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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

La Forge
Une ressource et un arsenal mis au service de la gauche
L'écologie est-elle soluble dans la démocratie?
[samedi 04 juillet 2009 - 14:00]
Environnement et développement durable
Couverture ouvrage
La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques
Nicolas de Longeaux
Éditeur : L'Harmattan
301 pages / 29 € sur
Résumé : Un livre de philosophie politique exceptionnellement riche, dont les conclusions ne semblent toutefois pas réellement démonstratives.  
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Hans Jonas a longtemps été conspué pour avoir osé douter de la capacité de la démocratie, dans son fonctionnement actuel, à prendre en charge les enjeux écologiques. Selon lui, le changement radical de mode de vie et de consommation, ainsi que le contrôle drastique de l’innovation scientifique, ne pouvaient être réalisés que s’ils étaient imposés d’en haut par "une tyrannie bienveillante, bien informée et animée par la juste compréhension des choses"  . "Seule une élite", poursuivait-il, "peut éthiquement et intellectuellement assumer la responsabilité pour l’avenir", en sorte que, à tout prendre, le centralisme socialiste lui semblait encore préférable au complexe "capitaliste-démocratique-libéral"  .

Le risque d’établir par là une sorte d’expertocratie a été largement dénoncé, mais l’on s’est sans doute mépris sur le statut exact de cette proposition par laquelle Hans Jonas ne visait assurément pas à exprimer un idéal politique personnel, mais bien plutôt à avancer un diagnostic sur le fonctionnement des démocraties libérales et sur leur incapacité structurelle à répondre efficacement aux problèmes environnementaux. Dans quelle mesure le système politique moderne est-il capable de comprendre et de traiter les questions écologiques qui se posent à la société ? Tel était le sens de l’interrogation de Hans Jonas.

C’est cette interrogation essentielle que reprend à son compte Nicolas de Longeaux dans ce livre de philosophie politique important et, à de nombreux égards, tout à fait exceptionnel, sans restreindre son champ de réflexion à la seule philosophie environnementale de Jonas, mais en s’efforçant au contraire de prendre en considération presque toutes les philosophies politiques contemporaines susceptibles d’apporter un éclairage sur les questions écologiques, du saint-simonisme à John Rawls, en passant par Karl Marx, Max Weber, Hannah Arendt, André Gorz, Ivan Illich, Jean-Pierre Dupuy, quelques penseurs clés de l’éthique environnementale, Michael Walzer, Felix Guattari, Cornélius Castoriadis, Etienne Tassin et surtout Jürgen Habermas, qui joue dans cette étude un rôle absolument central.      

Objectifs de l’enquête et thèses principales

L’entreprise de Nicolas de Longeaux poursuit deux objectifs principaux. Elle se présente tout d’abord comme une enquête portant sur les conditions théoriques générales de fonctionnement des institutions politiques actuelles, et sur les contraintes principielles qui déterminent les marges d’action des démocraties modernes confrontées aux phénomènes de crise environnementale. 

La thèse qu’il défend à ce niveau est que le système politique contemporain est inadapté à la résolution des questions écologiques, et qu’il est condamné à les aborder avec des ressources et des structures qui ont été mises en place pour répondre à des problèmes politiques totalement différents.

L’enquête se poursuit alors en direction de la réflexion politique contemporaine, en cherchant successivement dans la pensée écologiste (en entendant par là les élaborations théoriques des penseurs de l’écologie sociale, de l’éthique environnementale, de la deep ecology et de Hans Jonas lui-même), puis dans la philosophie politique actuelle (de Marx à Rawls), des concepts qui pourraient permettre d’interpréter les insuffisances de nos institutions en indiquant par là même de quelle(s) façon(s) il conviendrait de les adapter aux questions écologiques.

Titre du livre : La nature et la norme. La philosophie politique contemporaine face aux questions écologiques
Auteur : Nicolas de Longeaux
Éditeur : L'Harmattan
Date de publication : 04/06/09
N° ISBN : 978-2-26-08081-2
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4 commentaires

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Leridan

16/07/09 00:43
Une réforme politique qui ne peut être imposée que par la force et la propagande, ça ne vous rappelle rien?
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Afeissa Hicham-Stéphane

05/07/09 15:53
La tâche du chroniqueur implique, me semble-t-il, une évaluation du livre qu'il s'efforce de présenter, dans la mesure où le travail de compréhension en dépend essentiellement. Et cette évaluation elle-même ne peut pas prendre une forme fondamentalement différente de celle qu'elle revêt lorsqu'on évalue une copie, un article, etc. - seul le niveau d'exigence change. Quant à dire que je n'avance pas de raisons pour motiver ma critique, je ne peux mieux faire que d'inviter à relire la troisième page.
Le ton - fait remarquer Bardamu - est étrangement contrasté. Mais c'est que le livre l'est tout autant! J'ai songé en le lisant (comparaison flatteuse) à l'excellent "Anti-Oedipe" de Deleuze-Guattari où Lacan est étrangement écarté de la confrontation directe avec la psychanalyse, et où l'on cite plus volontiers Mélanie Klein que Freud - on a le sentiment que le livre passe un peu à côté de son sujet, ou encore qu'il réalise autre chose que ce qu'il annonce. C'est ce que j'ai voulu dire ici : soustraire à la discussion le pragmatisme environnemental affaiblit terriblement la valeur de la démonstration.
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Bardamu

05/07/09 15:11
étrange compte rendu : d'abord élogieux, avant de se complaire dans le blâme. Car votre ton passe encore dans une correction de devoir de terminale où le professeur pointe les défauts de connaissance, les mécompréhensions par rapport à ce qui a été dispensé en cours. En effet, qualifier négativement est valable du point de vue de l'autorité. Dans l'ordre du savoir (celui de ce site ?), le blâme doit venir en conclusion de la démonstration des faiblesses. Bref, il faut montrer en quoi ce livre est insuffisant plutôt que se complaire à annoncer qu'il l'est - car l'on apprend seulement en vous lisant que vous avez été fort déçu : ceci est tout à fait subsidiaire (on s'en serait bien passé).
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Tolk

05/07/09 12:33
D'autres travaux ont aussi fait récemment la passerelle entre réflexions théoriques sur les liens entre développement durable et démocratie, et investigations empiriques, ce qui permet de mieux voir les tensions et torsions au concret. Voir par exemple en France : http://vertigo.revues.org/index4996.html

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