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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme
Il fut un temps où la question de l’existence de Dieu et la discussion des preuves de son existence constituaient un enjeu d’importance pour la philosophie : les œuvres de Thomas d’Aquin, Descartes, Leibniz ou Kant sont encore là pour nous le rappeler. Aujourd’hui, à l’époque décrite par certains comme celle marquant la « fin de la métaphysique », elle semble être tombée aux oubliettes. Serait-ce parce qu’elle a été résolue ? Loin de là. Mais elle est passée – ou plutôt, dirons-nous, « tombée » - du statut de question susceptible de recevoir une réponse rationnelle, ou du moins raisonnable, à celui de choix personnel. Dans notre monde multiculturel et surtout « tolérant », il semble que les forces en présence se soient largement entendues pour que chacun (athée, agnostique, croyant) reste chez soi et n’aille pas embêter les autres avec ses arguments : chacun croit ce qu’il veut et les vaches seront bien gardées.
On peut être sceptique au sujet de ce pacte de « non-agression argumentative » pour deux raisons. La première - et nous y reviendrons - est qu’il n’y a peut-être pas véritablement d’argument convaincant en faveur de la thèse selon laquelle la question de l’existence de Dieu ne saurait être raisonnablement tranchée. La seconde est que, bien loin de favoriser la tolérance, il se pourrait que cette stratégie, obligeant la raison à déserter le débat théologique, favorise en fait la montée de l’irrationalisme. À une époque où l’on déplore le « choc des civilisations », on ferait bien de s’aviser que mettre de côté la raison, c’est supprimer tout terrain commun et creuser le fossé entre les interlocuteurs.
Richard Swinburne, lui, est bien loin de penser que la question de l’existence de Dieu ne relève pas du débat argumentatif. Son ouvrage « Y a-t-il un Dieu ? » défend deux thèses. La première est que la question de l’existence de Dieu peut effectivement être abordée de façon rationnelle et faire l’objet d’un débat argumenté entre deux interlocuteurs qui auraient des a priori très différents. La deuxième est que les arguments disponibles penchent en faveur de l’existence de Dieu.
La méthode
L’ouvrage se divise en sept chapitres, et on peut dire (en simplifiant un peu) que les trois premiers servent à poser les termes de la question et la méthode qui sera employée pour y répondre. Tout d’abord, il s’agit de définir ce qu’on entend par Dieu. Swinburne définit ainsi Dieu comme une personne omnipotente, parfaitement libre et omnisciente. De ces trois propriétés fondamentales découlent certaines autres propriété, comme par exemple celle d’être éternel (au sens de « sempiternel », c’est-à-dire qui est dans le temps mais depuis toujours et pour toujours) ou encore parfaitement bon. Comme on le voit, et de l’aveu même de Swinburne, le Dieu dont il est question est le Dieu des trois grands monothéismes.
Les choses étant mises au clair, comment Swinburne va-t-il procéder pour répondre à cette question ? Dieu n’échappe-t-il pas à toute expérience ? Certes, répond Swinburne, mais ce n’est pas là un problème : les sciences postulent de nombreuses entités qu’il nous est impossible d’observer directement. Pour qu’il soit raisonnable de postuler l’existence d’une entité, il suffit que l’existence de cette entité fasse partie de la meilleure explication possible d’une certaine classe de phénomènes. Et, pour Swinburne, la meilleure explication est l’explication la plus « simple » : c’est-à-dire l’explication qui doit « postuler un petit nombre de causes » . Bien sûr, la simplicité n’est pas le seul critère, mais elle permet de trancher entre différentes théories qui auraient un égal pouvoir prédictif. Prouver que Dieu existe (ou pas) revient ainsi à montrer que la plus simple des théories qui fournissent les meilleures prédictions au sujet d’un certain type de phénomènes postule (ou pas) l’existence de Dieu. Pour Swinburne, nous allons le voir, l’hypothèse théiste est, parmi les hypothèses qui ont le meilleur pouvoir prédictif, celle qui est la plus simple.
