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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Toutes les images de Genet
[samedi 17 octobre 2009 - 17:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Toutes les images du langage : Jean Genet
Frieda Ekotto, Aurélie Renaud, Agnès Vannouvong
Éditeur : Schena Editore
232 pages / 25 € sur
Résumé : Un ensemble admirable de textes qui concourt incontestablement à une meilleure compréhension de l’univers genétien.
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Le jeune metteur en scène Sébastien Rajon explique, à son tour, l’importance qu’il accorde à l’univers de Jean Genet, en soulignant la complexité du Balcon qu’il a monté, en 2005, au théâtre de l’Athénée à Paris. Cette pièce, vaste métaphore de ce que peut être le théâtre, trouve un écho particulier en sa personne, lui qui aime enrayer le mécanisme de l’illusion théâtrale pour mieux étreindre la véracité de l’existence. Si la réflexion de Genet sur le pouvoir et sa duplicité l’interpellent, les figures de travestis le fascinent littéralement car elles questionnement la sexualité, et donc l’identité. Echappant au statut commun en participant d’un autre ordre, le travesti incarne pour lui la quintessence théâtrale. L’acteur, à ses yeux, est un passeur qui habite l’entre-deux-mondes (celui des vivants et des morts) et l’entre-deux-sexes (féminin et masculin).


D’ailleurs, la pratique du comédien Michel Fau qui a joué le rôle de Madame Irma dans cette dernière mise en scène (Le Balcon, mise en scène de Sébastien Rajon, Athénée, Théâtre Louis-Jouvet, 2005) nous offre une vision complémentaire. Il y évoque cette aventure théâtrale dans laquelle le travestissement a une place capitale car, dans Madame Irma, tous les rôles féminins - et plus largement les multiples tonalités humaines - coexistent dans un seul rôle. Le comédien revendique justement le caractère subversif de l’interprétation de ce rôle féminin qui opère une déconstruction des identités sexuelles et perturbe les codes sociaux en évitant le manichéisme. L’interprète considère enfin que l’artiste n’a pas pour mission de livrer des solutions mais de témoigner du fonctionnement humain avec toutes ses ambivalences, sa barbarie et son aveuglement.


La dernière contribution revient à l’écrivain Gilles Leroy qui nous livre les prémices d’une pièce inédite, intitulée Ange soleil, basée sur l’univers de Notre Dame des Fleurs. Dans le roman, Genet évoque un condamné à mort prénommé Ange Soleil qu’il classe parmi les guillotinés des années 1930 et 1940 alors qu’il aurait été gracié. Ce criminel a laissé peu de traces, hormis celles d’une suprême noirceur ; féroce criminel, brutal co-détenu, dénonciateur et manipulateur, il se serait associé avec les pires gardiens carcéraux sous l’occupation allemande. La pièce inédite de Gille Leroy se déroule une nuit d’août 1944. Les soldats américains entrent dans Paris. Sur les toits des édifices, soldats allemands et miliciens français livrent leurs derniers combats. A L’Olympic, un bar dansant situé entre Blanche et Pigalle, une mère attend l’exécution de son fils, Ange Soleil, qui sera décapité en automne. Tous ceux qui ont côtoyé le premier supplicié de la France libre peuvent certifier qu’il était bien un « monstre ».


Finalement, deux inédits de Genet - une lettre à André Breton, datée du 20 juillet 1948 et un poème manuscrit inséré dans un cartouche intitulé Cœur boréal - complètent admirablement cet ensemble substantiel et capital qui concourt incontestablement à une meilleure compréhension de l’univers genétien.

 

A lire aussi :

Le dossier complet de Nonfiction.fr sur Jean Genet


 

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1 commentaire

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Cavalcanti 1

25/02/10 10:11
Bravo!Je croyais avoir beaucoup (et bien) lu sur Genet, et là vous me prouvez le contraire. Votre travail de critique qui doit donner envie est parfait...Je vais me fendre de 25 euros...Ca fera ça de moins pour aller boire un coup avec mes potes, sous Brest, en face la mer que je ne verrais peut-etre plus du même oeil - si je dois en croire votre article

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