On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

On dit de Rudolf Steiner qu’il est "le secret le mieux gardé du siècle", tant son travail et sa pensée sont peu connus du grand public. On peut même dire que son nom est associé à un certain charlatanisme, un jargon ésotérique incompréhensible, voire sectaire et dangereux. Comment démêler cet imbroglio complexe tout en gardant une approche critique envers l’homme ? C’est le parti pris de cette biographie fouillée, qui tente de présenter de façon attrayante et simple une pensée profonde et complexe. En effet, la parution en français de l’ouvrage de Gary Lachman, auteur déjà de nombreux livres sur l’occultisme, écrivain à succès, journaliste, mais aussi chanteur de rock et fondateur du groupe Blondie, permet enfin d’avoir un accès plus sûr à la vie et à la figure de Rudolf Steiner - l’un des penseurs parmi les plus influents de ce siècle – et cela hors du cercle éditorial habituel, et plutôt confidentiel des éditions anthroposophiques, ou encore des hagiographies complaisantes de ses adeptes. Il existe déjà d’autres travaux intéressants, comme ceux de Rihouet-Coroze ou encore de Johannes Hemleben, mais ils sont parfois difficiles pour ceux qui n’ont aucune idée précise sur le personnage.
Il est difficile de résumer en quelques mots qui est Rudolf Steiner (1861-1925) et ce qu’il a fait. Voilà une courte esquisse élaborée à partir du texte de Lachman : il est le fondateur d’une discipline, l’anthroposophie, qui se présente comme une science de l’esprit active dans tous les domaines de la connaissance ; elle est selon son créateur une science universelle de l’esprit qui "conduit l’homme à la conscience de sa propre humanité". L’anthroposophie n’est pas une secte, ni une religion, mais un mouvement de pensée critique et dynamique, qui s’est formé durant les riches heures de ce siècle et sous l’impulsion d’œuvres diverses (Goethe, Kant, la théosophie, Nietzsche,…). À travers l’étude et l’observation empirique de l’esprit humain et au bénéfice d’une personnalité extrêmement sensible aux phénomènes spirituels, Rudolf Steiner est parvenu à une connaissance du monde suprasensible et de la nature humaine qui l’a conduit à repenser la tâche actuelle de l’homme dans de nombreuses branches du savoir humain. L’homme est un être profondément créatif, avec un pouvoir de connaissance illimité, le problème étant qu’il ignore, qu’ "il n’a pas conscience de sa nature spirituelle" , qui lui ouvrirait les portes d’un monde nouveau de connaissance. L’homme est un être actif dont la conscience n’est pas un réceptacle passif de phénomène, mais une activité incessante d’imagination et de pensée. Cette dimension centrale de l’activité et du développement de la conscience sera l’un des axes fondamentaux de l’enseignement anthroposophique de Steiner.
La vie de Rudolf Steiner est un roman à elle seule, complexe, riche en détails et en rebondissements qui apparaissent difficiles à saisir le temps d’un court volume comme celui-ci . Ajouté à cela, la relative confidentialité du personnage, ou en tous les cas le voile d’obscurité qui entoure son travail, exigeait la publication d’un texte introductif, qui prendrait le parti explicatif le plus clair possible, à destination d’un public non initié soucieux de se confronter à l’une des trajectoires les plus passionnantes de ce siècle. La vie de Rudolf Steiner est parsemée de rencontres intellectuelles et spirituelles édifiantes (Nietzsche, l’écrivain russe Andreij Biély, l’occultiste Anie Besant l’une des fondatrices de la société théosophique, …), son travail a influencé des hommes de tout bord, a donné des impulsions décisives dans de nombreux domaines (pédagogie, médecine, agriculture, architecture). On ne compte désormais plus la vaste constellation de domaines influencés, de près ou de loin, par l’approche anthroposophique.
Le livre démarre avec une préface un peu molle de l’écrivaine Nancy Houston qui raconte son enthousiasme lors de ses années à l’école Steiner et se poursuit avec une courte introduction de l’auteur qui relate sa rencontre avec l’œuvre de Steiner, en insistant sur les points essentiels qui l’ont attiré vers l’étude des textes du maître autrichien mais aussi tous les éléments qui l’ont rebuté et qui viennent un peu rassurer les lecteurs inquiet de l’hermétisme des textes de Steiner. Intéressé par l’expressionnisme allemand, notre auteur avait découvert dans un livre d’architecture une photo du premier Goetheanum (le premier bâtiment construit pour héberger le siège de la société anthroposophique). Il fut fasciné par "ses formes organiques, fluides, ses courbes étranges", qui le menèrent droit aux œuvres de Steiner, qu’il commença à lire, parfois avec peine - il critique parfois son style pesant - mais auquel il reviendra toujours et qui nourrira son travail.
5 commentaires
thierry
Ce qu'il faut dire, c'est que l'on peut avec peu de chose faire toute une montagne. On peut bruler des soit disants hérétiques et prouver quelques siècles plus tard qu'ils avaient raison. Dans l'ignorance mieux vaut avoir la sagesse de se taire, ou alors il faut prouver les choses, sinon c'est de la diffamation.
Aujourd'hui, et depuis plusieurs années le mouvement anthroposophiques a été lavé de toutes accusations.
Alors Theophrastos, merci de réfléchir avant d'écrire quoi que ce soit.
merci
loude
Brandeaus
Emanuel
Theophrastos
Voir les différents Miviludes
http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/.../Miviludes_Rapport_2008.pdf
Mais aussi :
http://www.prevensectes.com/anthrop1.htm