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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale.

André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.  

Finalement, le XXIème siècle sera juif ou ne sera pas
[mardi 27 octobre 2009 - 14:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Le Siècle juif
Yuri Slezkine
Éditeur : La Découverte
427 pages / 23,76 € sur
Résumé : Dans un livre fourmillant d’idées et d’anecdotes, mais demeurant hélas assez confus, l’auteur montre comment le cosmopolitisme peut s’identifier à une conception ouverte de la judaïté.
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Cette perspective comparatiste permet à Slezkine d'introduire son propos sur la diaspora juive sans avoir véritablement pris soin de déterminer ce qui constitue le peuple juif, et l'on eût aimé que l’auteur tire partie des cinq années écoulées entre la parution de l'édition originale en anglais, et cette traduction en français, pour réagir à la publication du livre-événement de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008). En bon historien exégète de ses pairs, Sand a montré comment le peuple juif est avant tout une construction sociale et historique, résultant notamment de conversions. Ici, l'auteur explique dans son chapitre intitulé « Le nez de Swann : Juifs et autres modernes », comment les paysans sont devenus Juifs et comment les Juifs sont devenus à leur tour les citoyens d'États-nations. C'est également dans ce chapitre qu'il évoque la dimension juive du freudisme et du marxisme, ce qui assure la transition avec le troisième chapitre, plus directement consacré à la place et au rôle des Juifs dans la Révolution russe. 

Enfin, dans un (trop) long dernier chapitre, présenté sans le moindre découpage, Slezkine s'intéresse aux trois « terres promises » envisagées par les Juifs de la Zone de résidence, cette région la plus occidentale de la Russie impériale où les Juifs étaient cantonnés jusqu'à la Révolution : les grands centres urbains de l'URSS, les Etats-Unis et la Palestine ou « Terre sainte ». Pour décrire ces migrations et surtout la façon dont elles ont modifié l'identité juive, l'auteur évoque les destins des filles de Tevye le laitier, personnage central de la littérature yiddish apparaissant en 1894 sous la plume de Cholem Aleikhem (1859–1916). Parmi les filles de Tevye, Beilke épouse un homme d'affaire douteux et part pour les Etats-Unis, Chava s'enfuit avec un jeune paysan russe qui partage son amour des livres et Hodl suit un révolutionnaire jusqu'à son exil en Sibérie. Ce dernier chapitre s'intitule ainsi « Le choix de Hodl : les Juifs et leurs trois terres promises ».

Les ambiguïtés du mot « Juif »

Le terme « Juif » est employé à la fois pour décrire le peuple juif et pour qualifier les mercuriens. Toutefois, l'auteur prend soin de préciser en introduction : « Par 'Juifs', j'entends les membres des communautés juives traditionnelles (juifs par leur naissance, leur religion, leur nom, leur langue, leur profession, tout à la fois autodésignés et formellement assignés comme tels) ainsi que leurs enfants et leurs petits-enfants (quels que soient leur religion, leur nom, leur langue, leur profession, leur autodésignation et leur assignation formelle). » (p. 9) Le droit à l’auto-détermination est important, et il est ici heureusement respecté, par contre, l’inclusion systématique des enfants et petits-enfants repose implicitement sur une vision génétique du judaïsme plus que douteuse, dont le XXème siècle, justement, a montré les conséquences dramatiques qu’elle peut avoir.

L’identité juive est bien entendu au cœur de ce livre et c’est pourquoi l’inclusion dans la judaïté d’une forme de tatouage indélébile transmis de génération en génération ne peut convenir lorsque l’argument est de nature statistique. Pour décrire l’exode de la zone de résidence vers Moscou et Leningrad, l’auteur explique (p. 234) : « En 1912, la population juive de Moscou était d’environ 15 353 personnes, soit moins de 1% du total des habitants de la capitale. Aux alentours de 1926, elle avait atteint le chiffre de 131 000, soit 6,5% du total. » Outre le ridicule scientiste qu’il y a à donner de telles précisions numériques, le lecteur peut regretter qu’on ne précise pas sur quelles bases ces recensements ou estimations ont été effectuées.
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3 commentaires

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Luis

09/11/09 20:58
je viens de finir le livre, surprenant, très original, magnifiquement écrit, on aimerait voir se publier plus souvent de tels ouvrages
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MAO

06/11/09 12:13
cette analyse ne m'éclaire pas beaucoup sur la difficile question de l'identité juive!
j'ai appris la distinction mercuriens et apolliniens,mais la question du "tatouage reste pour moi entière....
Le livre a l'air sans aucun doute confus,mais le sujet doit pouvoir se conclure par la remarque de Freud sur" l'identité obscure et complexe du judaisme"
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JS

30/10/09 15:02
Sur la faiblesse des appareils critiques lire le billet d'Assouline, "Editeurs, rendez-nous les index" http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/09/29/editeurs-rendez-nous-les-indexs/

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