Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr


C’est à cet enrichissement que contribue, de façon décisive, Judith Shklar. Loin de se focaliser sur l’intégrité de l’individu, elle attire l’attention sur l’impact des injustices politiques résultant de l’inaction publique, seul moyen selon elle de fournir au libéralisme les outils idéologiques lui permettant d’être à la hauteur de son projet d’émancipation. La politique libérale serait ainsi fondée à épouser le point de vue des victimes. Dans Liberalism of Fear (1998), J. Shklar contribue à dessiner les contours d’un renouvellement du libéralisme qui ne saurait faire l’économie de la question de la dépendance (voir, à ce sujet, les belles réflexions de Fabienne Brugère ). La citoyenneté ne saurait donc se réduire à l’exercice des libertés publiques : elle implique également un droit au travail effectif, bien que, notons-le, "ce qui importe n’est pas le travail en tant que tel mais plutôt les gains et l’indépendance qu’il confère" . La garantie d’un travail décent apparaît, dès lors, comme une nécessité politique pour acquérir reconnaissance sociale et respect de soi. C’est pourquoi l’aide publique n’est pas accessoire mais, au contraire, essentielle au fonctionnement de l’État libéral dont le but est de limiter les rapports de domination et de permettre l’autonomie individuelle![]()
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