On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
"Wikipedia, Flickr et Twitter ne sont pas seulement des révolutions dans les médias sociaux en ligne. Ils sont l'avant-garde d'un mouvement culturel. Oubliez l'étatisme et les plans quinquenaux. Une société collectiviste globale émerge - et cette fois vous allez l'aimer." Voici la thèse défendue par Kevin Kelly dans le dernier numéro du mensuel technophile américain Wired. L'auteur postule dans son article "The new socialism" l'émergence d'un "socialisme numérique" (digital socialism) qui succèderait au socialisme "old school" de nos grands-parents. La technique (les nouveaux outils collaboratifs) serait à l'origine d'une nouvelle culture, sorte de "troisième voie" entre entre le marché libre et la planification. S'appuyant sur les travaux de Glay Shirky, il envisage quatre degrés de participation bénévole d'invididus, pour lesquels la classe sociale ne signifie rien et qui ne se connaissent pas, à des projets collectifs considérablement facilités par les outils actuels : le partage (ex : vidéos sur YouTube - qui revendique 350 millions de visiteurs/mois), la coopération à travers les licences creative commons (ex : photos sur Flickr - plus de 35 millions de personnes partagent plus de 3 milliards de photos), la collaboration (ex : projets en open source comme le serveur Apache) et le collectivisme (ex : wikipedia - plus de 10 millions de contributeurs inscrits). "Quand des tas de gens qui possèdent l’appareil productif travaillent ensemble vers un objectif commun et partagent leur production, quand ils contribuent par le travail bénévole et bénéficient librement de ses fruits, il n’est pas déraisonnable de parler de socialisme." Kevin Kelly reconnaît toutefois qu'"[...] il y a un sens pour lequel socialisme n’est pas le bon terme pour décrit ce qui se passe : ce n’est pas une idéologie." Et vous, qu'en pensez-vous ?![]()
* Kevin Kelly, "The new socialism", Wired, 17.06
7 commentaires
MM
@ Utopie : vive le net ! C'est un terrain d'avancée vers un monde plus virtuel, fluide, nomade, numérique. C'est l'hypothèse du Progrès, la science aime défier l'impossible, l'improbable, le non-prouvé.
Quel est le coût de l'accès à l'impossible, la preuve de sa propriété ? Le rêve est-il matériel ? La démonstration est d'abord technique. Le net devient l'enjeu et l'instrument du pouvoir. A ce stade, le socialisme numérique est le concept idéologique d'une politique qui, sur le plan technique, en maîtrise la nature et cultive son avenir.
L'importance de la technologie dans la création et la répartition des richesses est centrale sur le fond. Tout comme l'idée de solidarité dont le numérique transforme... les formes, de la solidarité elle-même.
Donc de la modernité du socialisme comme république libre, laïque... et numérique :-)
Mais la preuve de la production numérique du socialisme reste à faire au delà d'une communauté... de pingouins. Vers une nouvelle performance de la gauche ? Le rêve est ouvert... ou rose. :)
pikasso02
voilier
Il y avait déjà ceux qui pensaient que l'on pouvait y arriver par le marché. Il faut maintenant entendre ceux qui croient qu'on peut le faire par Internet.
Collaborez, collaborez sans contraintes et sans limites, il en sortira toujours quelque chose! Pas un mot sur la subtance de ce qu'on partage, de ce sur quoi on communique, de ce à quoi on collabore.
Il n'y a pas un an qu'une formidable crise économique nous est tombée sur la tête en raison d'idées simplistes sur l'autorégulation et voilà qu'on veut aussi éliminer la politique de la vie culturelle ou rêver une politique sans gouvernement... On connaîssait déjà les bulles spéculatives. Bonjour les bulles virtuelles!
W@shington
Et Moore's law, alors?
MM
Si ce modèle numérique est capitaliste au fond (payant, profitable, logique libérale et individuelle, infrastructures lourdes, dérégulation de l'Etat, etc...). La pub finance le modèle participatif. La minute d'internet a un coût unitaire marginal (hardware, software, acquisition, maintenance, mise à jour). La distribution de biens numériques voît son coût diminuer grâce au web 2.0, et cela donne l'impression de profiter... au marché, du marché, pour le marché.
Mais la construction de normes socialistes (partage, coopération, etc...) modernes (numériques) permet de tenir ce discours. Qui doit se limiter sur la forme (tout le monde n'a pas le net, ni une bande passante exponentielle, etc...).