Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Faire du journalisme à vélo, voilà une idée originale. Celle-ci avait été déjà expérimentée en France par l’auteur de l’ouvrage, Raphaël Krafft. En effet, à l’occasion de l’élection présidentielle française en 2007, ce journaliste indépendant avait entrepris un circuit à vélo du pays, interrogeant ici et là les Français rencontrés au hasard pour la radio, mais également pour la compilation de son premier ouvrage, Un petit tour chez les Français . L’expérience fut déroutante : des électeurs divisés, fâchés ou séduits par la politique, des choix de vote hésitant entre les extrêmes, une adhésion générale pour les idées conservatrices et un traumatisme persistant à travers les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale…
Réalisant des reportages et des documentaires pour les radios publiques francophones, Raphaël Krafft a aussi travaillé pour des radios anglo-saxonnes, voyageant dans les Balkans en Afrique et dans les Amériques. C’est donc un an après son tour de France qu’il a réitéré l’expérience du tour à vélo mais au Proche-Orient, cela dans le cadre de son émission "Roue libre" sur France Inter, diffusée durant l’été 2008.
Le récit de son carnet de voyage débute dans un café parisien, à l’occasion d’un entretien avec un jeune homme palestinien qu’il avait rencontré lors d’un précédent voyage . L’auteur ne le cache pas : ayant déjà parcouru la Terre Sainte en 2001 et 2002, Raphaël Krafft connaît déjà ces populations qu’il va retrouver ; ayant même vécu un temps là-bas avec une Palestinienne , son attache affective se retrouve confrontée à la réalité des divisions politico-religieuses du Proche-Orient, réalité qui peut mettre au défi l’objectivité qu’incombe son métier de journaliste.
Des sociétés fermées
C’est la première impression générale qui se dégage de l’ouvrage. De l’Egypte à la Syrie, en passant par le royaume de Jordanie, le journaliste à vélo traverses des sociétés fermées, reflet des régimes autoritaires des Etats arabes de la région. À travers les rencontres dûes au hasard ou aux recommandations, le lecteur découvre l’enfermement des habitants de la rue arabe, contraints de parler de tout sauf de politique ou presque. Les langues se délient parfois, mais le journaliste sait comment ses interlocuteurs le perçoivent, lui le Français, l’Occidental : il est tantôt perçu comme un porte-parole des revendications du citoyen arabe aspirant à plus de liberté, cela auprès des gouvernements occidentaux ; tantôt l’ami étranger qui pourrait aider certains à gagner un visa pour partir vers pays où ils pourraient gagner décemment leur vie.
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