Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

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L’ouvrage Darwin en Tête ! part d’une volonté de prendre au sérieux la prophétie sur laquelle, en 1859, Charles Darwin concluait la première édition de l’Origine des Espèces : "J’entrevois dans un avenir éloigné des portes ouvertes à des recherches encore bien plus importantes. La psychologie sera solidement établie sur une nouvelle base, c’est-à-dire sur l’acquisition nécessairement graduelle de toutes les facultés et de toutes les aptitudes mentales, ce qui jettera une vive lumière sur l’homme et son histoire." Pourtant, un siècle et demi plus tard, les sciences humaines rechignent encore à vouloir prendre en compte le cadre fourni de la théorie de l’évolution pour comprendre l’homme et les cultures humaines en général. Adhérant à ce que Tooby et Cosmides appellent le "Modèle Standard des Sciences Sociales", nombreux sont ceux qui, un demi-siècle après la chute du behaviorisme, considère l’esprit humain comme une Table Rase réservée au stylet de la culture et sur laquelle l’évolution n’aurait rien inscrit.
Un pont entre sciences biologiques et sciences sociales : la psychologie évolutionniste
Dans les années 70, une première tentative d’unification de la biologie évolutionniste et des sciences humaines eut lieu sous le nom de ""sociobiologie". Néanmoins, la sociobiologie établissait un lien direct entre les gênes et le comportement, éliminant ainsi le niveau psychologique. Cette tentative fut un échec et constitue aujourd’hui un épouvantail utile contre les tentatives d’unification des sciences humaines et des sciences biologiques.
Néanmoins, dans les années 80, une alternative à la sociobiologie émergea sous le nom de "psychologie évolutionniste". Si certains l’assimilent volontiers à la sociobiologie, la psychologie évolutionniste repose en fait sur une démarche très différente. Elle ne postule pas que nos actions sont un effet direct de nos gènes (il n’y pas de gène de tel ou tel comportement) : nos actions sont le produit de nos états mentaux et de nos représentations. De la même façon, elle ne postule pas que nos représentations sont le produit direct de l’évolution et que l’environnement culturel n’aurait aucun effet sur elles. En revanche, ce qu’elle postule, c’est qu’une explication du comportement humain en termes d’états mentaux et de représentations suppose nécessairement l’existence d’un certains nombres de facultés mentales qui permettent à ces états mentaux d’exister. La psychologie évolutionniste est ainsi une "psychologie des facultés" (aussi appelées "modules", une notion développée dans le dixième et dernier chapitre) qui fait l’hypothèse que ces facultés sont diverses et produites par l’évolution. Elle permet ainsi de reconnaître à la fois la pertinence de l’approche évolutionniste en sciences humaines (l’homme n’est pas un empire dans un empire car ses facultés mentales ont une origine biologique) sans pour autant absorber les sciences humaines dans la biologie (les représentations manipulées par les facultés d’origine biologique ont une origine irréductiblement culturelle).
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Florian Cova
La rédaction
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