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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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A la recherche du slogan politique
[mardi 06 octobre 2009 - 11:00]
Science Politique
Couverture ouvrage
Yes we can (slogan électoral)
Robert Rodeker
Éditeur : Pleins Feux
50 pages
Résumé : Un précis de désillusion de la pop-politique à l'usage des nouvelles générations
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Le 8 janvier 2008, sur le coup de 23 heures, à Nashua (New Hampshire), le candidat à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, prononce un discours de défaite (il vient de perdre de deux points cet État du Nord-est des États-Unis contre Hillary Clinton), appelant ses partisans à un sursaut. Cette allocution est restée célèbre avec ce passage à connotation volontariste "  Yes we can ! ". A partir de ce discours d'Obama et de cette formule d'action, le philosophe Robert Redeker nous propose une analyse de ce slogan électoral.


A chacun son message

Il fût un temps où un Républicain comme Herbert Hoover, en 1928, pouvait se reposer sur un slogan  dont plus aucune agence de communication n'oserait proposer son utilisation "  A chicken in every pot. A car in every garage  " ("  Un poulet dans chaque casserole, une voiture dans chaque garage  "). La publicité politique devint une entreprise à capital risque  . Le slogan politique contemporain, comme par exemple lors de l'élection présidentielle française de 2007, est capable de prendre  une multitude de dimensions. "  Obamien  " et percutant ("  Que ça change fort  ", Ségolène Royal), associant la foi et l'espoir ("  Ensemble tout devient possible  ", Nicolas Sarkozy), franco-français  poussif ("  La France de toutes nos forces  ", François Bayrou), auto-référentiel nominatif (" Votez Le Pen  ", Jean-Marie Le Pen),  dans la tentation et le jeu de mots ("  Osez Bové / Ah si j'osais Bové  ", José Bové), dualiste revendicatif ("  Nos vies valent plus que leurs profits  ", Olivier Besancenot), etc. Lors de la campagne américaine de 2008,  le "  Yes we can  " d'Obama était opposé au "  Country First  " de McCain. Ce "  Yes we can  " avait d'autant plus d'impact qu'il était couplé avec le slogan phare de la campagne Obama, "  Change  " ("  Change  We can believe in  ").  L'un n'allait pas sans l'autre.

Qui capte qui ?

Robert Redeker nous signale que, quelques temps plus tard, "  au de-là de la foule, la publicité elle-même (…) s'est emparée de ce slogan  "  . Le constructeur Chevrolet, appartenant à General Motors, a mené en France une campagne publicitaire où l'on pouvait voir sur l'affiche un modèle Captiva, un 4×4 fait pour l’Europe, avec écrit en grosses lettres rouges le slogan "  Yes we can  "  , soit l'implicite "  Oui, nous Chevrolet, nous pouvons  ". Le va-et-vient entre les techniques de publicité commerciale et politique, l'échange, l'appropriation comme le détournement de slogan est fréquent  .  Pour Robert Redeker, cette porosité, cette échangeabilité, cette réversibilité, "  reflète une déspécification de la politique  "  . Si les politiques se pensent trop comme des commerciaux en concevant des slogans comme des publicités ("  Du sérieux, du solide, du vrai  ", Raymond Barre, présidentielle 1988 ; "  Du beau, du bon, Dubonnet  ", publicité pour un apéritif au quiquina), il reste en suspens de trouver des slogans politiques qui ne soient pas (plus) utilisables par la publicité. La tâche risque d'être ardue. Un slogan comme "  Nous irons plus loin ensemble  " (Jacques Chirac, élection présidentielle, 1988) pourrait très bien s'adapter à une publicité automobile.

Titre du livre : Yes we can (slogan électoral)
Auteur : Robert Rodeker
Éditeur : Pleins Feux
Collection : Variations politiques
Date de publication : 06/10/09
N° ISBN : 978-2847290899
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4 commentaires

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FrédéricLN

03/09/10 18:35
Pour répondre à Maux Dem ...

Tout d'abord bravo et merci à Valéry Rasplus pour sa correction sur le slogan "Change we can believe in".

Il reste que "Yes we can" n'a jamais été un slogan de la campagne Obama, mais une phrase prononcée dans un seul discours, il me semble donc contre-factuel d'écrire que "L'un n'allait pas sans l'autre."

Bien sûr "Yes we can" a été, non seulement mis en musique par Will I Am, mais aussi repris par nombre de sites comme l'écrit votre commentaire. C'est pourquoi, amha, il serait très intéressant d'analyser l'émergence culturelle et sociale de ce terme dans la société américaine. Justement parce qu'il ne s'agissait pas d'un slogan de campagne !
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Maux Dem'

07/10/09 18:00
Frédéric Lefebvre-Naré est désolant par son inexactitude


Yes he can :-)
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Valéry Rasplus

07/10/09 11:53
Bonjour,

1) J'ai écris : "Le 8 janvier 2008, sur le coup de 23 heures, à Nashua (New Hampshire), le candidat à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, prononce un discours de défaite (il vient de perdre de deux points cet État du Nord-est des États-Unis contre Hillary Clinton), appelant ses partisans à un sursaut. Cette allocution est restée célèbre avec ce passage à connotation volontariste " Yes we can ! "."

On trouve également sur nombre de sites américains cette référence :"Yes we can", a slogan used by Barack Obama in his 2008 presidential campaign"

2) Effectivement, il n'y a pas de ".' dans le slogan "Change we can believe in". Il s'agit d'une coquille que je vais corriger.

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FredericLN

07/10/09 11:43
Analyse désolante par ses inexactitudes... "Yes we can" n'a jamais été un slogan DE la campagne Obama, mais une phrase de son discours (cité en introduction) reprise comme refrain par l'artiste Will I Am dans un clip de soutien à Obama qui a eu un grand succès. Le succès de la phrase (un gimmick en américain, un peu l'équivalent de "impossible n'est pas ..." en français) est donc fort intéressant à analyser, mais pas comme slogan délibéré par un politicien, au contraire comme émergence culturelle et sociale.

Quant au slogan de la campagne, c'était "Change we can believe in" (sans le point après Change que lui ajoute cet article, et qui rend d'ailleurs la phrase non-grammaticale) : "un changement auquel nous pouvons croire".

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