La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
L'amateur d'art, à la fois social et culturel
[mardi 30 juin 2009 - 05:00]
Histoire de l’art
Couverture ouvrage
Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle
Éditeur : Champ Vallon
387 pages / 29 € sur
Résumé : Cet ouvrage dévoile l'importance des réseaux sociaux dans le monde de l'art et focalise pour cela son attention sur le rôle de l'amateur d'art.
Page  1  2  3 

Une fois encore il faut saluer le remarquable travail des éditions Champ Vallon et de sa collection "Epoques" qui nous donnent à lire depuis une quinzaine d’années le meilleur de la recherche française en histoire moderne, de la Renaissance aux Lumières. Avec le livre de Charlotte Guichard, issu d’une thèse de doctorat, elles participent au renouveau de l’histoire de l’art. Malgré un titre modeste, presque banal, cet ouvrage ambitionne de redessiner les frontières classiques du monde de l’art au siècle des Lumières. Fidèle à une approche qui vise à restituer la densité sociale et culturelle des pratiques et de la figure des amateurs, l’auteure bouscule une histoire institutionnelle de l’Académie des Beaux Arts ou des collections qui avait tendance paresseusement à amalgamer tous les registres : la curiosité avec l’amateur, l’amateur avec le connaisseur, le connaisseur avec le collectionneur.

Or sur un peu plus d’un siècle se déroule un travail de différenciation et de distinction qui va faire toute sa place à cette culture de l’amateur. Mentionné pour la première fois en 1694 dans le dictionnaire de l’Académie française et désignant "ce qui aime", le terme s’autonomise en 1751 dans l’Encyclopédie pour s’attacher aux beaux arts. Le livre s’articule autour de trois espaces où se déploient les activités de l’amateur.

Trois espaces relationnels

L’auteure en premier lieu entreprend une analyse fine des processus d’émergence et de légitimation de cette nouvelle figure institutionnelle de l’amateur. L’amateur est en effet reconnu depuis la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663, par un statut (celui des honoraires amateurs). Or, ce statut est profondément modifié et réévalué en 1747 par la création de la classe des associés libres, composée des amateurs et associés libres. S’ils n’ont aucun pouvoir délibératif, ces amateurs sont présents aux séances et se définissent par "leur relation d’admiration, de protection et d’amitié à l’égard de l’art et des artistes" . Cette période correspond à celle de la relance de l’Académie, et à celle de la promotion de la figure de l’amateur par le Comte de Caylus qui livre dans une conférence de 1748 sa définition du statut qu’il oppose au curieux hors de l’Académie. Dans le prolongement des réflexions sur le goût qui abondent au XVIIIe siècle, Caylus insiste sur les relations de sociabilité que les artistes entretiennent avec les artistes. Ce discours vise à redonner "une centralité à l’Académie royale dans l’espace du jugement artistique" (29). L’affirmation du modèle de l’amateur d’art entraîne ainsi une modification dans le recrutement : les gens du bâtiment du roi, du monde de la finance cèdent la place au pouvoir politique qu’incarne le marquis de Voyer d’Argenson, élu à l’Académie en 1749 ou encore le baron de Breteuil en 1787. Comme l’écrit Charlotte Guichard, "les élections, souvent négociées, des honoraires s’emploient à maintenir cet équilibre entre distinction sociale et affirmation du goût".

L’assiduité souligne la force de cette mutation sociologique dans le recrutement des honoraires : désormais la présence aux séances signifie moins l’appartenance à l’administration des Bâtiments du roi, qu’une "nouvelle visibilité publique et mondaine" (41). Deux leviers vont contribuer définitivement à installer cette légitimité du statut : le renouveau des conférences qui couronne une "intellectualisation des arts visuels" par la création d’un corps de doctrines ; le rôle des amateurs dans les salons à partir de 1747 qui les alimentent en tableaux et participent à leur reconnaissance publique par le biais de livrets. En affirmant la prééminence du goût sur la logique administrative, l’Académie s’appuie sur les amateurs pour mener à bien cette réforme contre la corporation. Il s’agit de s’affirmer comme la seule représentante de la communauté artistique au détriment de la corporation qui incarne une communauté d’artisans.

Stéphane VAN DAMME
Page  1  2  3 
Titre du livre : Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle
Auteur : Charlotte Guichard
Éditeur : Champ Vallon
Collection : Epoques
Date de publication : 23/10/08
N° ISBN : 2876734923
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

1 commentaire

Avatar

km

26/12/09 14:59
Voici l'adresse internet d'un vrai artiste,que je vous invite à découvrir :

www.thomannejeanartiste.com

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici