Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

La France a longtemps cru que son histoire, c’était un peu celle racontée par Coluche, celle d’un mec, "normal, quoi, un Blanc.". Et puis voilà qu’en quelques années, on se rend compte que c’est aussi l’histoire de plein d’hommes et de femmes, pas toujours perçus comme "normaux". Et on met des mots là-dessus. Un, surtout : discriminations.
C’est l’histoire et l’actualité de tous ces hommes, de toutes ces femmes, et de ces comportements que l’ouvrage "Discriminations : pratiques, savoirs, politiques", dirigé par Eric Fassin et Jean-Louis Halpérin et édité par la HALDE tente, avec un certain succès, de conter.
Que dit cet ouvrage au "public non-spécialisé", sa cible avouée ?
Il dit d’abord ce qu’il entend par discriminations. Un "traitement inégal fondé sur un critère illégitime" . Puis il condense, en douze articles, d’une part une histoire juridique et sociale des discriminations en France et d’autre part une analyse méthodologique des discriminations et de la lutte contre celles-ci. Par là même, il défend une double approche globale : des dimensions du phénomène, et des méthodes de mesure.
La France et la discrimination
C’est là l’histoire de la prise de conscience tardive d’un phénomène ancien. Ainsi, bien que le vocabulaire spécifique lié à ce phénomène soit déjà galvaudé, il ne s’est développé que dans les années 1990 en France. Eric Fassin introduit de cette manière le sujet et montre comment l’idéal républicain y nourrit une résistance particulièrement forte dans la période de guerre froide.
Comment est ensuite venu le changement ? Didier Fassin distingue trois facteurs : les acteurs sociaux, les institutions européennes et les mutations propres de la société française. C’est l’aspect européen, et en particulier juridique, qui est le plus développé. Initialement, le droit dit "européen" issu de la Convention européenne des droits de l’homme, puis progressivement celui dit "communautaire" émanant des institutions de la Communauté devenue Union, ont largement contribué à l’introduction d’une philosophie et de mesures anti-discriminatoires dans le système juridique français. Malgré tout, ces mesures restent peu connues des Français.
Défendant une prise en compte de tous les phénomènes de discrimination, l’ouvrage ne tente pas pour autant d’être lui-même exhaustif. Focalisé sur les discriminations raciales et sexuelles, il recèle un certain nombre de récits qui donnent une idée de l’évolution des réalités et des mentalités en France, et des progrès qui restent à faire. En particulier, la mise en parallèle des discriminations raciales et sexuelles permet de montrer comment l’évolution des mentalités sur la discrimination hommes/femmes a pu influencer le regard sur les minorités visibles.
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