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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
NDLR : La présente critique a été rédigée à partir de l'édition allemande du livre, dans lequel figurent vingt-cinq nouvelles. La version française, elle, a été limitée à dix-sept nouvelles.
L'Allemagne n'est pas seulement la voisine de la France, elle en est également une partenaire économique de prédilection. On pourrait de conséquence la croire amie fidèle. Il y a de ça. Mais l'amitié reste quand même très superficielle : la connaissance de l'autre mastodonte européen se limite souvent à quelques clichés et les Allemands connus des Français, mis à part Angela Merkel, quelques sportifs et Tokio Hotel, sont généralement morts.
L'ouvrage "Le Mur dans les têtes : Chroniques d'Allemagne" de Yannick Pasquet donne un coup de pouce essentiel à la découverte du voisin teuton. La journaliste française, partie rejoindre l'équipe berlinoise de l'Agence France-Presse en 2001, consacre les 25 chapitres de son livre à autant d'aspects du quotidien politique, économique, social et culturel allemand. A l'occasion, elle rencontre une multitude de personnages typiques et atypiques : l'artiste en vogue Norbert Bisky, l'ancienne athlète Ines Geipel et l'homme de la rue, à l'Est, à l'Ouest, au Nord comme au Sud, en s'attardant bien à Berlin.
Actualité oblige : on y fête, comme tout le monde le sait, les vingt ans de la chute du Mur. L'intérêt médiatique pour l'événement semble plus fort qu'il y a dix ans. Peut-être parce que Berlin attire, de façon inflationniste, une jeunesse internationale assoiffée de liberté à petits prix et les touristes, dont les pérégrinations dans la ville sont ponctuées à intervalles réguliers de l'incontournable question : "Sommes-nous à l'Est ou à l'Ouest ?".
Le guide pourrait contrarier son auditoire en signalant que Berlin-Est comme Berlin-Ouest n'existent plus, tout comme la RDA, soit dit en passant. Or, la question, considérée à l'échelle nationale, fournit la thèse de départ des 278 pages issues de la plume de Yannick Pasquet : du monstre en béton, il reste seulement quelques vestiges visibles à l'oeil nu, "mais dans les têtes, bien souvent, comme le dit l'expression, on bute encore sur le Mur". En d'autres termes, l'Allemagne réunifiée n'est pas tout à fait une, certaines différences perdurent, d'autres s'accentuent; les souvenirs perturbent, accaparent les mémoires; le chapitre RFA-RDA serait donc loin d'être clos.
2 commentaires
Elise
Maïwenn
Renatus Deckert en a t-il sélectionné seulement 17 alors qu'il avait convié
25 auteurs ?