Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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No future pour les humains
[vendredi 03 juillet 2009 - 10:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Demain les posthumains
Jean-Michel Besnier
Éditeur : Hachette Littératures
208 pages / 17,10 € sur
Résumé : Dans un essai fictionnel, mais assez confus, J.-M. Besnier se propose d’anticiper un futur où l’homme laissera sa place à ses réalisations non humaines.
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Jean-Michel Besnier écarte l’objection d’un trait : "L’homme va mourir et ce ne sera pas si tragique que cela. Dans ce contexte, l’utopie reprend ses droits […]. Devenant posthumaine, elle ne menace plus de verser dans quelque totalitarisme car ses acteurs seront d’emblée exempts de l’humanité et de ses faiblesses." . Que faut-il comprendre à cela ? Précisément ce que toutes les utopies passées ont déjà déclaré : qu’il fallait supprimer les hommes pour en finir avec leurs imperfections, qu’il ne fallait pas craindre de franchir le pas au nom de l’avenir meilleur promis par l’utopie, etc.

Il reste les valeurs dont l’utopie est le vecteur. "Le posthumanisme [est] porteur de valeurs pour l’action. Ce qui lui fait défaut, c’est seulement le sujet de cette action qui ne peut survivre tel quel au chaos dont les utopies attendent le radicalement nouveau."  Que signifie cette action sans sujet ? Si le radicalement nouveau supprime le sujet, comment peut-il en même temps porter les valeurs pour l’action de ce sujet ? En supprimant le sujet de l’action, il en réduit à néant les valeurs, donc il n’est pas porteur de valeurs.

La tentation de faire disparaître l’humanité, donc les hommes, est présente tout au long du livre. Elle apparaît notamment dans la détestation de la naissance à laquelle Jean-Michel Besnier revient régulièrement. Ce point particulier aurait mérité une explication, tant il heurte la conscience commune car les hommes ont toujours célébré la venue au monde comme le plus précieux moment de la vie.

Curieusement, cette volonté d’en finir avec les hommes n’est jamais critiquée ni dans son principe ni dans ses conséquences. Jean-Michel Besnier a beau jeu de clore son essai en stigmatisant "les folies du monde réel"  ; il semble plutôt que le monde réel lui paraît fou parce que, ses utopies s’étant détachées de la réalité, elles déraisonnent, tout simplement.

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