On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Les auteurs de ce Que sais-je ? sont Bernard Golse et Luis Alvarez. Le premier est pédopsychiatre et psychanalyste, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Necker enfants-malades, Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Paris 5, le second est chef de clinique-assistant à l’hôpital Necker enfants-malades dans l’équipe du Professeur Golse et il enseigne également à l’Université de Paris 5.
Un point sur les idées reçues.
Dans le premier chapitre, les auteurs commencent par préciser plusieurs points fondamentaux :
- Il n’y a pas de causalité linéaire entre les difficultés d’un enfant et la constatation d’un dysfonctionnement familial ou psychique des parents. Les difficultés d’un enfant ne sont pas directement et exclusivement issues des parents.
- Le clinicien ne doit pas faire trop rapidement de l’enfant le symptôme des parents.
- Pratiquer l’adultomorphisme réduit "le mystère et l’étrangeté de la psyché du bébé".
- Quand un bébé psychosomatise, il s’agit moins d’une symbolisation du bébé par son corps que de la précipitation des contenus symboliques des scénarios fantasmatiques des parents sur leur bébé.
- Le travail clinique avec le bébé s’appuie sur son observation, le récit des parents et l’observation de leurs interactions en consultation. S'ajoute à cette phénoménologie, l'attention portée sur l’interaction parents-bébé qui fait appel à la vie fantasmatique des deux parents.
- Le bébé n’ayant pas encore la maîtrise du langage, le comportement de celui-ci est alors un indice et un révélateur de son fonctionnement psychique. Mais il ne faut pas prendre comme un signe ce qui n’est qu’indice. Cela évitera de penser, par exemple, qu’un retrait de l’interaction du bébé avec les parents est une demande d’autonomie de l’enfant, ou que la frustration du bébé est une manifestation hostile des parents à l’égard de leur enfant.
Les auteurs poursuivent en développant les cinq qualités de l’approche clinique du bébé : l’approche du bébé se fonde sur l’observation, elle est interactive, elle tient compte du contre-transfert, elle est situationnelle et historicisante.
Du nourrisson au bébé.
Le second chapitre présente les compétences du bébé qui, depuis des années déjà, a quitté le statut de nourrisson qui renvoyait au tube digestif qu’il fallait remplir, pour celui de bébé. Ce sont d’abord les compétences sensorielles du fœtus qui sont présentées :
- Le tact, canal sensitif majeur de la vie fœtale, est présent des la 7ème semaine de gestation.
- Le système vestibulaire est présent entre la 7ème et la 9ème semaine.
- Le goût est présent dès la 12ème semaine de gestation. A la naissance, le bébé reconnaît les quatre saveurs primaires.
- L’odorat apparaît autour de la 14ème semaine. A la naissance, le bébé est sensible à l’odeur du mamelon et du lait de sa mère, ce qui pourrait l’aider à s’orienter. L’odorat est important dans le développement des interactions parents-bébé.
- L’audition fonctionne pleinement vers la 24ème semaine de gestation avec pour la particularité que la voix de la mère est la seule que le bébé entend de l’extérieur, comme toutes les autres voix (père etc.), mais aussi de l’intérieur.
- La vision est fonctionnelle dès le 7ème mois de grossesse. Après la naissance, elle nécessite qu’on présente au bébé les objets à environ 30 centimètres de lui. Par ailleurs, 95% des bébés de quatre jours suivent des objets de couleur vive, et ils préfèrent les contours des objets que les objets eux-mêmes. Le "regard sortilège" arrive à partir de la 6ème semaine de vie du bébé.
Les compétences sensorielles ne sont pas les seules que le bébé a dès la naissance. Il a également des compétences motrices. Ainsi, quand le bébé de 10 à 30 jours est contenu par l’adulte, il peut suivre un objet (39%), voire le saisir (19%) par des gestes précis. Mais il a également des compétences sociales en respectant la synchronie et la rythmicité des échanges, et en accordant ses mouvements aux unités de base du discours de l’adulte. Ses compétences cognitives se traduisent par une mémoire motrice présente dès les premiers jours de sa naissance et on note qu’un bébé soumis à des apprentissages semble éprouver du plaisir. Surtout, il ne faut pas en conclure qu’il faut soumettre le bébé à des stimulations tout azimut !
Puis, B. Golse et L. Alvarez entrent dans une présentation détaillée des six états de vigilance du bébé, de sa variabilité individuelle et interindividuelle présentant l’irritabilité, la consolabilité et l’activité de succion, avant de parler des phénomènes d’habituation. Viennent ensuite l’homéostase et la constitution du pare-excitation avant de conclure ce chapitre par le travail psychique du bébé. En outre, ils précisent qu'un bébé qui devrait élever son seuil de perception du fait d'une trop importante stimulation (des parents ou autres), se protègera contre ces stimuli excessifs mais, cela le retirera également des échanges interactifs.
3 commentaires
zeghoudi fatima
zeghoudi
clairon
Ca fait peur...!!!!