On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
La recension ici présente est une recension nécessairement incomplète. "J’avais proposé à Maud Kristen, voyante, de prédire mon futur, afin d’aller à sa rencontre, de le prendre de vitesse." Le lundi 17 mai 2005, les cartes de la voyante Maud Kristen ont envoyé Sophie Calle (née à Paris en 1953), à Berck . Le 6 janvier 2006, Maud Kristen envoie Sophie Calle à Lourdes, "rencontrer la Vierge, mère pleine d’amour, pour renouer le fil de [son] histoire". Les deux premiers titres de la trilogie, qui sera complétée par un Où et quand ? – Nulle part –, dont la parution est prévue à l’automne 2009, reposent eux-mêmes sur un élément manquant, un timide "Quoi ?" émis par l’artiste, auquel le spectateur de l’exposition ou le lecteur des livres ajouteraient très volontiers : "Pourquoi ?".
Prendre le futur de vitesse
Les deux premiers titres reposent sur un faux départ , envisagent de fausses pistes , suggèrent d’improbables missions : "Maud s’empare d’une carte de France : Lourdes, Hautes-Pyrénées. Les cartes : Vous allez devoir marcher. Maud songe à m’y faire aller à pied." et proposent avant tout un parcours itératif et sentimental au sein duquel film vidéo (sur le DVD de "Mémé", personnage berckois), photographies, planches sur papier transparent et opaque, et textes enfin unissent leurs moyens pour outiller délicatement les deux voyages de Sophie Calle.
Les récits de Berck puis de Lourdes sont écrits au présent. Les deux livres s’associent autour de l’injonction future, rédigée au passé, lancée par la collaboratrice : "À la rentrée, on recommence." L’agenda des dates et des heures balise, comme dans L’hôtel ou d’autres livres de la plasticienne, une circulation de la photographie au texte, sans confusion pourtant avec le questionnement diffus qui anime son parcours, en s’inscrivant pour ainsi dire dans une autre temporalité : "Quelle faute dois-je expier ?" , "Comment avez-vous eu de la chance dans votre malheur ?" , "Vous parlez à votre ange gardien ?" . Les deux livres se lisent ainsi seul à seul tout autant qu’en regard.
7 commentaires
L'Absurde
Polémique mise à part, merci pour cet article clair et concis, qui donne envie de se plonger dans ces deux ouvrages.
Alvin
rédacteur M.D.
Alvin
Que vous ayez envie de jeter vos impressions de lecture sur le net sans chercher la précision ou la clarté, cela ne me dérange pas en soi, mais je ne vois pas très bien ce que cela vient faire sur ce site, qui nous a habitués à lire des recensions sérieuses et approfondies, qui se distinguent de ce qu'on peut lire le plus souvent dans la presse, notamment culturelle et artistique. Pour le dire franchement, je trouve malhonnête ou même assez lâche de justifier la complaisance avec laquelle vous semblez écrire des choses obscures par les bons sentiments qui vous animeraient.
rédacteur M.D.