnes en situation de précarité ou d’exclusion, donc probablement avec des positions de
déprise sociale plus nettes pour le lecteur. On pense aux consultations dans les
CPCT.
D’autre part, on peut s’interroger sur les raisons qui font que le social est pensé par la psychanalyse dans sa forme de
déprise sociale (forme négative) alors que la sociologie serait certainement plus mesurée dans son interprétation des cas présentés dans ce livre.
Malgré ces remarques concernant l'aspect social, cet ouvrage reste un livre intéressant et pointu pour les psychanalystes, psychologues et psychiatres soucieux d’une clinique du sujet tenant compte de sa singularité et non d’une clinique de la case à cocher dans un formulaire.
Enfin, si la transcription de la discussion donne l’illusion au lecteur d’être assis aux côtés des membres de l’ECF, elle permet d’abord de suivre, dans une sorte de
work in progress, l’élaboration théorique qui se dégage de chaque cas.
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