Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Quel est le rapport entre les sciences de la vie et les sciences sociales ? L'une comme l'autre cherchent à comprendre l'humaine nature individuelle et sociale. Au cours du temps, une question est devenue plus intense dans le champ des sciences de la vie : le darwinisme peut-il expliquer ce qui se passe dans l'univers psychique (pensée, croyance, etc.) et dans le monde social (moeurs, culture, etc.) ? Ainsi apparurent et se développèrent le darwinisme social et la sociobiologie qui cherchèrent, chacun avec leurs spécificités, à dévoiler les lois communes de l'évolution biologique et socio-culturelle chez n'importe quel être vivant. Hors de ce champ, la question se posait également avec des ressemblances mais aussi avec des distinctions conceptuelles et théoriques.
Des naturalismes néo-darwiniens
Dominique Guillo distingue deux modèles au sein des sciences sociales qui s'appuient sur les sciences de la vie pour expliquer le social et le culturel. Le premier constitue un modèle dit naturaliste réductionniste néo-darwinien qui considère que le fait biologique est premier et que c'est à l'aune de ce modèle de référence que doivent être pensé et expliqué indistinctement les sciences sociales et les sciences de la vie. Ce modèle « considère que les conduites et les croyances sociales et culturelles sont, tout comme les traits organiques (…), sous le contrôle de mécanismes et d'entités biologiques – aujourd'hui, les gènes " . Nous y trouvons la sociobiologie (E.O. Wilson, D.P. Barash, T. Crippen, etc.), la psychologie évolutionniste (J. Barkow, J. Tooby, L. Cosmides, S. Pinker, etc.), l'anthropologie cognitive (P. Boyer, D. Sperber, D. Medin, S. Atran, etc.). Le second forme un modèle dit naturaliste analogique néo-darwinien qui estime "qu'il existe tant de ressemblances entre les corps vivants et les groupes sociaux que les théories de l'organisme développées dans le cadre des sciences de la vie peuvent permettre de bâtir une théorie scientifique de la société " . La société est assimilée à un organisme vivant et peut donc s'étudier comme si l'on examinait n'importe quel groupe d'espèces en interaction dans la sphère écologique. C'est sur ce modèle que l'éthologue Richard Dawkin a forgé le concept de "mème " . Selon cette théorie, "la culture est composée d'entités élémentaires [les mèmes] dont les effectifs dans les populations humaines évolueraient selon des mécanismes généraux identiques à ceux qui commandent l'évolution des effectifs des gènes – plus précisément des allèles – dans les populations biologiques " . Les principaux utilisateurs de ce mode explicatif sont, outre Dawkin, des généticiens des populations et des épidémiologistes (L.L. Cavalli-Sfora, M.W. Feldman, R. Boyd, P.J. Richerson, etc.), des philosophes (J. Dennett, etc.), des psychologues (S. Blackmore, etc.), des anthropologues (R. Aunger, W.H. Durham, etc.), des sociologues (W.G. Runciman, etc.),...
Dominique Guillo note que les débats sont actuellement très vifs entre défenseurs de ces modèles respectifs. C'est sur le modèle naturaliste analogique néo-darwinien, postulant une l'analogie, une ressemblance commune, entre évolution biologique et dynamique sociale que l'auteur nous propose d'analyser trois principales problématiques liées à la mémétique : le concept de réplicateur, le concept de sélection et l'hypothèse généalogique.
7 commentaires
Pierre Cloutier
Au contraire et ça plait à tous ceux qui rebutent encore à accepter la réalité animale de l'humain. Tout ceux qui étaient férocement contre la sociobiologie et qui se sont, un peu malgré eux, lentement ralliés depuis qu'on appelle ça « biologie évolutive », ne sont-ce pas eux qui ont laissé entrer le bouffon et qui dansent avec lui au grand désagrément de ceux qui pensent que le gène est l'élément primordial de la vie ET de la culture.
J'admire beaucoup Richard Dawkins lorsqu'il parle des gènes. Beaucoup moins lorsqu'il parle de virus informatique qu'il compare sans discernement avec un virus biologique. Je pense que son idée de même est un « flash » qu'il a eut et dont il fut le premier à en être ébloui. Il aurait dû attendre un peu et y réfléchir un peu plus avant de le lancer au monde du haut de sa notoriété.
Montréal, 13 janvier 2010
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Michel Labrousse
Et vous posez les bonnes problématiques sur la mémétique.
A vous lire prochainement sur le sujet.
ML
E_Hidden
Valéry Rasplus
Charles Mougel (le vrai)
Par contre, je ne l'ai jamais posté personnellement sur ce site.