On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

C’est en travaillant sur les journaux consacrés aux ouvrages en crochet, tricot et broderie que l’historienne américaine Rachel P. Maines a découvert une quantité importante de publicités pour le vibromasseur. A 27 ans, entre deux mariages, et plutôt féministe dans cette Amérique des années 1970, nous dit-elle, elle décide alors de suivre sa curiosité et d’explorer ces publicités. Au final, elle nous offre un livre à charge (de l’homme) et à décharge (de la femme) sur les origines de l’hystérie.
Véritable mine bibliographique, l’auteure cite inlassablement une quantité effroyable de médecins proposant, à travers les siècles, le traitement de l’hystérie et des humeurs féminines par le massage pelvien menant jusqu’à l’orgasme de la patiente. Si pendant des siècles, voire des millénaires puisque ses sources bibliographiques remontent à l’Antiquité, le traitement de l’hystérie a consisté en un massage manuel administré par le médecin, il a fini par être délégué à une assistante car, nous dit-on, l’opération pouvait prendre une heure pour mener les dites patientes au "paroxysme hystérique", c’est-à-dire à l’orgasme qui est ici purement thérapeutique. Enfin, avec l’électricité, il est devenu un acte médical rapide, de seulement quelques minutes, avant de devenir une activité domestique individuelle, voire le prétexte à une semaine de cure dans des lieux agréables. Car, nous disait-on en 1910 pour faire de la réclame, le vibromasseur électrique peut atteindre jusqu’à « 30.000 vibrations excitantes, revigorantes, pénétrantes et revitalisantes par minute ». Fini le massage manuel lent et laborieux !
Mais bien plus que faire simplement une énumération de citations et d’auteurs parlant du traitement de l’hystérie, Rachel P. Maines nous propose l’examen de trois points précis. D’abord, il s’agit des "définitions androcentriques de la sexualité et la construction d’une sexualité féminine idéale […]", ensuite de "la réduction du comportement sexuel féminin hors normes androcentriques à une série de troubles paradigmatiques qui requièrent l’intervention de la médecine" et, enfin, des "procédés utilisés par les médecins pour légitimer et justifier la production clinique de l’orgasme chez les femmes suivies pour ces pseudos dysfonctionnements".
1 commentaire
Abie
"la pénis" dans le premier §
"doit" pour "doigt" dans le 3e§