Newsletter

Pour s'abonner gratuitement à la newsletter hebdomadaire, indiquez votre adresse email :
ok

Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

La fondation Jean Jaurès
Un nouvel espace de la rénovation de la pensée socialiste
« Demeurer en repos, dans une chambre »
[dimanche 08 novembre 2009 - 18:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Histoire de chambres
Michelle Perrot
Éditeur : Seuil
444 pages / 20,90 € sur
Résumé : Voyage historique au pays des chambres à coucher. 
Page  1  2  3  4 

L’espace habité, les objets du quotidien en disent long sur notre vie. Les poètes et les romanciers ont su faire grand usage de cette idée. « Des meubles luisants / Polis par les ans / Décoreraient notre chambre […] Tout y parlerait / À l’âme en secret / Sa douce langue natale »  . De Baudelaire à Balzac, en passant par Proust ou Virginia Woolf, nombreux ont été les écrivains à jouer sur les « correspondances » qui s’établissent entre l’espace intérieur et ses habitants  . Cet espace banal, quotidien, voire trivial qu’est la chambre s’est ainsi vu doté au cours des siècles d’une aura poétique voire métaphysique. Chacun se souvient de la remarque de Blaise Pascal dans ses Pensées : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre ».

Le théâtre de l’existence humaine

Cet espace clos, consacré au repos, à l’amour, ou à la méditation est le théâtre de nos vies, le témoin de nos joies comme de nos souffrances les plus extrêmes ; car la chambre est loin d’être toujours le lieu paradisiaque rêvé par Baudelaire. Elle évoque aussi la douleur : douleur de l’accouchement, de la maladie, de l’agonie, mais douleur aussi de l’enfermement. De la chambre à la cellule de prison, il n’y a qu’un pas. Il existe un versant cauchemardesque de la chambre : rappelons-nous la fameuse chambre jaune, lieu du crime et de ses « mystères ». Le mot « chambre » est aussi associé à l’horreur ; celle du crime, de la prison, de la Shoah.  Les chambres à gaz ne rentrent pas dans le propos de l’auteur, mais leur ombre plane sur le livre. Leur souvenir se rappelle au lecteur par le biais de plusieurs références. Michelle Perrot cite ainsi le sociologue Norbert Elias   qui déclare   : « Je n’arrive pas à me libérer de cette image de ma mère dans une chambre à gaz. Je n’arrive pas à surmonter cela ».  La réflexion sur l’histoire et sur le « processus de civilisation » constitue alors pour l’écrivain le seul rempart contre la barbarie engendrée par le déni des valeurs de cette civilisation.

C’est de cet espace, qui nous voit naître puis mourir, et où nous passons plus de la moitié de notre vie, que Michelle Perrot a voulu faire l’histoire dans son nouvel ouvrage, Histoire de chambres. Ce lieu où « nous oublions, pendant une moitié de la vie, les chagrins de l’autre moitié »   ne pouvait manquer d’attirer l’attention des historiens. Depuis plusieurs décennies ceux-ci se sont en effet intéressés à la sphère privée ; ils ont cherché, à travers les rares témoignages parvenus jusqu’à nous- livres de raisons, journaux intimes, correspondance- à mieux comprendre le quotidien et la « vie privée » . Michelle Perrot, historienne et féministe, semble avoir voulu répondre avec son nouvel ouvrage au vœu de Michel Foucault qui dans les années 1990 constatait qu’ « il y aurait à écrire une histoire des espaces – qui serait en même temps une histoire des pouvoirs »  . L’auteur de Surveiller et punir   était conscient de l’importance de la « chambre-cellule », au cœur du système carcéral tel qu’il s’est mis en place depuis le XVIIe siècle.

Titre du livre : Histoire de chambres
Auteur : Michelle Perrot
Éditeur : Seuil
Collection : La librairie du XXIème siècle
Date de publication : 03/09/09
N° ISBN : 2020892790
Page  1  2  3  4 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

1 commentaire

Avatar

arthur

01/12/09 17:17
bonjour!
Madame Perrot a tout a fait raison d'effectuer ce cheminement, qui nous ramene inlassablement a tocqueville: Proust, le genie en moins, voir ses gemissements a sa mere dans sa correspondance reunie par madame Perrot je crois apres qu'Andre Jardin ait reussi ce tour de force de mettre les lettres de tocqueville (qui etes-vous monsieur de tocquevile? posait hardiment le Conseil general de la Manche a l'occasion du bicentennaire (1805-2005) ceci un peu avant que BHL, oui celui-la, prenne la releve des niaiseries tocquevilliennes, deleur pernicieux effet comme le fait remarquer son contemporain, normand lui aussi, dèAurevilly (...)

En tous cas, ce livre devrait sèempiler bientot sur toutes les tables de chevet, ou s'empilent ceux quèon a commences...

Bref, bonne lecture

Charles-Emmanuel Reesink
en ce moment mets la derniere main a une traduction des Memoires de Louis XIV a son fils - ad usum delphini / populi

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici

RECHERCHER

ok
> Recherche avancée