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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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Une histoire de notre Italie
[mardi 06 octobre 2009 - 05:00]
Europe
Couverture ouvrage
L'Italie contemporaine de 1945 à nos jours
Marc Lazar
Éditeur : Fayard
Résumé : Un récit sans concession de l’Italie républicaine, vue par les chercheurs français.
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Un voyage dans la tumultueuse Italie républicaine. C’est ce que propose Marc Lazar dans L’Italie contemporaine de 1945 à nos jours. L’historien français a réuni autour de lui les plus grands spécialistes de la question – et ce, dans tous les domaines, de Pierre Milza au sociologue Bernard Cousin, en passant par la géographe Colette Vallat ou encore Jean A. Gili, professeur d’histoire du cinéma. Les chercheurs italiens n’ont ici pas droit au chapitre, puisqu’il s’agit de fournir une approche "à la fois compréhensive et décalée"  par rapport à celle habituellement donnée par les études transalpines. Le livre aborde tous les thèmes qui font l’Italie contemporaine. Le tout s’avère une réussite incontestable bien qu’inégale, certaines parties (l’Italie culturelle) étant plus abouties et complètes que d’autres (l’Italie économique).



Une histoire parcourue de tensions politiques, idéologiques et sociales

Marc Lazar a choisi, logiquement, d’aborder en premier lieu l’histoire politique italienne. Un récit classique : la lutte acharnée entre la Démocratie chrétienne (DC) et le Parti communiste italien (PCI)  reste prédominante jusque dans les années 90, avant que la chute du mur de Berlin et les scandales politico-financiers chamboulent l’échiquier politique. Cette évolution rend Marc Lazar critique sur la République italienne : elle n’est "ni détestée ni mal aimée, ni adulée : elle se contente d’exister" .

Au final, les tensions n’ont cessé d’entraver l’histoire de la République. Tensions idéologiques d’abord. Si le régime fasciste a été renversé, un parti portant des idées similaires, le Mouvement social italien (MSI), n’a pas tardé à apparaître. Son existence a sans doute été favorisée par un contexte où, du fait de la guerre froide, "la DC met une sourdine à l’antifascisme" . Plus que ce dernier, pourtant pilier de la Constitution, c’est l’anticommunisme qui s’impose dans l’Italie des années 50, avec comme conséquence directe la violence. Si les années 80 sont synonymes de mutation et d’intégration dans le jeu politique classique pour PCI et MSI, ces ombres demeurent toujours aujourd’hui sous-jacentes.

Les tensions sociales s’ajoutent à ce tableau déjà peu reluisant. Outre le rappel des luttes ouvrières bien connues de tous, Isabelle Sommier met également l’accent sur les anti-grévistes et notamment l’impunité donnée par les gouvernements, dans les années 40-50, aux auteurs de violences contre les mouvements sociaux. La sociologue fait le même constat pour les années 60-70 et fait appel aux études de son collègue Alberto Mellucci pour évoquer la "stratégie de contre-mobilisation", soit "la complicité d’une partie de l’Etat dans la stratégie de tension des années de plomb, c’est-à-dire les attentats d’extrême droite et les rumeurs de coups d’Etat" . Et Isabelle Sommier d’évoquer la lourde responsabilité que cette complicité d’une partie des services secrets militaires avec les des groupes terroristes néofascistes aura dans les violences ultérieures, y compris celles perpétrées par l’extrême gauche.

 

Titre du livre : L'Italie contemporaine de 1945 à nos jours
Auteur : Marc Lazar
Éditeur : Fayard
Collection : Les grandes études internationales
Date de publication : 27/05/09
N° ISBN : 2213633282
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