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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Poulo Condor importé en France
[mercredi 22 juillet 2009 - 09:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939-1962)
Pierre Daum
Éditeur : Solin
277 pages / € sur
Résumé : L’histoire oubliée des 20 000 travailleurs indochinois "immigrés de force" entre 1939 et 1952.
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La mémoire de la participation de l’Empire français aux conflits du XXe siècle se limite souvent à rappeler les combats des tirailleurs, des spahis ou des goumiers. Cette contribution ne se résume pourtant pas à l’envoi de soldats au front : au cours de la Première Guerre mondiale déjà, 200 000 travailleurs coloniaux dont 50 000 Indochinois s’affairaient dans les usines françaises. Dans l’entre-deux-guerres, le recrutement de la main-d’œuvre « indigène » est organisé par une loi qui autorise le recours à la contrainte, par la réquisition de travailleurs. En 1939, le Gouvernement décide l’acheminement de 90 000 ouvriers indochinois sur le territoire métropolitain. Le déroulement de la campagne de France interrompt les transferts en provenance d’Extrême-Orient. A l’armistice, on recense pourtant 20 000 Indochinois sur le territoire métropolitain. Ces hommes ont été recrutés par la IIIe République mais c’est le gouvernement de Vichy qui les utilise, faute de pouvoir les rapatrier. Fondé essentiellement sur des entretiens réalisés avec les acteurs, l’ouvrage de Pierre Daum met en lumière un versant méconnu de l’histoire coloniale française à travers le destin de ces travailleurs « immigrés de force ».

Un aller sans retour

Parmi les 20 000 « Ouvriers Non Spécialisés » (ONS) bloqués en territoire français en 1940, deux catégories sont à distinguer : les victimes des réquisitions forcées, des paysans illettrés, qui forment l’écrasante majorité des travailleurs (96%) et le personnel d’encadrement, possédant un certain niveau d’études et maîtrisant donc le français, qui s’est quant à lui porté volontaire. L’origine géographique de la main d’œuvre est riche d’enseignement sur la politique indochinoise de la France. Aucun travailleur ne vient du Laos et du Cambodge, alors que les trois provinces, les fameux « trois Ky » qui devaient former le Vietnam sont largement, mais inégalement, mises à contribution. La seule colonie de l’Union indochinoise, la Cochinchine, est épargnée par les réquisitions, ce qui n’est pas le cas de l’Annam, le protectorat pauvre et rural.

Après un voyage dans des conditions éprouvantes, au fond des cales des navires de transport, les Ouvriers non spécialisés (ONS) débarquent à la prison des Baumettes de Marseille, avant de rejoindre les poudreries réparties sur l’ensemble du territoire. La première vision de la France qu’ont ces paysans est ambivalente. Certains, émerveillés par la ville qu’ils découvrent, y voient la preuve de la puissance française et la raison de sa domination sur l’Indochine. D’autres, choqués par la pauvreté de nombreux métropolitains, chose impensable aux yeux d’un « indigène », perdent leurs illusions sur la vitalité du colonisateur.

Titre du livre : Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939-1962)
Auteur : Pierre Daum
Éditeur : Solin
Collection : Archives du colonialisme
Date de publication : 18/05/09
N° ISBN : 2742782222
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6 commentaires

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XXX

17/08/09 11:23
Daum a plagié luguern
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thang

12/08/09 21:06
Cher Monsieur,

deux choses : tout d'abord une rectification. La base de débarquement des travailleurs indochinois lors de leur retour au Viet Nam était au Cap St Jacques et non au Cap Manuel dont j'ignore d'ailleurs la position.

Second point : le titre choisit ma paraît très éxagéré et limite "racoleur".
Fort heureusement la suite de votre article est plus mesurée, demeurant ainsi plus proche des réalités partagées, pour de nombreuses d'entre elles, par toute la population française, état de guerre oblige.

Bien cordialement.

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François Delpla

09/08/09 16:02
Raymond Aubrac est-il cité et a-t-il été rencontré par Pierre Daum ? Il raconte en effet, en particulier dans ses mémoires, qu'en tant que commissaire de la République à Marseille en 1944 il s'est occupé de fermer un camp et que c'est là l'origine de ses rapports personnels avec Ho Chi-minh.
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Thomas Vaisset

24/07/09 18:36
Merci des remarques.
Le titre de l’article a été corrigé, il s’agissait d’une faute de frappe de ma part.
Une modification a également été apportée à la phrase jugée peu claire.
J’en profite pour revenir sur le statut juridique de l’Union indochinoise qui a suscité un autre commentaire. Fondée en 1887, cette construction artificielle de l’administration française amalgame des territoires aux statuts très différents. Pour rester bref :
- La Cochinchine est une colonie réservée, elle est donc, juridiquement parlant, territoire français et est dirigée par un gouverneur.
- Le Cambodge et l’Annam ont un statut de protectorat : le pouvoir est fondé sur les traités signés entre les souverains de l’époque et la France. Dans les faits, le pouvoir français dépasse très largement les conventions signées. La France est représentée par un résident-supérieur (ou commissaire de la République après 1945 pour le Cambodge).
- Le Laos connaît un double régime : le royaume de Luang Prabang est sous le régime du protectorat alors que tout le reste du territoire est placé sous administration directe.
- Au Tonkin, le protectorat est encore différent. Hanoï et Haïphong appartiennent au territoire français alors que le reste du territoire est confié à un résident qui a reçu de la part du souverain d’Annam une délégation permanente sur la région. Le résident est donc à la fois le représentant de l’empereur et de la République).
L’Union indochinoise est coiffée par un gouverneur général dépendant du ministère des colonies (à partir de septembre 1945, le gouverneur général est remplacé par un haut-commissaire de France qui dépend directement de la présidence du GPRF puis du président du Conseil).
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OMO lave plus blanc

24/07/09 14:28
Pourriez-vous préciser dans votre résumé introductif que, "bien naturellement, le Cambodge et le Laos ne sont pas concernés car, contrairement au Vietnam qui est un pays à part entière de l'Empire colonial - et donc terre de colonisation -, ces deux derniers royaumes sont des protectorats jouissant d'une relative indépendance... pour ce qui est de la colonisation classique".

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