Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Berck-Lourdes, aller et retour
[mercredi 17 juin 2009 - 20:00]
Histoire de l’art
Couverture ouvrage
Où et quand ? Lourdes
Sophie Calle
Éditeur : Actes Sud
125 pages / 30,40 € sur
Résumé : Sophie Calle expose, en deux livres sur trois, un cheminement de Berck à Lourdes, à la rencontre d’une autobiographie future, ancienne et fugitive.
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La recension ici présente est une recension nécessairement incomplète. "J’avais proposé à Maud Kristen, voyante, de prédire mon futur, afin d’aller à sa rencontre, de le prendre de vitesse." Le lundi 17 mai 2005, les cartes de la voyante Maud Kristen ont envoyé Sophie Calle (née à Paris en 1953), à Berck . Le 6 janvier 2006, Maud Kristen envoie Sophie Calle à Lourdes, "rencontrer la Vierge, mère pleine d’amour, pour renouer le fil de [son] histoire". Les deux premiers titres de la trilogie, qui sera complétée par un Où et quand ? – Nulle part –, dont la parution est prévue à l’automne 2009, reposent eux-mêmes sur un élément manquant, un timide "Quoi ?" émis par l’artiste, auquel le spectateur de l’exposition ou le lecteur des livres ajouteraient très volontiers : "Pourquoi ?".

Prendre le futur de vitesse

Les deux premiers titres reposent sur un faux départ , envisagent de fausses pistes , suggèrent d’improbables missions : "Maud s’empare d’une carte de France : Lourdes, Hautes-Pyrénées. Les cartes : Vous allez devoir marcher. Maud songe à m’y faire aller à pied."  et proposent avant tout un parcours itératif et sentimental au sein duquel film vidéo (sur le DVD de "Mémé", personnage berckois), photographies, planches sur papier transparent et opaque, et textes enfin unissent leurs moyens pour outiller délicatement les deux voyages de Sophie Calle.

Les récits de Berck puis de Lourdes sont écrits au présent. Les deux livres s’associent autour de l’injonction future, rédigée au passé, lancée par la collaboratrice : "À la rentrée, on recommence."  L’agenda des dates et des heures balise, comme dans L’hôtel  ou d’autres livres de la plasticienne, une circulation de la photographie au texte, sans confusion pourtant avec le questionnement diffus qui anime son parcours, en s’inscrivant pour ainsi dire dans une autre temporalité : "Quelle faute dois-je expier ?" , "Comment avez-vous eu de la chance dans votre malheur ?" , "Vous parlez à votre ange gardien ?" . Les deux livres se lisent ainsi seul à seul tout autant qu’en regard.

Titre du livre : Où et quand ? Lourdes
Auteur : Sophie Calle
Éditeur : Actes Sud
Date de publication : 01/06/09
N° ISBN : 2742782958
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7 commentaires

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L'Absurde

21/06/09 11:35
"Malhonnête", "lâche", "puéril"... Toutes griffes dehors, Alvin ! Il y a, je crois, une différence entre commentaire constructif et attaques personnelles et insultantes contre l'auteur de l'article. Je suis très surprise de trouver des commentaires d'une telle virulence sur ce site. "C'est assez puéril", pour vous citer.

Polémique mise à part, merci pour cet article clair et concis, qui donne envie de se plonger dans ces deux ouvrages.
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Alvin

20/06/09 06:44
Quelle belle façon de défendre et d'expliquer ce qu'on a écrit... Après les bons sentiments, le recours à l'autorité. Ce doit être cela le courage intellectuel...
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rédacteur M.D.

19/06/09 19:43
Les forces obscures qui ont conduit M. Demarbaix à rédiger cette recension ont obtenu l'aval de la rédaction de nonfiction.fr. Veuillez, pour tout commentaire utile, vous en référer à celle-ci.
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Alvin

19/06/09 18:52
Je ne trouve pas votre réponse très satisfaisante, d'autant que vous ne daignez même pas expliquer ces deux phrases passablement obscures que vous avez écrites. Premièrement, le fait d'indiquer à l'avance que la recension sera "incomplète" ne dédouane pas d'écrire de façon claire et d'éviter la fausse profondeur, sans qu'il faille pour cela prétendre à la rigueur de la critique d'art professionnelle. D'autre part, le caractère "nécessairement" incomplet de cette recension tient, si je vous lis bien, à ce que le 3e livre n'est pas encore paru : vous ne pouvez donc pas faire un compte-rendu de l'ensemble de ce travail de Sophie Calle. Mais le problème n'est pas là : mes remarques portaient sur ce que vous avez effectivement écrit et pas sur ce que vous n'avez pas encore écrit. Le soupçon d'imposture ne tient pas au caractère incomplet de votre recension, mais à son obscurité, qui me semble intentionnelle. Enfin, le fait que l'invitation à lire les livres de Calle soit "cordiale" ne change rien à l'affaire. L'enfer aussi est pavé de bonnes intentions.
Que vous ayez envie de jeter vos impressions de lecture sur le net sans chercher la précision ou la clarté, cela ne me dérange pas en soi, mais je ne vois pas très bien ce que cela vient faire sur ce site, qui nous a habitués à lire des recensions sérieuses et approfondies, qui se distinguent de ce qu'on peut lire le plus souvent dans la presse, notamment culturelle et artistique. Pour le dire franchement, je trouve malhonnête ou même assez lâche de justifier la complaisance avec laquelle vous semblez écrire des choses obscures par les bons sentiments qui vous animeraient.
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rédacteur M.D.

19/06/09 13:44
L'accusation d'"imposture intellectuelle" ici formulée tient peu ou mal face à notre recension, d'emblée annoncée comme "incomplète", des ouvrages de Sophie Calle. Cette recension voudrait se situer en effet non pas dans le domaine scientifiquement exigeant de la critique d'art, mais bien plutôt, et bien plus modestement, du côté, je cite, d'une "appréciation exigeante" de "spectateur" (et de lecteur). On voulait simplement inviter, face à deux ouvrages singuliers, à la lecture et donc au dépassement naturel d'une recension, qui ne se veut pas non plus texte d'art, loin de là, mais invitation cordiale à partager les avis. On ne pensait peut-être pas si bien faire!

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