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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Connaissons-nous James Lees-Milne?
[vendredi 23 octobre 2009 - 09:00]
Littérature
Couverture ouvrage
James Lees-Milne: The Life
Michael Bloch
Éditeur : John Murray
400 pages
Résumé : Presque inconnu en France, James Lees-Milne (1908-1997) est célèbre en Angleterre pour son rôle au sein du National Trust et comme auteur d'un journal intime qui n'est pas indigne de la comparaison avec ceux de Virginia Woolf, de Guide, ou de Julien Green. La biographie que lui consacre Michael Bloch fait revivre en outre un pan moins connu de la société britannique du vingtième siècle.
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Quelles raisons avons-nous, pourrait demander un lecteur réticent, de nous intéresser à une personnalité effacée, qui n'a ni joué aucun rôle politique, ni occupé de fonctions administratives majeures, qui était pratiquement inconnu des lettres anglaises avant l'âge de soixante-sept ans, snob à faire pâlir le Legrandin de la Recherche, réactionnaire et ne s'en cachant guère, aussi loin que possible de l'avant-garde littéraire ou artistique du vingtième siècle, et dont la réputation repose avant tout sur un journal intime ? C'est tout simplement que le journal de James Lees-Milne, qui comprend douze volumes, publiés entre 1975 et 2005 (les sept derniers, posthumes, par les soins de Michael Bloch, son biographe), est peut-être le plus vivant, le plus émouvant, le plus spirituel de son siècle en langue anglaise. Couvrant les années 1942-49 puis 1971-1997 (année de la mort de son auteur), il n'a de rivaux que ceux de Virginia Woolf et d'Evelyn Waugh, et il n'est pas interdit de le préférer aux leurs, et de beaucoup. Mais Lees-Milne a d'autres raisons de nous intéresser, et cette biographie vient à point nommé pour nous montrer pourquoi.


Né en 1908 dans la propriété familiale de Wickhamford, dans le comté de Worcester, James Lees-Milne appartenait, comme il aimait le dire lui-même, à la classe supérieure inférieure. (Dans une société aussi stratifiée socialement que l'Angleterre édouardienne, ces distinctions n'étaient pas sans importance.) Son grand-père avait fait fortune dans le Lancashire, où il avait hérité de filatures de coton. Par sa mère, il descendait d'une prospère famille de métallurgistes du Pays de Galles. Une bonne partie cet argent ayant fondu lors de la crise de 1929, Lees-Milne lui-même ne sera personnellement jamais riche. À Eton, il s'est lié d'amitié – et même un peu plus – avec Tom Mitford, qui lui fait connaître ses sœurs. Plus que la francophile Nancy, ou que la rebelle Jessica, c'est Diana, future épouse de Sir Oswald Mosley, leader des fascistes anglais, qui devient sa favorite. Médiocre étudiant à Oxford, Lees-Milne est d'abord recruté comme secrétaire par Lord Lloyd, ancien haut-commissaire en Égypte. Son autre mentor, dont il sera plus tard le biographe, est le diplomate-écrivain Harold Nicolson, comme lui de nature principalemet homosexuelle, et marié, comme on sait, à Vita Sackville-West – inspiratrice de l'Orlando de Virginia Woolf, avec qui elle eut une liaison fameuse. Comme plusieurs intellectuels ou écrivains de l'époque – on pense à Waugh, à Graham Greene – Lees-Milne se convertit au catholicisme en 1934 ; sur ses vieux jours, déçu tant par l'évolution de l'Église à la suite de Vatican II que par ses positions en matière de sexualité, il retournera sans regret à l'anglicanisme.

Titre du livre : James Lees-Milne: The Life
Auteur : Michael Bloch
Éditeur : John Murray
Date de publication : 03/09/09
N° ISBN : 978-2-07-012452-7
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