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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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''Vive le son de l'explosion !''
[samedi 11 juillet 2009 - 10:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Dynamite Club. L'invention du terrorisme à Paris
John Merriman
Éditeur : Tallandier
255 pages
Résumé : Une enquête passionnante dans l’Europe de « l’ère des attentats ».
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On a souvent la mémoire courte, et l’image des deux avions s’écrasant le 11 septembre 2001 sur les deux tours du World Trade Center effacent, oblitèrent le passé par leur puissance. A l’heure d’Al Qaida et des procès en sorcellerie contre Julien Coupat, on oublie que le terrorisme n’a pas attendu « l’axe du mal » pour exister, et que cette forme de violence politique est riche d’au moins un siècle et demi d’histoire.

John Merriman nous livre l’acte II de cette longue pièce de théâtre. Si le lever de rideau du terrorisme contemporain s’est d’abord fait en Russie, autour du groupe Narodnaya Volya (« La Volonté du Peuple ») qui après de multiples tentatives parvient à assassiner le tsar Alexandre II en 1881, le récit que nous donne l’historien de Yale concerne, quant à lui, « l’ère des attentats » qui frappent la France entre 1892 et 1894 et toute l’Europe fin de siècle.

Or cette période de bouillonnement est riche de nouveautés, dont l’une, fondamentale, donne à l’auteur son titre : « l’invention du terrorisme à Paris »  . Pourquoi une « invention » ? Parce que le 12 février 1894, Émile Henry, acteur principal de l’ouvrage, pose une bombe au Café Terminus à Paris et tue des innocents. Narodnaya Volya, Vera Zassoulitch, et même Netchaïev avec son Catéchisme révolutionnaire, n’avaient jamais visé que l’État et ses représentants, la tyrannie du Tsar. Ce qu’invente le petit-bourgeois Henry, contrairement aux autres anarchistes de l’époque, c’est l’attentat aveugle.
   
Dans la dèche à Paris et à Londres

Le livre a deux ambitions : celui d’écrire une « histoire de l’Europe à la fin du XIXe siècle » et « avant tout, (…) l’histoire d’un terrorisme d’un genre nouveau. »  . La première est une réussite totale : le disciple de l’histoire sociale anglo-saxonne et de Charles Tilly nous livre des fresques intelligentes, précises, colorées de Paris et Londres, et surtout une description des milieux anarchistes et socialistes qui permet de comprendre les logiques de radicalisation de l’action politique. On y découvre les hauts lieux de l’anarchisme parisien (Ménilmontant, Belleville, Montmartre…), l’ambiance des cafés et des bistrots, les chansons, l’argot : habitué de l’histoire urbaine du XIXe siècle – auteur d’un ouvrage sur le Limoges populaire –, Merriman, grâce à un style léger, nous fait revivre le Paris gouailleur et populaire de la IIIe République. Quand Émile Henry s’exile à Londres, après son premier attentat contre un commissariat, l’auteur dépeint le milieu de l’émigration anarchiste britannique dans toutes ses nuances.

Titre du livre : Dynamite Club. L'invention du terrorisme à Paris
Auteur : John Merriman
Éditeur : Tallandier
Titre original : The Dynamite Club. How a Bombing in Fin-de-Siècle Paris Ignitied the Age of Modern Terror
Nom du traducteur : Emmanuel Lyasse
Date de publication : 25/06/09
N° ISBN : 978-284734-568-1
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