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On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Un socialisme numérique ?
[mardi 16 juin 2009 - 12:00]

"Wikipedia, Flickr et Twitter ne sont pas seulement des révolutions dans les médias sociaux en ligne. Ils sont l'avant-garde d'un mouvement culturel. Oubliez l'étatisme et les plans quinquenaux. Une société collectiviste globale émerge - et cette fois vous allez l'aimer." Voici la thèse défendue par Kevin Kelly dans le dernier numéro du mensuel technophile américain Wired. L'auteur postule dans son article "The new socialism" l'émergence d'un "socialisme numérique" (digital socialism) qui succèderait au socialisme "old school" de nos grands-parents. La technique (les nouveaux outils collaboratifs) serait à l'origine d'une nouvelle culture, sorte de "troisième voie" entre entre le marché libre et la planification. S'appuyant sur les travaux de Glay Shirky, il envisage quatre degrés de participation bénévole d'invididus, pour lesquels la classe sociale ne signifie rien et qui ne se connaissent pas, à des projets collectifs considérablement facilités par les outils actuels : le partage (ex : vidéos sur YouTube - qui revendique 350 millions de visiteurs/mois), la coopération à travers les licences creative commons (ex : photos sur Flickr - plus de 35 millions de personnes partagent plus de 3 milliards de photos), la collaboration (ex : projets en open source comme le serveur Apache) et le collectivisme (ex : wikipedia - plus de 10 millions de contributeurs inscrits). "Quand des tas de gens qui possèdent l’appareil productif travaillent ensemble vers un objectif commun et partagent leur production, quand ils contribuent par le travail bénévole et bénéficient librement de ses fruits, il n’est pas déraisonnable de parler de socialisme." Kevin Kelly reconnaît toutefois qu'"[...] il y a un sens pour lequel socialisme n’est pas le bon terme pour décrit ce qui se passe : ce n’est pas une idéologie." Et vous, qu'en pensez-vous ?.

 

* Kevin Kelly, "The new socialism", Wired, 17.06

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7 commentaires

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MM

20/06/09 13:22
@ Moore's law : en effet, mais cela à un prix qui sert de pivot pour l'échange comme de limite au socialisme numérique sur le plan économique. Amorti, il s'entend. C'est l'idée du ticket d'entrée sur le marché. Qu'il soit socialiste importe d'autant plus qu'il le réduit de beaucoup et en fait un bien public plus accessible, qu'arnaqueur.

@ Utopie : vive le net ! C'est un terrain d'avancée vers un monde plus virtuel, fluide, nomade, numérique. C'est l'hypothèse du Progrès, la science aime défier l'impossible, l'improbable, le non-prouvé.

Quel est le coût de l'accès à l'impossible, la preuve de sa propriété ? Le rêve est-il matériel ? La démonstration est d'abord technique. Le net devient l'enjeu et l'instrument du pouvoir. A ce stade, le socialisme numérique est le concept idéologique d'une politique qui, sur le plan technique, en maîtrise la nature et cultive son avenir.

L'importance de la technologie dans la création et la répartition des richesses est centrale sur le fond. Tout comme l'idée de solidarité dont le numérique transforme... les formes, de la solidarité elle-même.

Donc de la modernité du socialisme comme république libre, laïque... et numérique :-)

Mais la preuve de la production numérique du socialisme reste à faire au delà d'une communauté... de pingouins. Vers une nouvelle performance de la gauche ? Le rêve est ouvert... ou rose. :)
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pikasso02

20/06/09 12:20
Plutôt d'accord avec OG pour l'humanisme "numérique" où les travaux...sont partagés avec d'autres. Comme OG j'offre mes travaux, mais ceux-ci ne sont pas partagés! Le dialogue attendu n'existe pas à cause du sujet que je traite: une thèse sur le processus créatif de Picasso. Toutefois, le dialogue par les images va peut-être jouer son rôle prochainement. Au musée de Philadelphie vient de s'achever l'exposition "CEZANNE and BEYOND", dont le thème ressemble comme deux gouttes d'eau à ma thèse. Montrer comment l'oeuvre d'un peintre peut influencer d'autres peintres. Grâce à Internet j'ai pu voir ma "Pierre de Rosette": La confrontation de "Madame Cézanne dans un fauteuil rouge" peinte par Cézanne en 1877 avec "Le Rêve" peint par Picasso en 1932. Cette confrontation présente dans ma thèse à la page 22 (et les précédentes pour les curieux) de mon blog: http://pikasso02.skyrock.com/ apporte un début de reconnaissance à ma thèse. D'autres que moi, ont vu ce que j'ai vu à propos de Picasso. Quand j'ai pu voir à nouveau cette confrontation dans un journal d'art français, je me prends à penser que le dialogue tant attendu depuis plusieurs années pourrait enfin voir le jour. Comme quoi Internet si cela se produit, pourrait favoriser la recherche dans un domaine quel qu'il soit, par des personnes passionnées.
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voilier

19/06/09 21:24
Nous sommes en pleine utopie libérale, c'est-à-dire une conception qui repose sur l'idée d'une autorégulation de part en part de la société par la libre collaboration des individus et hors de toute intervention d'une quelconque instance politique.

Il y avait déjà ceux qui pensaient que l'on pouvait y arriver par le marché. Il faut maintenant entendre ceux qui croient qu'on peut le faire par Internet.

Collaborez, collaborez sans contraintes et sans limites, il en sortira toujours quelque chose! Pas un mot sur la subtance de ce qu'on partage, de ce sur quoi on communique, de ce à quoi on collabore.

Il n'y a pas un an qu'une formidable crise économique nous est tombée sur la tête en raison d'idées simplistes sur l'autorégulation et voilà qu'on veut aussi éliminer la politique de la vie culturelle ou rêver une politique sans gouvernement... On connaîssait déjà les bulles spéculatives. Bonjour les bulles virtuelles!

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W@shington

19/06/09 17:49
Comment ca "tout le monde n'a pas une bande passante exponentielle"?
Et Moore's law, alors?
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MM

18/06/09 00:01
Serait ce la revanche des pingouins de Linux ou encore, les prémices d'un nouveau modèle socioéconomique ?

Si ce modèle numérique est capitaliste au fond (payant, profitable, logique libérale et individuelle, infrastructures lourdes, dérégulation de l'Etat, etc...). La pub finance le modèle participatif. La minute d'internet a un coût unitaire marginal (hardware, software, acquisition, maintenance, mise à jour). La distribution de biens numériques voît son coût diminuer grâce au web 2.0, et cela donne l'impression de profiter... au marché, du marché, pour le marché.

Mais la construction de normes socialistes (partage, coopération, etc...) modernes (numériques) permet de tenir ce discours. Qui doit se limiter sur la forme (tout le monde n'a pas le net, ni une bande passante exponentielle, etc...).

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