Rédacteur

Etudiant à New York University

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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L'amour grec
[vendredi 13 novembre 2009 - 13:00]
Gender studies
Couverture ouvrage
The Greeks and Greek Love : A Radical Reappraisal of Homosexuality in Ancient Greece
James Davidson
Éditeur : Weidenfeld & Nicholson
656 pages / 18,80 € sur
Résumé : Une étude approfondie de l’homosexualité en Grèce. Un livre entre critique et érudition.
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Erudit, accessible et convaincant, The Greeks and Greek Love n’a aucune peur de jeter des pierres. Sur deux cibles : Kenneth Dover et Michel Foucault, deux hommes, dont Davidson déclare, qu’ils sont obsédés par la sodomie. Dover et Foucault focalisent leurs études de l’homosexualité grecque sur les rôles sexuels : passif et actif. Pour eux, les relations sexuelles entre deux hommes ne se basent que sur les relations de pouvoir. Davidson riposte qu’une histoire d’amour gay existe vraiment chez les Grec anciens. Il se trouve dans les mythes de Hyacinthe et Apollon, d’Achille et Antiloque, du Bataillon sacré, la poésie de Sappho, la cour d’Alexandre le Grand, les textes de Timarque et de Lysias. Dover et Foucault, selon lui, sont des soixante-huitards enivrés par le discours de la libération sexuelle (comme tous les autres). La critique est, quelque fois, sévère. Davidson n’a pas peur d’utiliser des attaques ad hominem : Foucault est ainsi accusé d’être homophobe. C’est du Davidson dans ce qu’il a de pire.

The Greeks and Greek Love a nécessité dix ans de recherche avant de sa parution.  C’est une réussite d’érudition qui englobe différentes méthodes de recherche : historique, littéraire, anthropologique, mythique et plus. Le style d’écriture glisse d’un propos savant à celui d’un tabloïde aux pensées libres : " un Grec de la période classique peut parler d’un éros dans lequel il n’existe pas de relations sexuelles et des essais pour les relations sexuelles, mais aussi aucun intérêt physique, une admiration passionnée mais chaste pour la belle personnalité d’un jeune homme et ses uhhh… développement musclé impressionnant. " (" a Greek of the classical period can talk of an eros in which there is not only no sex and no attempt at sex, but no physical interest, a passionate yet chaste admiration for a young man's beautiful personality, and errr ... impressive muscular development... ")  En dépit de la force intellectuelle du texte, Davidson néglige une grande source d’information qui aurait pu renforcer ses arguments : l’amour hétérosexuel. L’Amour Grec est complètement axé sur l’amour homosexuel. Or l’amour hétérosexuel se trouve aussi dans la poésie de Stratto, les mythes d’Hector et Andromaque ou Jason et Médéa. Si on lisait Davidson comme un spécialiste de l’amour hétérosexuel, on penserait qu’il tourne autour de la procréation via la pédophilie.

Toutefois, dire que " l’Amour Grec " est un terme mal approprié, serait jeter à la poubelle l’histoire de l’homosexualité. Les lettres A et G sont en majuscule pour une raison. L’Amour Grec est l’homosexualité ; c’est le terme utilisé pendant des siècles, d’habitude interchangeable avec la pédérastie. Donc, il est bien facile de pardonner à James Davidson d’ignorer l’amour grec hétérosexuel. Après tout, pourrait-il rétorquer, l’Amour Grec fut lui-même ignoré ou dénigré !.
 

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2 commentaires

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Minami

07/07/10 22:47
La recension est aussi lisse et politiquement correcte que le livre prête la flanc à la critique : par sa philologie malhabile et prompte aux déformations, son ignorance de toute la bibliographie spécialisée dont il n'était pas possible à Davidson de récupérer les conclusions, ses erreurs et ses ignorances crasses, le travail prête le flanc à un véritable jeu de massacre. Dernière réfutation en date : http://eruditionis-causa.blogspot.com/2010/05/james-davidsons-sextravagance.html, avec des compléments très spécialisés en http://eruditionis-causa.blogspot.com/2010/06/dover-davidson-and-sexual-crux-on.html ; et en http://eruditionis-causa.blogspot.com/2010/06/yet-some-more-comments-on-davidson.html.
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ADH

14/11/09 01:40
Un vif débat s’est engagé à propos du livre de Davidson et et de certaines de ses conclusions; on peut le suivre sur le site de la Bryn Mawr Classical Review, et lire notamment de sérieuses critiques philologiques sur l’interprétation de quelques textes par Davidson ainsi que des réponses de celui-ci:
http://bmcr.brynmawr.edu/2009/2009-11-15.html
http://bmcr.brynmawr.edu/2009/2009-11-03.html
http://bmcr.brynmawr.edu/2009/2009-09-61.html

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