On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Qui connaît aujourd’hui Louise Moillon ? C’est tout le mérite de ce bel ouvrage des éditions Faton qui fait sortir de l’oubli une artiste du XVIIe siècle, spécialisée dans la réalisation de natures mortes. L’auteur, Dominique Alsina, est un historien d’art et un expert. Il livre ici un impressionnant catalogue, fruit de vingt années de recherches.
Essai de biographie
La première partie du livre présente l’artiste. Louise Moillon est née vraisemblablement en 1609 ou en 1610 . Son père, Nicolas, né à Rocroi vers 1580, peintre, s’est établi au début du XVIIe siècle à Paris, dans l’enclos de la foire de Saint-Germain-des-Prés . Des œuvres de ce dernier, décédé en 1619, on connaît peu de choses. On sait cependant qu’il pratiquait surtout la peinture religieuse. En tout cas, Louise Moillon est issue d’un milieu qui a conquis une "aisance bourgeoise" et qui bénéficie de multiples réseaux dans la capitale . Le beau-père de Louise, François Garnier (v.1600-1658), est également peintre de natures mortes. Son frère cadet, Isaac (1614-1673), reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663, est l’auteur de plusieurs œuvres religieuses et profanes, par exemple des toiles conservées à l’Hôtel-Dieu de Beaune. C’est en 1640 que Louise Moillon, alors âgée de 30 ans , épouse Étienne Girardot, marchand de bois et bailleur d’immeubles. Dominique Alsina fournit ici une solide étude du contexte socio-culturel dans lequel évolue Louise Moillon. Il s’appuie notamment sur une série de documents conservés aux Archives nationales, notamment au minutier central. Les inventaires après-décès de Nicolas Moillon (1620) et d’Étienne Girardot (1680) ainsi que le testament de Louise Moillon (1686) sont d’ailleurs publiés en annexe . La religion de l’artiste, de confession protestante avant d’être forcée à l’abjuration après la révocation de l’édit de Nantes (octobre 1685), est également mise en avant. De ce point de vue, l’auteur aurait eu intérêt à consulter et à exploiter les travaux menés par les étudiants de Jean-Pierre Poussou et de Michelle Magdelaine, recherches déposées à la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français, à Paris .
3 commentaires
alain paire
Bonjour et merci de nous redonner du désir pour les tableaux de cette artiste qu'on voit au Louvre et aux Augustins de Toulouse, ou bien sur ce lien que je viens d'apercevoir
http://lesmenines.mabulle.com/index.php/2007/10/22/94466-les-natures-mortes-de-louise-moillon
cordialement, A.P
La Rédaction
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Bien à vous,
La rédaction
louise
Je vous remercie de bien vouloir faire le nécessaire.
Dominique Alsina (l'auteur du livre)