Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
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Pas de préface, ni de conclusion. Ce récit débute sur la naissance de Michel Hamburger, en 1947, et termine sur son décès, le 2 août 1992, sous le soleil de Ramatuelle. Alain Morel et Grégoire Collard, respectivement journaliste et ancien attaché de presse du couple Gall-Berger, en savent suffisamment pour s’encombrer de détails.
L’objectif de Michel Berger - L'étoile au coeur brisé est énoncé entre les lignes, de façon assez claire : il s’agit de retracer l’existence, étonnamment tumultueuse, de cet artiste sensible à l’excès que fut Michel Berger. Paradoxalement, les deux auteurs ne cherchent pas à dévoiler tout de l’intimité de l’artiste – notamment ses dernières liaisons – mais tentent d’appuyer la thèse soutenue par celui-ci : ses chansons racontent sa vie.
Et quelle vie ! Une vie apparemment heureuse, mais rongée par un mal existentiel et constant de Berger. D’abord marqué par le trauma du départ paternel : le célèbre docteur Hamburger abandonne, du jour au lendemain, femme et enfants. Quelques années plus tard, c’est la fuite pour le moins inattendue de Véronique Sanson, qui le quitte pour Stephen Stills, et sans explication aucune. Ce chagrin d’amour le bouleverse à vie, nourrissant ses chansons d’une poésie profondément mélancolique, imprégnée d’un sentiment endeuillé que rien ne peut effacer. Sanson y répondra de la même manière : en chansons... En 1986, c’est au tour d’un ami proche, Daniel Balavoine, de partir brutalement. Pendant ce temps-là, sa fille Pauline meurt à petit feu de la mucoviscidose.
10 commentaires
Juliette
Gontran
Enfin, il est surtout peu élégant de faire une telle biographie alors que Michel Berger lui-même a toujours veillé à tenir confidentielle sa vie privée, en expliquant, oui, que tout était dans ses chansons. Il avait alors même précisé à la journaliste : "arrêtez, vous me violez".
Grégoire Collard et Alain Morel ne font rien d'autre qu'un "viol" post-mortem sous couvert d'une admiration réelle, c'est bien dommage.
tristan
tristan
Je laisse à chacun le droit de s'exprimer, même à ceux que je devine derrière certaines critiques, parce que se croyant proches de France par une admiration sans faille , ils pensent qu'il faut la défendre à tout prix, la croyant attaquée et dénigrée.
La vie et le génie de Michel Berger se sont illustrés par une complexité d'âme que j'ai tenté d'éclaircir grâce à mes souvenirs de travail , mais aussi d'amitié , que j'ai partagés avec lui jusqu'à son départ, en tout cas pour cette complicité.
Mon intention était et reste d'avoir voulu donner de Michel la dimension humaine, à la fois douloureuse et comblée que le public ne soupçonnait pas forcément derrière ses mots, et lui rendre le plus grand des respects en donnant la mesure de son extrême sensibilité.
Le succès de ce livre me rassure sur l'adhésion du grand public. L'écriture avec mon ami le journaliste Alain Morel, lui aussi intime de Michel, m'a procuré une émotion intense au fil des pages et, en général, les lecteurs me prouvent qu'ils la partagent...
Je vous souhaite le meilleur à tous
Grégoire Colard
Margot
La recherche de la vérité ? L'amitié ? Le respect de la vie privée, du chagrin d'une famille lourdement éprouvée ?
Il reste France Gall et son fils qui une fois de plus voient leurs vies étalées.Alors, si Michel Berger a aimé Véronique Sanson toute sa vie, s'il a eu des aventures, il n'en reste pas moins la réalité du vécu, de toutes ces années partagées, des enfants qu'ils ont eu ensemble. C'est pour moi la seule vérité