Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
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La collection « L’Histoire comme un roman » des éditions Larousse présente des épisodes ou des personnages historiques célèbres sous la plume de spécialistes qui font partager leur passion à un public moins averti mais d’autant plus curieux. C’est à Claude Mossé qu’il a été confié de raconter les dernières années de l’empire athénien, à la fin du Vème siècle avant notre ère, autour d’un personnage emblématique, Alcibiade l’Athénien.
Le livre s’ouvre « comme un roman », en effet. Claude Mossé improvise une petite saynète qui se passerait un beau matin du printemps de 415 avant notre ère, dans les boutiques de l’agora d’Athènes, où l’on échange bien des ragots avant de se rendre à l’assemblée. Les statues du dieu Hermès ont été saccagées, alors qu’on est en guerre contre les Spartiates. Les dieux vont se venger, c’est sûr, des événements exceptionnels sont sur le point de se produire et on soupçonne un certain Alcibiade d’être derrière tout cela. Le ton est donné, le suspense est lancé, le rideau peut se lever.
Un roman, ou plutôt un drame en trois actes
Pour « dramatiser » son récit, Claude Mossé l’a construit en trois actes. Le premier dresse le décor : un jeune aristocrate ambitieux, Alcibiade ; une cité riche et puissante, Athènes, en guerre contre sa vieille ennemie, Sparte, sur fond de rivalité impérialiste et d’intérêts financiers ; une trêve sur le point d’être rompue quand une obscure affaire de sacrilège ébranle la confiance des Athéniens, précipite de son piédestal notre jeune héros et l’envoie en exil.
Après le sacrilège, le deuxième acte est celui de la trahison. Condamné par contumace, Alcibiade se réfugie finalement à Sparte, l’ennemie héréditaire de sa patrie Athènes. Le champion de l’impérialisme athénien en devient le pourfendeur le plus avisé. Les conseils qu’il donne aux Spartiates entraînent Athènes vers une chute inexorable. Conviction profonde ? Opportunisme ? Vengeance personnelle ? A la fin du deuxième acte, le destin de la Grèce est entre les mains d’Alcibiade.
Vient alors l’ultime rebondissement qui ouvre le troisième acte. Après avoir contribué à dresser les Athéniens les uns contre les autres dans une guerre civile sanglante, Alcibiade, le fier aristocrate, choisit de soutenir le parti de la démocratie. C’est sa seule chance de rentrer à Athènes et d’y jouer à nouveau un rôle politique. Mais ce retour tant attendu est de courte durée. Notre héros déchu doit fuir jusqu’en Asie le couroux des Athéniens, des Spartiates, des Perses et des dieux. En vain. Le rideau tombe sur un corps criblé de flèches, éclairé par les rougeoiements funestes d’une cité à feu et à sang.
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