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critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

La forme d’une ville : Berlin 2009
[lundi 23 novembre 2009 - 05:00]
Europe
Couverture ouvrage
Berlin. Quoi de neuf depuis la chute du Mur ?
Claire Laborey
Éditeur : Autrement
197 pages / 19 € sur
Résumé : Voyage dans Berlin, vingt ans après la chute du Mur, en compagnie de quelques-uns des acteurs de la vie locale. Une ville au miroir de ses habitants.
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"Villes en mouvement" : le titre de cette collection des éditions Autrement semble se prêter merveilleusement à Berlin, ville détruite, reconstruite, divisée, sans réel centre géographique, redécouvrant perpétuellement de nouveaux territoires. C’est donc tout naturellement que sort, ce mois-ci, au milieu des commémorations fêtant la chute du Mur, un ouvrage dans cette collection, consacré à la capitale allemande : Berlin. Quoi de neuf depuis la chute du Mur ? de Claire Laborey. Se dessine au fil des pages le portrait d’une ville à travers les rencontres de quelques-uns de ses habitants, certains connus, comme le romancier et star DJ Vladimir Kaminer ou la chorégraphe Sasha Waltz, d’autres moins .

Date anniversaire oblige, l’exercice prend une coloration particulière ici puisqu’il permet également d’établir un état des lieux, vingt ans après la chute du Mur, des changements que ce bouleversement géopolitique a entraînés dans une ville, jadis enclavée, qui retrouve son statut de capitale. Il y est question tout autant de la chute du Mur en tant que telle et de ses répercussions sur le paysage urbain (fracture est/ouest, anciens no man’s land devenus friches et zones de creux) que de l’extraordinaire ouverture des possibles que cet événement a semblé promettre.

Berlin, pendant les premières années de la Réunification, est devenue un gigantesque terrain de jeux dans lequel tout semblait pouvoir être réinventé. De nombreuses personnes croisées au fil des pages de ce livre soulignent ce fait et se sont d’ailleurs installées dans la ville à cette époque. Clubbers transformaient d’anciens abattoirs et des bâtiments administratifs désertés en lieux de fête mythiques. Artistes en mal d’inspiration et d’espace s’installaient dans cette ville aux loyers dérisoires. Curieux venaient se frotter à la frontière et aux traces que l’histoire avait laissées. Architectes tentaient de bâtir une nouvelle métropole européenne sur les ruines de la guerre et des divisions. Atmosphère d’euphorie et de liberté. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Telle est la question qui sous-tend l’ensemble de ces courts témoignages – 4 à 5 pages le plus souvent – qui prennent la forme d’interviews ou  de portraits, chacun centré autour d’une  thématique (urbanisme, rapport à la mémoire, vie nocturne…).
 


Berlin ist sexy 

Berlin, indéniablement, continue d’attirer. Français, Espagnols, Italiens, étaient nombreux présents au pied de la Porte de Brandebourg pour les commémorations de la chute du Mur. Les avions, le week-end, sont remplis de touristes qui veulent goûter à la vie nocturne des clubs électro mondialement célèbres. Et il suffit simplement de citer le nom de cette ville pour s’attirer des regards débordant d’enthousiasme. Qui y est allé, veut y retourner au plus vite, voire y vivre.

 

Titre du livre : Berlin. Quoi de neuf depuis la chute du Mur ?
Auteur : Claire Laborey
Éditeur : Autrement
Collection : Villes en mouvement
Date de publication : 04/11/09
N° ISBN : 2746713411
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1 commentaire

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Laurent

24/11/09 03:21
Berlin est avant tout un lieu de passage, une ville où on vit 2 mois, 1 an, 5 ans au plus. Beaucoup d'Allemand ont leur "Berlinzeit", sorte d'année sabbatique consacrée à la glande et la vie nocturne. Mais Berlin, c'est aussi et avant tout des quartiers entiers rongés par une pauvreté qui, si elle ne se voit pas à l'oeil nu, représente un défi énorme pour la ville - un enfant sur 3 vit de l'équivalent allemand du RMI. Les salaires sont parmi les plus bas d'Allemagne - il n'est pas rare de rencontrer des gens qui travaillent à temps plein pour 500 ou 600 euros. Berlin n'aura probablement plus jamais ni le charme ni le dynamisme - de Munich ou Hambourg. En fait, 20 ans après la chute du mur, au-delà de l'effet de mode, le bilan est presque désespérant.

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