ACCÈS
BIBLIOTHÈQUE
CLIQUEZ ICI
Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Fred Pearce, journaliste scientifique britannique, est connu pour ses nombreux ouvrages sur l’environnement, comme l’excellent Point de rupture, lauréat du Prix de l’Alliance pour la Planète en 2008, qui portait sur le climat, ou plus récemment When the Rivers Run Dry. Pearce collabore à The New Scientist. Dans le monde de l’écologie scientifique et militante, c’est une référence.
Confessions of an Eco-Sinner, est un livre sur l’empreinte écologique écrit à la première personne, un voyage dans la « chaîne de valeur », la supply chain et le cycle de vie du produit. L’ouvrage s’attache néanmoins à décrire les êtres humains qui peuplent ce cycle, interviewés et décrits en portrait. La démonstration est du reste scandée par quelques portraits significatifs : une grand-mère sud-africaine qui élève ses petis enfants orphelins du SIDA, une responsable associative de Rosinha, célèbre favela brésilienne...
L’auteur se donne pour objectif de remonter la filière de production des produits qu’il consomme jusqu’à leur lieu de production, puis jusqu’au lieu d’extraction des matières premières. Fred Pearce applique cette démarche à tous les objets de la consommation courante : fruits et légumes, viande, poisson, crevettes, vêtements, téléphone portable de son fils -probablement fabriqué avec des métaux trafiqués en Afrique centrale au profit de chefs de guerre… Il s’intéresse à la production, à la vente, à la distribution, aux canaux de distribution, aux canaux d’élimination. Il collecte les informations sur ces processus aussi loin qu’il le peut, en mêlant chiffres, données et défis scientifiques, et en les rapportant à des personnes aux quatre coins du monde, toutes inter-dépendantes. C’est ainsi qu’il se demande qui a fabriqué le téléphone portable de son fils en Chine, de quelle manière les composants électroniques sont « recyclés » par des enfants exposés à l’acide à Mandoli, dans la banlieue de New Delhi, en Inde. Il se rend dans ce pays pour rencontrer les producteurs du coton équitable qu’il s’achète en bon écolo anglais. Le tout forme un constat abrupt mais nuancé.
Le livre compte plusieurs dimensions. Ouvrage de journalisme d’enquête comme la France en connaît trop peu, il n’hésite pas à mettre en cause les responsables de certaines entreprises et industries au Nord comme au Sud, sans avoir pour autant d’attitude univoque ou simpliste à leur égard : les industriels de la crevette, qui détruisent la mangrove du Bangladesh et la vie de ses habitants, les entreprises textiles, qui ignorent la réalité des usines de Daka. Il fait même l’examen critique du commerce équitable, en observant que lorsque celui-ci ne fait que s’éloigner du prix du marché sans tenir compte des nécessités des producteurs, il n’est pas équitable, mais simplement moins mauvais.
Nouvelle géographie du monde des choses et des hommes, le livre humanise les produits et révèle les injustices, ainsi que les destructions nécessaires à nos produits quotidiens. Nous apprenons ainsi le destin tragique du peuple Selkup de Sibérie et les ravages infligés par l’industrie pétrolière russe à la région. Le quantité de minerai (« sac à dos » ) nécessaire à la fabrication de l’alliance de l’auteur ? Deux tonnes.
2 commentaires
TT80
benoit equisol
merci pour cet article qui donne envie de découvrir cette enquête. Pour poursuivre ce type de réflexion rendez vous au salon européen de commerce équitable à la Halle Tony Garnier de Lyon du 2 au 4 octobre prochains. L'occasion de rencontrer des professionnels du secteur, des producteurs, des importateurs, des organisations de certifications, etc. et de faire le point sur les avancées des organisations de commerce équitable.
Plus d'infos sur http://www.salon-europeen-commerce-equitable.org/
Au plaisir de vous rencontrer au salon.
Benoît HOUSSIER / Equi'Sol