11 commentaires
Lama Teurdam
Merci pour cette longue réponse. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais globalement j'ai toujours l'impression que les croyants sont des gens qui se sont mis dans un pétrin rhétorique invraisemblable en postulant un dieu avec tant d'éminentes qualités à l'origine d'un monde aussi visiblement imparfait... s'obligeant depuis lors à ramer de siècle en siècle pour essayer de bâtir un discours qui tienne (à peu près) debout, à coup de péché originel et autres billevesées improbables. Au moins les dieux de l'Antiquité étaient simples : créer le monde d'abord, s'en désinteresser ensuite : voilà une proposition crédible !
Cela dit, si vous avez les références d'un ouvrage clair montrant la cohérence du discours de l'Eglise sur ce sujet, je suis preneur...
Merci encore
Florian Cova
Au sujet du problème du mal, il y a plusieurs problèmes. Le premier est déjà que Swinburne ne place pas la "bonté" comme une qualité primordiale de Dieu : selon lui, cette propriété découle logiquement de sa parfaite liberté. Selon Swinburne, toute inclination au mal découlant de motifs qui interfèrent avec notre liberté, Dieu, étant parfaite liberté, ne saurait être détourné du bien. Personnellement, je ne vois aucune contradiction entre le fait d'être parfaitement libre et celui d'être parfaitement mauvais, et cette déduction, qui se présente comme simple, repose sur de lourds présupposés métaphysiques et psychologiques.
Le deuxième problème est : pourquoi croire de toute façon que Dieu est parfaitement libre donc parfaitement bon ? L'argument du chapitre 4, esquissé dans le compte-rendu, insiste sur le fait que la parfaite régularité du monde (=l'homogénéité des propriétés des composants de base) est ce qui rend possible un monde stable dans lequel nous pouvons vivre. Il faut donc croire que l'Auteur du monde est parfaitement bon (mais pourquoi parfaitement libre ???)
Enfin, le chapitre 6, sur le problème du mal. La solution (classique) part de l'idée de libre-arbitre. Précision : l'omniscience du Dieu de Swinburne est limitée par le libre-arbitre (il ne peut pas prévoir ce que vont faire les hommes). Du coup, c'est le libre-arbitre qui explique la présence du mal causé par les hommes. Mais, bordel !, pourquoi a-t-il donné aux hommes le libre-arbitre ? Parce que c'était mieux ainsi. En effet, selon Swinburne, sans libre-arbitre, pas de comportement vertueux possible. Dieu permet donc le mal pour que la vertu puisse exister. Ce qui fait que Dieu, quoique bon, a une morale singulière : il est une sorte de croisement entre un conséquentialiste et un tenant de l'éthique de la vertu, donc le but est de maximiser les comportement vertueux. La bonté de Dieu est donc bien loin de la nôtre (si nous avions le choix entre un monde ou un connard sauve une personne pour de l'argent et un autre ou homme tente vertueusement de sauver cette même personne, mais échoue, choisirions-nous vraiment le second ?). Pour pallier à ce problème, Swinburne défend la thèse selon laquelle la vertu est un bien pour nous. Expérience de pensée à l'appui : imaginez que vous ne devez vivre que quelques minutes, mais que vous avez le choix entre 1) quelques minutes de plaisir abrutis par les drogues, 2) quelques minutes de souffrance où vous donnez naissance à quelqu'un qui sauvera plein de gens, ne choisiriez-vous pas le second cas.
Et le mal naturel (maladie, catastrophes, etc.) ? Et bien. Cela nous fournit l'occasion d'exercer la vertu, encore une fois (et oui !).
Bien sûr ! Tout cela me semble très discutable. Ne serait-ce que parce qu'il y a de très bonnes raisons de penser que, de toute façon, la vertu et la morale ne nécessite pas un libre-arbitre nous permettant d'échapper au déterminisme.
Florian Cova
(Et puis, l'existence du FSM est réfuté par le fait que les pirates aient disparu, non ?)
Maître Nouillesque
Lama Teurdam
Pour ma part, j'y ai renoncé, c'est pourquoi j'aurais aimé en savoir un peu plus sur son argumentation quant au Mal.