On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

A quoi la psychanalyse sert-elle encore ? Qu’a-t-elle à nous enseigner ? Au-dehors des murs bourgeois et des divans confortables des cabinets des analystes, a-t-elle une quelconque portée ? L’éclairage théorique de Freud et, pire encore, celui de Lacan – souvent dépeint comme un verbiage intellectualisant et daté – ont-ils une prise concrète sur le monde en général et sur celui de la santé mentale en particulier ?
Le livre d’Alfredo Zenoni ne se présente pas comme un essai dont la thèse parviendrait à clouer définitivement le bec aux ennemis de l’inconscient. Il ne répond à ces questions qu’avec la modestie extrême d’un lecteur attentif des textes de Freud et de Lacan. En reprenant une série d’articles simplement écrits au fil d’une réflexion théorique en regard d’un travail en institution psychiatrique, l’auteur prend moins la défense de la psychanalyse qu’il n’en pointe la force et la rigueur par touches successives aussi précises que précieuses. Pas à pas, Zenoni s’empare des principaux concepts de la théorie analytique pour leur faire respirer un autre air que celui de la plainte des névrosés. Il montre que l’originalité de l’écoute analytique permet de diriger le traitement de ceux pour qui le réel de la société est devenu complètement insupportable, impraticable : ceux dont le mal-être est si grand qu’ils finissent par en perdre l’évidence du monde. Les institutions psychiatriques, telles que celle où Alfredo Zenoni a travaillé de nombreuses années, ont pour tâche d’accueillir des sujets ravagés par la douleur et l’angoisse afin de les mettre à l’abri, de les aider et de les héberger. Face à ceux qui ne savent plus qui ils sont et où ils sont ni qui s’adresse à eux et pourquoi, la psychanalyse, en prise directe sur la folie, offre un cadre apaisant qui, cependant, n’hésite pas à contrecarrer bonnes intentions, bonnes volontés et bons sentiments.
Ainsi, d’entrée de jeu, le psychanalyste note que la prise en charge de la psychose relève, avant tout, d’un devoir social. L’institution psychiatrique existe davantage pour rencontrer et accompagner que pour guérir. Avec cette remarque, Zenoni tourne le dos aux idéaux thérapeutiques et éducatifs en même temps qu’il destitue le psychanalyste de toute position de survol. L’auteur estime, en effet, que la première particularité du travail en institution consiste pour le thérapeute à sortir de son cabinet pour s’ouvrir, avec l’ensemble des membres de l’institution, au savoir analytique. L’orientation analytique n’est plus réservée aux temps arbitraires d’une séance mais guide à chaque instant les gestes et les mots de toute une équipe d’intervenants, inaugurant de la sorte une véritable "pratique à plusieurs". Dès lors, chacun devient un rouage possible et essentiel du traitement de la psychose. Donc, pour rencontrer les cas qui se présentent à l’institution dans leur singularité, mieux vaut pour le psychanalyste prendre la place d’un apprenant devant la psychose plutôt que celle du guérisseur.
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Au de là d’Onfray : l’écriture de l’histoire - le lien analytique
5112010
Ceci n'est qu'une trame d'un développement futur
L'écriture de l'histoire fait appel à différentes archéologies du savoir.
La strate choisie par Onfray, aussi respectable qu'elle puisse être de faire connaître une certaine “image ” de la psychanalyse dans son dogmatisme le plus redoutable, laisse échapper une autre facette historique: celle d'un autre regard sur l'humain. Car ce qui m'apparaît passer sous silence, c'est son point de départ historique: devrait-on oublier qu'avant Freud, nous sortions à peine d'un temps de barbarie où Pinel venait juste d'affranchir les aliénés de leur chaîne, nous sortions d'un temps, où à la Salpétrière Charcot montrait sur scène devant un parterre d'étudiants en médecine, les hystériques en les offrant en pâture, à la violence du regard, réduisant la femme à l'état d'objet dont il fallait taire la parole. L'historique de la psychanalyse, c'est avant tout cela soustraire la femme hystérique du regard médical de l'époque, et lui donner la parole. Malheureusement, les conséquences de cette prise de parole ne tarda pas à devenir un risque pour l'idéologie de la société patriarcale, et la théorie du trauma sexuel précoce dans l'étiologie de l'hystérie, fut rapidement transformée en théorie du fantasme. Ainsi toute la psychanalyse, d'abord au service de l'humain, se transforma au nom de l'éthique, pour préserver l'image du père. Le mythe d'Oedipe servit d' universel à la préservation de cette image.
Mais ce lien de la psychanalyse à l'idéologie, ne doit cependant pas, en faire oublier sa découverte essentielle : les processus psychiques en lien avec l'inconscient.
la préhistoire de ce lien analytique à travers le concept Freudien du transfert a été traité par Alfredo Zenoni,… mais c'est une nouvelle ère du lien analytique qu'il s'agit à présent de promouvoir, dans une invention du quotidien au service de plus d'humanité