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Pratiques culturelles des Français : le point à l'heure du numérique
[jeudi 15 octobre 2009 - 18:00]

Le département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication a rendu public, hier, les résultats de l’enquête sur les pratiques culturelles des Français, menée en 2008 sous la houlette d’Olivier Donnat. Il s’agit de la cinquième enquête de ce type depuis 1973, la dernière remontant à 1997.

Que peut-on retenir des évolutions des pratiques culturelles des Français au cours de ces onze années ? D’abord, c’est le fait marquant, l’irruption du numérique dans les pratiques. D’un point de vue général, à peine un ménage sur cinq disposait en 1997 d’un ordinateur dans son foyer ; ils sont aujourd’hui 83%. Ils étaient 2% à disposer d’une connexion Internet, ils sont désormais presque 65%, etc. Cet accroissement des pratiques numériques s’est déroulé non pas selon une logique de substitution, mais d’addition. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, « la proportion à visiter un musée ou une exposition en ligne augmente avec la fréquentation des musées ».

Cependant, si le numérique introduit de nombreux bouleversements, cette « photographie des pratiques culturelles » montre aussi la continuité de tendances lourdes. Pour ce qui est du livre, on notera la poursuite de la baisse du nombre de livres lus – tendance par ailleurs amorcée avant la démocratisation de l’Internet. On sait ainsi que « chaque nouvelle génération arrive à l’âge adulte avec un niveau d’engagement dans la lecture inférieur à la précédente, si bien que l’érosion des (…) forts lecteurs de livres s’accompagne d’un vieillissement du lectorat. » L’étude décompose par ailleurs tous ces résultats par sexe et catégories socioprofessionnelles voire âge, afin d’approcher au mieux la réalité des choses.  On complètera ce constat par une des conclusions de l’étude concernant le livre : « la baisse du nombre de livre lus ne peut être réduite à un simple phénomène quantitatif », car on constate par exemple une augmentation de la lecture dite « de consultation ». Les modes d’accès aux livres ont peu évolué, même si 10% des Français ont déjà acheté un livre sur Internet. Enfin, les bibliothèques rétrécissent pour ne plus contenir que 138 ouvrages, contre 164 déclarés en 1997.

* Pour plus d’information voir l’étude, disponible en ligne, ou se reporter à sa publication papier : Olivier Donnat, Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. Enquête 2008, chez La Découverte, 20 €

 

François QUINTON
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4 commentaires

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Thierry Catrou

29/10/09 14:11
Le nouvel opus des "pratiques culturelles" est bien plus intéressant que le laisse entendre les commentaires que l'on peut lire. D'une part il montre justement la difficulté à appréhender réellement les rapports humains qui semblent s'ingénier à échapper aux typologies, fussent-elles élaborées avec soin pour éviter tous les travers habituels que rencontrent la sociologie...
D'autre part malgré ses imperfections l'enquête nous offre de nombreuses informations "signifiantes". La première et la plus sujette à avoir un impact extraordinaire c'est le peu d'intérêt que porte les jeunes (les 15/30 ans) à la culture "classique". Celle-ci est, quoique l'on en dise par ailleurs, condamnée, vouée à une obsolescence rapide et définitive sans qu'il y est le moindre recours envisageable si l'on sait lire les informations que nous offre Donnat.
En fait , les autres informations découlent de ce constat essentiel. La déclinaison se mesure en fonction des métiers ou des âges mais au bout du compte le résultat est le même... L'ambition de donner à tous le droit (le devoir !) d'accéder au "plus grandes oeuvres de l'esprit" n'intéresse personne.
Bien sûr, les institutions (musées, bibliothèques, éditeurs...etc) et ceux qui les portent résisteront encore et probablement il faudra un certain temps avant que les dernières défenses ne s'effondrent tout à fait. Derrière ces tout le projet des Lumières qui est remis en cause. La culture celle qui donne du sens n'aurait aucun sens pour les "gens ordinaires" ! Que faire ?!... Un sentiment de néant vous prend à la gorge. Peut-être suffit-il de respirer un grand coup !
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Lecteur

16/10/09 19:44
Il manque aussi le prix. Dans la mesure où c'est une dépense publique, le citoyen a le droit de savoir combien l'Institut de sondage Lavialle a été payé.
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Lecteur

16/10/09 12:01
Se contentant d'énoncer les particularités techniques du sondage, la partie méthodologie du document est d'une indigence effarante.

Sur les raisons qui ont présidé au choix des questions posées, c'est silence radio. L'auteur n'a absolument aucun recul critique sur sa propre idéologie.

Pourquoi interroger les sondés sur telle émission de télé plutôt que telle autre ? Pourquoi demander aux gens qui écoutent de la musique classique s'ils entendent le piano de Chopin en anglais ou en français ?

La religion est traitée d'une façon qui relève de la maltraitance. On veut savoir si les gens lisent des blogs religieux, s'ils ont la Bible à la maison, ou s'ils regardent des cathédrales de l'extérieur, mais on ne leur demande pas s'ils vont à la messe, s'ils chantent à la messe où entendent l'organiste jouer Bach. On ne leur demande pas s'ils prient à la maison.

Enfin on n'explique pas quel est l'argumentaire utilisé pour convaincre les malheureux sondés de participer à une enquête extrêmement longue et intrusive.

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Lecteur

16/10/09 10:34
Bizarre, cette enquête. On ne sait pas trop ce qu'ils entendent par quotidien. Si je lis d'affilée un article du Figaro puis un du Monde puis un de Libé après avoir surfé sur Google Actualités, je lis 1 quotidien, 2 ou bien 3 ou bien zéro parce que ce n'est pas du papier ?

Si je relis un poème de Baudelaire sur Gallica, ou la lettre de Guy Môquet sur un site de l'éducation nationale, je lis 2 livres ou zéro ?

La comptabilité des actes d'accès à la culture faite par ce rapport m'a l'air vieillotte. Il faudrait compter le nombre de mots lus et non le nombre de livres.

Si ce qui est non payant n'existe pas, pourquoi alors recenser les bibliothèques ? Pourquoi recenser la télévision ?

Si je regarde un match de foot à la télévision, ça compte. Si je vais au stade voir un match de foot ça ne compte pas. Si je suis footballeur amateur et joue au foot ça ne compte pas.

Si je regarde un jeu télévisé, ça compte. Si je joue à la belote avec des amis, ou fais un mots-croisés ça ne compte pas.

Si je regarde le loto à la télé ça compte. Si je fais un tac-o-tac au tabac, ça ne compte pas.

Cette enquête c'est du grand n'importe quoi sociologique.

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