Rédacteur

Critique à nonfiction

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Horkheimer ou la "théorie durcie par l'expérience"
[vendredi 11 septembre 2009 - 13:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Théorie critique
Éditeur : Payot
365 pages / 23,76 € sur
Résumé : Retour sur des textes clefs d'Horkheimer, fondateurs d'une épistémologie et d'une théorie de la connaissance.
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Max Horkheimer appartient à l’École de Francfort, dont on peut fixer l’apparition en 1923, mais qui prit véritablement forme en 1950,  lors du retour en Allemagne de l’Institut de recherches sociales (Institut für Sozialforshung), exilé en Europe et aux États-Unis pour les motifs que l’on peut supposer – l’avènement du nazisme –  et avec lequel elle finit par se confondre. Selon Paul-Laurent Assoun , on mesure l’identité de l’École de Francfort à son orientation désormais explicitement philosophique (et visible dès les années 31, sous l’égide de Max Horkheimer qui en prend la direction), malgré la volonté d’intégrer l’empiricité et la factualité propres aux sciences sociales. Et c’est à ce niveau, précisément, que l’on repère l’enjeu des textes proposés dans cet ouvrage publié aux éditions  Payot.

Disséminés de 1930 à 1970, les textes en question s’arriment sans ambiguïté à une conception matérialiste, à laquelle Max Horkheimer  ne cesse de faire référence, pour fonder une épistémologie et une théorie de la connaissance susceptibles de rendre raison du rapport entre théorie et pratique du point de vue social et politique. La difficulté de lecture tient probablement à la plasticité et au caractère incisif de la pensée de l’auteur, assumant avec constance la dimension critique de ses propos et détournant par là des tentations totalitaires de la raison.

Les textes rassemblés ici constituent-ils une rupture radicale avec le marxisme ? Il va de soi que La théorie critique hier et aujourd’hui (1970) assimile, sous le même nom de  "Führer", Hitler, Mussolini et Staline.  L’État autoritaire (1942) préfigurait déjà la distance prise envers la bureaucratie soviétique et l’institutionnalisation des partis de masse. La critique n’est pas sans faire penser à Marcuse, et, indirectement aux autres théoriciens de l’École de Francfort : T. Adorno, W. Benjamin, E. Fromm (le dernier étant psychanalyste).  On repère au passage combien les analyses conduites par certains de ces penseurs et par Horkheimer lui-même sont loin de  "surdéterminer" l’économie ( à l’instar du marxisme), mais s’interrogent plus avant sur  la  "question du rapport entre la vie économique de la société, le développement psychique des individus et les transformations dans les régions culturelles,(…)" , projet original qui signale l’importance que revêtent les contributions freudiennes et la psychanalyse pour l’Ecole de Francfort.

Titre du livre : Théorie critique
Auteur :
Éditeur : Payot
Titre original : Max Horkheimer
Nom du traducteur : Collège de philosophie
Collection : Critique de la politique
Date de publication : 03/06/09
N° ISBN : 2228904414
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