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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Cinéma des femmes, cinéma féminin?
[lundi 15 juin 2009 - 14:00]
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L'expression de l'amour par les femmes cinéastes, ou le dépassement de la dialectique nature/culture

Dans son article intitulé "L'amour est à réinventer. Représentations de la sexualité",  Hélène Fleckinger caractérise une façon spécifiquement féminine de filmer, et en particulier, de filmer l'amour. Le regard des réalisatrices permettrait dans ce sens de "redécouvrir ce que l'impérialisme de l'oeil (...) avait refoulé : d'autres modes de montage et de pulsions où ce qui se voit et ce qui s'entend changent de perspective". Cette phrase de Serge Daney  résume la thèse de l'article : par le cinéma, les représentations sexistes sont remises en question. Non seulement il est démontré que la sexualité féminine est le sujet de prédilection des films réalisés par des femmes, mais encore les enjeux de cette prise de parole sont clairement identifiés : la revendication par les femmes de leur droit au plaisir, au fondement de toute pensée féministe.

Une programmation de courts métrage proposée par le festival Côté court (au cinéma 104 à Pantin du 10 au au 20 juin 2009), "Cyprine", a invité cinq cinéastes femmes à réaliser un film érotique. Les contributions de Jihane Chouaib, Katell Quillévéré, Florence Miailhe, Fabianny Deschamps et Maria Beatty répondent à un même objectif : "interroger les sensations, l’imaginaire et le corps féminin." Loin des stéréotypes, ces films mettent en scène des regards singuliers, des fantasmes personnels de femmes. Le résultat est patent : le retournement des valeurs machistes concernant la représentation de la sexualité.

Dans un livre récent : Les Amoureuses, voyage au bout de la féminité (Seuil, 9 avril), la psychanalyste Clotilde Leguil suit trois parcours de femmes amoureuses dans le cinéma actuel. Un des trois films a été réalisé par une femme, Sofia Copolla. En suivant l'héroïne de Virgin Suicide, l'auteure montre que l'expérience d'une première relation sexuelle ratée peut confronter une jeune fille à une angoisse existentielle. L'objectif consiste à montrer que l'expérience amoureuse se donne comme un passage secret vers la connaissance de soi. Les créations artistiques peuvent aussi jouer le rôle de faire évoluer les représentations de l'ordre social.

L'idée selon laquelle les femmes filment l'amour d'une façon plus romantique, plus douce ou plus sensible relève sans doute de stéréotypes sexistes concernant les femmes et l'existence d'un "éternel féminin". Pour autant, avancer l'idée que la majorité des réalisatrices ne filment pas l'amour de la même façon que la majorité des hommes ne véhicule pas des schémas sexistes : Comment les femmes n'auraient-elles pas intériorisé des normes culturelles façonnant en partie leur manière de voir les choses? Ce n'est pas parler d'une "nature féminine" essentialiste (inhérent au discours sexiste) que d'affirmer que les femmes filment différemment, que leur façon de concevoir l'amour est singulier, puisqu'elle se siteunt de fait dans une position différente (d'inégalité) dans la société. La plupart des femmes exprimeraient dans leurs oeuvres cinématographiques cette façon spécifiquement féminine de considérérer en l'occurence l'amour et la sexualité, une façon acquise culturellement, et non pas issue d'une nature différente.

Non seulement il ne semble pas machiste d'affirmer l'existence d'un cinéma féminin, mais encore, la façon qu'ont les femmes de filmer - de filmer  l'amour et la sexualité notamment - peut contribuer à modifier la façon dominante (masculine hétérosexuelle) d'envisager l'amour et la sexualité - et éventuellement, en retour, de proposer un travail de critique des normes sociales.

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1 commentaire

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manue

20/06/09 11:26
POLEMIQUE : LETTRE TYPE
Nous voudrions protester de la sous-représentation parmi les artistes présentés à l’exposition, d’artistes à mobilité réduite ou de petite taille, d’artistes dont les ascendants parlaient breton ou indo-européen couramment, d’artistes chauves ou hyperchevelus, d’artistes hermaphrodites ou dénués de sexe. Par ailleurs, l’absence totale d’informations dans le catalogue concernant les préférences sexuelles, la situation familiale, l’état du casier judiciaire, le niveau de revenu en KF annuel, le résultat du texte HIV, le nombre de personnes à charge et le nombre de doigt de pieds des artistes présentés nous laisse dans une obscurité totale quant à la réelle représentativité du peuple français au travers des artistes présentés. Par ailleurs, il s’agirait également d’interroger le choix du bâtiment, (pourquoi le choix d’une architecture extérieure du dix-neuvième pour présenter les œuvres du vingt-et-unième ?) , le choix classique et jacobin de la capitale administrative (pourquoi pas Ajaccio, Vichy, Saint-Pierre et Miquelon, Courchevel, Tahiti ou les locaux de l’ambassade de France à Melbourne ?), le choix d’une économie subventionnée pour soutenir la production artistique (pourquoi ne pas dépenser les mêmes sommes pour aider le marché à maintenir la valeur des stocks options dont le produit de la vente pourrait servir à acheter des œuvres d’art ?) et bien sûr l’oubli totale dans le catalogue de la mention des artistes de l’art rupestre dont les artistes consciemment ou inconsciemment se sont inspirés et dont les droits d’auteur aux ayants-droits (c’est-à-dire à peu près toute l’humanité si l’on se réfère aux dernières connaissances en matière de génétique) sont systématiquement négligés. Que la sociologie, la psychologie et l’ethnologie de l’art puissent nous ouvrir les yeux sur ces scandales, que diable !

http://myspace.com/manuelleyerly

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