Suivez-nous

FacebookRSS

Critiques artistiques

Politique

Gestion de crise, maintien et consolidation de la paix. Acteurs, activités et défis

Couverture ouvrage

Thierry Tardy
De Boeck , 280 pages

La gestion des crises : une réponse récente aux nouvelles menaces
[lundi 26 octobre 2009]


Thierry Tardy comble un vide dans la littérature consacrée à la gestion de crise dans le domaine de la sécurité.

En  2009, près de 200 000 personnes, civils et militaires, sont impliquées dans des activités de gestion de crise mises en œuvres par l’ONU, l’Union européenne, l’OTAN, l’OSCE et l’Union africaine dans près de 50 pays. Champ d’action principal de l’ONU, la gestion de crise, relève l’auteur, " est devenue l’un des axes prépondérants des politiques de sécurité de nombre d’Etats ". 

La gestion de crise est à distinguer de la guerre. " Il ne s’agit pas, par la gestion de crise de combattre un ennemi avec pour objectif sa défaite ou sa destruction. Il s’agit de promouvoir, par une approche consensuelle- c’est-à-dire avec le consentement de l’Etat concerné par la crise -inclusive et non coercitive- une dynamique de paix et de stabilité ". L’opération de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie (1999) par exemple ne peut relever de la gestion de crise.

Thierry Tardy propose d’étudier la gestion des crises au travers des politiques mises en œuvre par les Etats et organisations internationales. Après avoir défini le concept de gestion de crise, l’auteur décrit comment les organisations internationales (ONU, OTAN, UE, OSCE) répondent de façon opérationnelle aux crises internationales prenant le relais des Etats qui les y ont incitées. La tendance est à la mutualisation des efforts ; les organisations internationales sont devenues le cadre privilégié de la gestion de crise (parfois depuis peu : UE-UA) et justifient ou confortent ainsi indirectement leur existence en tant qu’acteur. Elles offrent divers avantages ; neutralité, légitimité, savoir-faire (même si l’instrumentalisation n’est pas à exclure parfois).

Pour l’auteur, le développement du secteur de la gestion de crise est directement lié à l’évolution du concept de sécurité et la remise en cause de la césure traditionnelle entre sécurité interne et sécurité externe.  Les politiques de sécurité doivent s’adapter à un nouvel environnement. Sans ignorer les intérêts économiques, ou même ceux liés aux grandes lignes de politique étrangère des Etats, " la gestion de crise, telle qu’elle se développe depuis la fin de la guerre froide, est une réponse à des menaces diffuses, immédiates ou non, et qui peuvent, de façon directe ou indirecte, sur le court ou long terme affecter la sécurité des pays intervenant ".

L’ouvrage permet de mettre en parallèle les modes opératoires des différents acteurs de la gestion des crises, tous confrontés à des défis semblables : celui de s’adapter à l’évolution de crises par essence singulières et de surmonter leurs contraintes logistiques, financières, opérationnelles.  La régionalisation de la gestion de crises pose également le problème de la marginalisation de l’ONU au profit d’organisations régionales jugées mieux à mêmes de répondre aux besoins. 

Cette situation engendre un clivage entre pays développés et pays en développement. Le paradoxe est que les Etats du Nord tout en finançant 4/5 e du budget des opérations de l’ONU  et en  jouant un rôle important dans la définition des mandats sont peu actifs dans la mise en œuvre sur le terrain des opérations de l’ONU. Au 31 mars 2009, la participation cumulée des Etats-Unis, des Etats membres de l’UE, du Japon, du Canada et de l’Australie aux opérations conduites par l’ONU est de 11067 sur un total de 92196 casques bleus (soit 12%).

Il en résulte selon l’auteur un certain affaiblissement de l’ONU par les organisations régionales et une " ghettoïsation de certaines parties du monde, où les occidentaux ne souhaitent pas aller et qui ne bénéficieraient, dans le meilleurs des cas, que de l’intervention de cette ONU affaiblie ".  Ce qui revient à se demander si la régionalisation du maintien de la paix représente une menace ou une opportunité pour l’ONU. La plupart des organisations régionales ont noué des contacts étroits avec l’ONU (formalisés par des déclarations conjointes) mais " dans un environnement où les ressources alloués par les Etats sont rares, les institutions développent de fait des logiques de compétition : il est question pour elles de positionnement, de conquête, de marché de visibilité (…) pour chacune, le défi est simultanément de prouver sa pertinence en tant qu’acteur de la sécurité et d’affirmer cette pertinence relativement aux autres institutions ".

Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

1 commentaire

Avatar

Africain

26/10/09 16:46
Tout à fait d'accord avec l'analyse de Thierry Tardy sur la frilosité des Européens et la ghettoïsation de certaines parties du monde. L'engagement occidental en Afghanistan ne sera pas de nature à changer cet état de fait.

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici

A lire aussi dans nos archives...
A propos de Nonfiction.fr

NOTRE PROJET

NOTRE EQUIPE

NOTRE CHARTE

CREATIVE COMMONS

NOUS CONTACTER

NEWSLETTER

FLUX RSS

Nos partenaires
Slate.fr