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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Carl Schmitt : politique du mythe ou mythe du politique ?
[lundi 12 octobre 2009 - 05:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Carl Schmitt ou le mythe du politique
Yves-Charles Zarka (dir.)
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
208 pages / 15,20 € sur
Résumé : Un ouvrage passionnant, qui pêche parfois dans sa volonté obsessionnelle de vouloir mettre un terme au débat sur les textes de Schmitt.
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Il faut ainsi dire pour conclure que cet ouvrage véritablement passionnant (nous n’avons pas pu aborder tous les articles faute de temps, ils méritent tous d’être lus), pêche parfois dans sa volonté obsessionnelle de vouloir mettre un terme au débat sur les textes de Schmitt. Il se montre impuissant devant l’explication de la fascination prolongée que suscita et continue d’exercer Schmitt chez des intellectuels de tout bord. On ne peut que rester consterné qu’un intellectuel comme Jean-Pierre Faye se permette de discréditer le travail de Derrida (son collègue au Collège international de philosophie) au simple motif que les "replis de la déconstruction"  (sic !) ne justifient pas l’accord d’une place importante à Schmitt. Rappelons que Derrida a toujours approché le texte schmittien avec prudence, déconstruisant l’idée schmittienne de l’indissoluble couple ami-ennemi avec finesse . Il y a véritablement des faits graves à propos de Schmitt que le livre dénonce (on pense ici à l’influence décisive qu’a eu Schmitt dans la justification des lois de Nuremberg), et que tout lecteur doit prendre en compte, ou encore l’antisémitisme farouche que Schmitt n’a d’ailleurs jamais renié, mais que les lecteurs de "gauche" de Schmitt n’ignorent pas non plus. La remise en contexte de la pensée de Schmitt, faite avec des sources convaincantes par les auteurs, ne peut conduire à la dissolution de sa pensée, son caractère intempestif reste, et c’est peut-être là que les auteurs font le jeu par défaut du mythe schmittien, celui du triomphe du rationnel sur le mythique. Ainsi, les discussions à propos de Schmitt sont donc loin d’être achevées, et c’est la discussion passionnée qui devrait s’en tirer à bon compte.
 

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7 commentaires

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Giorgio

15/10/09 17:02
M. Zarka a une idée fixe depuis maintenant des années, qui consiste à neutraliser les vues de Carl Schmitt. C'est tout de même une conception fort contestable de la philosophie. Que Carl Schmitt ait été nazi n'est mis en doute par personne aujourd'hui - là dessus, il faut être clair. Que Carl Schmitt doive être de ce fait rendu illisible, inutilisable voire interdit, c'est consternant de simplisme. Lorsqu'enfin ceux qui osent encore penser avec Schmitt aujourd'hui deviennent des "gauchistes attardés", c'est franchement imbécile. La pensée de Carl Schmitt est complexe, dense et fondamentale. Comme toute pensée véritable, elle doit être appréhendée comme telle, et non pas comme un étendard ou un repoussoir. Car oui, il y a chez Carl Schmitt une pensée véritable (il faudrait, pour s'en rendre compte, le lire), et c'est précisément cela qu'il conviendrait de comprendre: comment le nazisme a-t-il pu imprégner une pensée véritable? Autrement dit, le lire en conscience et en contexte plutôt que de s'inscrire dans la bêtise d'une censure définitive.
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Spartel

14/10/09 16:26
Zarka fait un travail de recherche et de salubrité publique.
Quand on pense à l'utilisation de Carl Schmitt faite par quelques maoccidents blingblinguisés dans l'air d'un temps nauséabond, on ne peut que saluer l'initiative déjà ancienne de Zarka pour contrecarrer la réhabilitation d'un nazi de la première heure à la dernière heure. Il n'y a aucune entrave à la lecture des textes de Schmitt ; les textes sont là !. Mais une simple mise en garde est nécessaire face à une pensée qui a alimenté de façon directe le génocide des Juifs d'Europe, les fondements juridiques du 3ème Reich et le bellicisme hitlérien. Merci monsieur Zarka.

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