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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

L'expérience esthétique ordinaire occupe une large part de notre existence. De par son évidence, nous avons tendance à ignorer le rapport esthétique au quotidien. D'autant que la philosophie de l'esthétique concerne essentiellement l'art auquel elle accorde une place privilégiée.
L'ouvrage est divisé en cinq chapitres. Le premier "Neglect of everyday aesthetics" traite du fait qu'en dépit de l'enrichissement ou de l'élargissement de la question esthétique à des objets qui avaient longtemps été ignorés, au travers notamment du design, l'esthétique est essentiellement un discours sur l'art. Ceci est problématique dans la mesure où de nombreuses implications de nos jugements esthétiques échappent à toute réflexion problématique si l'on reste centré sur l'art : l'activité esthétique entraîne des choix éthiques (préférer tel ou tel type d'environnement) dont ne rend pas compte l'appréciation artistique ; la problématique de la création artistique ne prend pas en considération la création ordinaire, qu'il s'agisse d'arranger un jardin, un lieu ou son milieu de vie. Le deuxième chapitre traite de l'importance de l'esthétique pour des raisons pragmatiques. La place de l'esthétique importe pour peu que l'on s'attache à l'état du monde au sens littéral du terme. Les chapitres suivants sont consacrés à certains aspects des relations esthétiques.
Le troisième chapitre "Aesthetics of distinctive characteristics and ambience" et le quatrième "Everyday aesthetics qualities and transience" concernent des qualités de notre existence quotidienne tels que le propre, le sale, le négligé, l'organisé... Ces qualités ont toutes à voir avec la problématique du temps qui passe (transience) et avec le regard que l'on porte sur ces objets ou environnements qu vieillissent. Cela concerne non seulement le regard que l'on porte sur ces objets, mais aussi les multiples gestes déployés quotidiennement pour entretenir notre environnement, de telle façon à maintenir sa propreté, son aspect immaculé des premiers jours. A contrario, il existe un marché de la valeur des vieux objets et parfois une esthétique des objets vieillissants ou dégradés. Les conséquences de ces rapports esthétiques sont considérables et outre le fait qu'ils entraînent des attitudes parfois jugées cruelles, ils sont aussi producteurs de droit. L'esthétique intéresse le droit ; qu'il s'agisse de corps ou de visages, l'esthétique entraîne son lot d'arbitrages et de règles.
En matière d'environnement qui pourrait prétendre que l'esthétique n'intervienne pas ? Qui n'est pas, par ailleurs, sensible au suppliant regard du bébé phoque, à la beauté spectaculaire de tel ou tel environnement, au drame merveilleux d'une vallée submergée ? L'environnement loin de n'être qu'un objet scientifique entraîne de multiples jugements esthétiques jusqu'ici éludés par les recherches en sciences sociales. Peut-on tirer quelque enseignement de notre rapport à l'évolution des objets et êtres humains dans le temps pour expliquer la manière dont nous recherchons des environnements naturels fixés au temps de leur beauté "originelle" et d'un état d'équilibre plus ou moins imaginaire ? Le dernier chapitre, enfin, "Moral aesthetics judgement of artifacts" porte justement sur les valeurs impliquées par le design.
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