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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

Le titre, que n’aurait pas renié Paul Morand, donne le ton : ce livre est un carnet de route dans lequel nous suivons les traces d’un illustre voyageur dans les deux capitales du monde. Racontée par Marc Fumaroli, la ligne Paris-New York n’est pas directe. Les escales sont nombreuses - Rome, Naples et Florence - et la durée du vol fait à peu près 2000 ans. Pas d‘avion ni de bateau, c’est sa mémoire qui sert de véhicule. Le lecteur, pris par le flot hypnotique des références, ne fera pas toujours la différence entre ivresse et raisonnement. Encyclopédique jusqu’à la volupté, ce livre, n’est fait que de détours et de crochets quasi improvisés. Au rythme de digressions impromptues où l’on séjourne toujours plus longtemps que prévu, Marc Fumaroli, s’appuyant sur quelques réminiscences personnelles, écrit les mémoires intimes d’une civilisation dont les souvenirs se présentent comme ils viennent. Il y confronte deux mondes : celui de l’image et celui des arts visuels. Le premier, américano-capitaliste, est le seul visible ; le second, tout à la fois humaniste, chrétien et baudelairien, est enfoui dans les profondeurs et n’est accessible que par la mémoire.
L’abribus, Crystal Palace du pauvre
Ce voyage commence sous l’abribus de la ligne 63, place du Luxembourg, par la contemplation d’un panneau publicitaire. Symbole itinérant de la modernité – c’est le même abribus que l’on trouve sur Broadway – cet objet du mobilier urbain contemporain et son affiche publicitaire encastrée sont omniprésents tout au long de l’ouvrage. Insidieuse et offensive, la réclame affecte le sens du regard. Dans une mue perpétuelle, elle se renouvelle à chaque instant ; sans passé ni futur, elle est le fidèle témoin d’une civilisation de l’engraissement et de l’étourdissement. De la publicité à "l’art contemporain", le pas est vite franchi : l’une et l’autre sont des "images", dont l’accumulation produit un sentiment de déjà-vu permanent. A cela, Marc Fumaroli s’oppose et résiste, comme il le fit autrefois dans L’Etat culturel . Mais sa colère contre la mauvaise herbe culturelle prend ici une allure moins pamphlétaire (si l’on excepte la conclusion, qui ne s’imposait pas). L’auteur s’en donne à cœur joie, indifférent à toutes les mauvaises grâces que l’on pourrait avoir contre ses mauvaises manières. Ses méchancetés, soigneusement tricotées, contre Warhol, Buffalo Bill, Barnum, Jeff Koons, Damian Hirst, Obama, les Rolling Stones, les télévangélistes, pour ne citer que quelques exemples, sont plus piquantes que cruelles. A propos de Jeff Koons : "Il est le Walt Disney au petit pied de "l’Art contemporain", sorti des rangs de sa propre clientèle". Il enterre Malraux comme les surréalistes avaient enterré Anatole France. Il est injuste, mais cela soulage. Autant dire que plus d’une fois, le lecteur pourra se sentir en mésintelligence avec Fumaroli. Mais faire la chronique des divergences inévitables serait faire trop d’honneur aux détails. Il y a dans cet ouvrage une présence secrète, celle d’Alain Michel, son vieux compagnon en humanités, qui écrivait : "Protester contre la laideur revient à dire la beauté" . C’est à cette source que puisent les invectives de Marc Fumaroli.
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