On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
"Les Révolutionnaires de 1989 avaient espéré quelque chose de mieux". Tel est le constat que dresse Václav Havel dans une interview accordée à l'agence de presse américaine Bloomberg, spécialisée dans les informations économiques financières .
Écrivain, auteur de nombreuses pièces de théâtre, dissident, porte-parole de la Charte 77, pétition qui réclamait l'application des accords d'Helsinki, et président de la Tchécoslovaquie (de 1989 à 1992) puis de la République tchèque (de 1993 à 2003), Václav Havel est retiré de la vie politique tchèque mais demeure une figure reconnue et joue toujours, par ses interventions régulières sur des questions de politiques intérieure et internationale, un rôle de force morale. Dans la même interview, il critique ainsi le président iranien décrit comme "possédé", rappelle l'importance des droits de l'Homme et appelle à ne pas céder face aux efforts de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev pour accroître l'influence en Europe centrale et orientale de la Russie qu'il qualifie de régime "semi-autoritaire".
Expliquant que Václav Havel préférerait se consacrer à l'écriture de ses pièces plutôt que d'entrer dans l'arène politique mais qu'il est obligé de s'exprimer en raison de "déséquilibres politiques et économiques", Bloomberg livre les déceptions de Václav Havel, déceptions qui "pouvaient à un certain degré avoir été prévues, mais [qui] se sont avérées pires que ce à quoi chacun s'attendait".
Vingt ans après la Révolution de Velours, qui mit fin au régime communiste de manière pacifique, et dont Václav Havel fut une des figures principales au point de la symboliser, Bloomberg rappelle que la situation de la République tchèque est plutôt bonne, notamment sa croissance économique. Cependant, il reste beaucoup à faire pour Havel, qui explique : "Quand vous avez une belle table ou un meuble, ils peuvent être réduits en miettes en moins de trente secondes, mais cela prend des semaines, des mois, pour la reconstituer". L'actuelle République tchèque ne satisfait pas Václav Havel : "après la Révolution, nous nous sommes battus pour un système politique différent de celui avec lequel on en avait fini".
Une critique virulente de la politique tchèque, opportuniste et corrompue
Quels sont ces "déséquilibres" qui forcent Havel à intervenir ? L'ancien président vise la politique tchèque et les hommes politiques qui "ne voient pas plus loin que le prochain sondage d'opinion".
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